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En Thaïlande, le chômage reste faible mais les jeunes diplômés peinent à trouver leur place

Avec un chômage proche de 1%, la Thaïlande affiche un marché du travail différent de celui de la France. Pourtant, 174.000 jeunes diplômés sont sans emploi, victimes d’un décalage entre formation et offre.

Illustration étudiant thaïlandais Illustration étudiant thaïlandais
Écrit par Juliette THORIN
Publié le 8 octobre 2026


 

La Thaïlande fait face à un paradoxe : le chômage reste très faible mais les jeunes diplômés peinent à trouver un emploi. Au deuxième trimestre 2026, 401.000 personnes étaient au chômage, soit 10% de plus qu’un an plus tôt. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 7 trimestres, selon le Kasikorn Research Center (KResearch). Les 20-24 ans titulaires d’un diplôme représentent 44% des chômeurs, soit environ 174.000 jeunes.

Le chiffre contraste avec le taux de chômage officiel du pays, qui reste proche de 1%. Cette situation s’explique notamment par la structure du marché du travail thaïlandais. Une importante partie de la population travaille dans l’agriculture, le secteur informel ou des emplois peu productifs. Le chômage au sens statistique reste donc faible même lorsque les emplois disponibles ne correspondent pas nécessairement aux qualifications ou aux attentes des travailleurs.

 

Un décalage de plus en plus grand avec l’avancée des technologies

 

Le problème est particulièrement visible chez les jeunes diplômés. Pour KResearch, l’une des principales raisons est le décalage entre les compétences proposées par le système éducatif et celles recherchées par les entreprises.

La Thaïlande devrait avoir besoin d’environ 1,1 million de travailleurs hautement qualifiés entre 2025 et 2029 pour accompagner le développement de plusieurs secteurs considérés comme stratégiques. Plus de 69% de ces besoins concernent l’aviation et la logistique, l’électronique intelligente et la robotique industrielle ainsi que le numérique. Or, les formations suivies par les étudiants ne correspondent pas toujours à ces besoins. Plus de 60% des diplômés thaïlandais sont issus des sciences humaines et sociales. À l’inverse, la part des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, les filières STEM, est passée de 23,2% en 2020 à 22,3% en 2025, selon KResearch.

 

Le développement de l’intelligence artificielle et de l’automatisation pourrait accentuer ce décalage. Les entreprises recherchent davantage de profils spécialisés capables de travailler avec ces nouvelles technologies tandis que certains emplois d’entrée de carrière ou plus répétitifs sont davantage exposés à l’automatisation.

 

Une situation très différente en France

 

En France, le contraste est important. Le chômage touche une part beaucoup plus importante de la population active. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage atteignait 8,3%, contre un niveau proche de 1% en Thaïlande. Chez les 15-24 ans, il s’élevait à 21,6%, selon l’Insee. 740.000 jeunes étaient alors au chômage.

 

Les jeunes diplômés français ne sont toutefois pas les plus exposés. Le niveau de diplôme reste un avantage important sur le marché du travail. En 2025, le taux de chômage des actifs diplômés du supérieur était de 5,3%, contre 14,7% pour les personnes ayant au plus le brevet des collèges, selon l’Insee. Cela ne signifie pas pour autant que les jeunes diplômés trouvent facilement leur premier emploi. Le marché s’est récemment tendu pour les diplômés de niveau bac+5. Selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), 70% des diplômés de la promotion 2024 occupaient un emploi salarié 12 mois après leur diplôme, soit 2 points de moins que la promotion précédente. Plus de 8 jeunes diplômés sur 10 interrogés par l’Apec estiment par ailleurs que leur recherche d’emploi a été difficile. 4 sur 10 ont mis au moins 6 mois pour trouver leur premier poste.

 

La France connaît donc un problème différent de celui de la Thaïlande. Les jeunes diplômés français peuvent se retrouver sans emploi dans un marché du travail où le chômage est élevé. En

Thaïlande, le chômage global reste très faible mais une partie des jeunes diplômés ne possède pas les compétences correspondant aux emplois créés par la transformation de l’économie.

Dans les deux pays, le diplôme ne garantit donc plus à lui seul une insertion rapide. Mais les causes divergent : la France fait face à un manque global d’opportunités pour les jeunes tandis que la Thaïlande doit surtout rapprocher les formations des besoins d’une économie qui cherche à monter en gamme.

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