Thibaut Girard, tête de liste « AGIR ICI, liste citoyenne indépendante et de proximité pour les Français de Thaïlande et du Myanmar », est le premier à présenter son programme dans lepetitjournal.com.


lepetitjournal.com Thaïlande débute aujourd’hui la publication de sa série d’interviews des têtes de listes aux élections consulaires de la fin du mois de mai 2026.
L’ordre aléatoire résulte du tirage au sort réalisé par les autorités consulaires et qui définit notamment l’ordre d’affichage des listes et de disposition des bulletins de vote.
Concernant les photos, nous avons sollicité nos interlocuteurs pour recevoir une photo de la tête de liste et une autre de l’équipe. Certains ont choisi d’apparaître seuls, d’autres exclusivement en équipe. Ce choix leur appartient.
Aujourd’hui, Thibaud Girard, tête de liste « AGIR ICI, liste citoyenne indépendante et de proximité pour les Français de Thaïlande et du Myanmar ».
lepetitjournal.com : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Thibaut Girard : Originaire d’Indre-et-Loire, j’ai 46 ans et j’ai vécu à Paris, Marseille, Toulouse et Genève. Installé à Bangkok depuis 2013, après un premier séjour de trois ans en 2006, je suis marié et père de deux adolescents. J’ai choisi de construire ma vie ici, avec tout ce que cela implique : des opportunités, mais aussi des défis professionnels, familiaux et administratifs que connaissent beaucoup de Français de l’étranger.
Ingénieur aéronautique de formation, j’ai travaillé dans plusieurs entreprises multinationales à Bangkok et je suis aujourd’hui directeur technique d’une start-up thaïlandaise. Mon engagement politique, lui, est plus récent.
En treize ans passés en Thaïlande, j’ai rencontré des Français aux parcours de vie très différents, installés ici depuis parfois longtemps, en Thaïlande ou plus largement en Asie du Sud-Est. J’ai vu à quel point ce tissu humain, fait d’expérience, d’entraide et de solidarité concrète, est précieux pour s’orienter, comprendre les réalités locales et faire face aux difficultés du quotidien.
Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes croissantes et l’affaiblissement de certains repères communs, j’ai eu envie de prendre ma part, à mon niveau, pour être utile à la France et aux Français établis à l’étranger. C’est de cette conviction qu’est née la liste AGIR ICI Thaïlande et Myanmar : une liste citoyenne, indépendante et de proximité. Notre ambition n’est pas seulement de représenter les Français de la région, mais d’être des relais concrets sur le terrain, capables d’écouter, d’accompagner et de faire avancer les choses quand c’est nécessaire.
Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l’étranger ?
C’est être votre bouclier et votre relais. Un Conseiller ne doit pas être une photo sur un mur au Consulat, mais une personne que vous pouvez appeler quand la machine se grippe.
C’est une fonction très concrète : écouter, accompagner, alerter lorsque des difficultés apparaissent, et surtout faire avancer des solutions adaptées aux réalités locales de la Thaïlande et du Myanmar.
Prenons un exemple très concret : une demande de bourse scolaire. Pour une famille, ce n’est pas qu’un dossier administratif, c’est l’avenir des enfants qui se joue. Notre rôle est d’expliquer les critères d’attribution, d’alerter lorsque les budgets ne suivent plus, d’accompagner les démarches et de défendre des solutions justes.
C’est d’ailleurs ce qui nous motive collectivement : les membres de notre liste sont des femmes et des hommes d’action, engagés dans la vie de la communauté. Nous voulons être des relais utiles sur le terrain, capables d’obtenir des résultats concrets. Voter pour AGIR ICI, c’est choisir un médiateur qui connaît la réalité du prix de la vie à Bangkok, pas quelqu’un qui attend ses instructions de Paris.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
J’ai rencontré en fin d’année dernière Thomas Jestin, l’un de mes colistiers, qui m’a parlé de son expérience d’engagement à Singapour. Cette discussion a été un déclic et m’a donné envie, à mon tour, de m’impliquer davantage pour me mettre au service de la communauté française ici.
J’en ai parlé autour de moi, à des personnes partageant cette même volonté d’agir pour l’intérêt général. Nous avons ainsi constitué notre liste progressivement, en rassemblant des personnes déjà engagées dans la communauté : entrepreneurs, bénévoles associatifs, professionnels de différents secteurs, parents d’élèves ou retraités. Nous avons veillé à construire une équipe complémentaire — du centre à l’écologie —, représentative de la diversité des parcours et des situations, mais partageant une vision humaniste et surtout une culture de l'action..
Nous vivons ici depuis longtemps, à nous tous nous avons plus de 70 ans d’expérience en Thaïlande, nous connaissons les réalités du terrain et les difficultés que peuvent rencontrer les Français expatriés.
Comme lors des élections municipales en France, nous croyons que l'échelon local exige des solutions pragmatiques, pas des débats idéologiques stériles. Notre force, c’est cette indépendance : nous ne répondons qu’à vous, les citoyens de Thaïlande et du Myanmar.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Parce que si vous ne décidez pas, d'autres décideront pour vous. En Thaïlande, nous sommes plus de 45.000 Français, mais seulement environ 17.000 sont inscrits au registre consulaire, et seuls quelques milliers participent effectivement aux élections consulaires.
C’est dommage, car ce scrutin touche à ce que vous avez de plus précieux : les Conseillers des Français de l’étranger interviennent sur des sujets très concrets : l’aide sociale, la scolarité, l’accès aux soins, les situations d’urgence ou encore l’accompagnement administratif.
Vivre ici, c'est magnifique, mais c'est aussi être loin des filets de sécurité français. Participer à ce vote, c'est s'assurer que ceux qui vont siéger dans les commissions de bourses ou de secours connaissent réellement votre loyer à Bangkok ou le prix d'une hospitalisation à Yangon. C'est le moment de dire : "Voici mes priorités."
Quels sont, selon vous, les plus grands défis et les dossiers les plus urgents à traiter pour les Français de votre circonscription ?
Nos échanges sur le terrain et les retours des Assises de la protection sociale, auxquelles a notamment participé Anne-Sophie Lecointre sur notre liste, ont déjà permis d’identifier plusieurs enjeux importants. Mais nous pensons qu’il ne faut pas décider seuls : les priorités doivent être confirmées et surtout hiérarchisées avec la communauté.
C’est pourquoi nous avons lancé une grande consultation citoyenne du 15 au 30 avril, ouverte à tous les Français de Thaïlande et du Myanmar. Un questionnaire simple de 8 minutes permet à chacun d’exprimer ses préoccupations très concrètes : le coût de la santé, les frais de scolarité, les démarches administratives ou encore les situations de fragilité ? https://survey.alchemer.com/s3/8795268/AGIR-ICI-ptj0426
Nous voulons que vous nous disiez ce qui vous empêche de dormir : Est-ce le prix de la CFE ? Les frais de scolarité ? L'opacité fiscale entre la Thaïlande et la France? Le risque de l’imposition française des revenus mondiaux? Nous présenterons les résultats le 7 mai à Bangkok. Cette méthode, c'est l'ADN d'AGIR ICI : on vous écoute d'abord, on agit ensuite.
Les résultats seront présentés publiquement : le 7 mai à Bangkok à 19h à Playlys in Nang Linchi et le 10 mai à 18h lors d’un webinar ouvert à tous.
Dans un second temps, si nous sommes élus, nous proposerons la création de groupes de travail ouverts, afin de poursuivre ce dialogue et construire ensemble des solutions concrètes que nous porterons auprès des parlementaires et des administrations concernées.
Aujourd’hui, les priorités qui ressortent le plus clairement sont les suivantes :
- L’accompagnement des moments clés et des situations de fragilité
- L’avenir de la protection sociale des Français de l’étranger
- Le coût et la pérennité de l’école française à l’étranger
- Renforcer le lien communautaire, l’accès à l’information et aux services pour tous, y compris en région
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?
Nos grands axes sont simples : être utiles, concrets et présents sur les sujets qui comptent vraiment dans la vie des Français de Thaïlande et du Myanmar.
Premier axe : mieux protéger les parcours de vie et faire face aux urgences.
Nous voulons mettre en place un point de contact réactif pour les situations de crise ou de rupture : décès, séparation, perte d’emploi, violences familiales, difficultés administratives, fiscales ou sociales. L’objectif est simple : que personne ne se retrouve seul face à une situation complexe. Nous voulons aussi mieux informer en amont sur les grands moments de la vie expatriée : arrivée ou départ, retraite, accompagnement d’un proche, démarches administratives ou situations imprévues.
Deuxième axe : défendre une protection sociale et une santé accessibles.
La santé et la protection sociale sont des préoccupations majeures pour beaucoup de Français de la région. Nous nous battrons pour que la CFE reste attractive, accessible et solidaire. Personne ne devrait avoir à choisir entre se soigner et finir le mois.
Troisième axe : préserver l’accès à l’école française et accompagner les familles.
Nous voulons agir pour contenir les coûts de scolarité, rendre les bourses plus lisibles et plus transparentes, et mieux accompagner les familles dans le parcours éducatif de leurs enfants. Cela inclut aussi, quand c’est nécessaire, un meilleur accès à l’information, au soutien scolaire, à l’orientation et à certains accompagnements adaptés. Plus largement, nous défendons une école française exigeante, attachée à la maîtrise du français et à la transmission des savoirs. L’éducation française à l’étranger doit rester une chance, pas devenir un luxe.
Quatrième axe : renforcer l’entraide, l’information utile et la présence sur le terrain.
Nous voulons relancer les réseaux d’entraide locale (îlotage), mieux faire circuler l’information utile, soutenir les initiatives associatives et citoyennes, et mieux servir aussi les Français qui vivent hors de Bangkok. Notre objectif est que chaque Français, à Bangkok, en province ou au Myanmar, sache qu'il a un voisin sur qui compter.
Cinquième axe : porter une voix claire et indépendante pour défendre concrètement les Français de l’étranger.
Notre indépendance n’est pas un slogan : elle doit nous permettre de traiter les dossiers sans dogme et uniquement dans l’intérêt des Français de la circonscription. Cela vaut sur les questions de santé, de fiscalité, de retraite, d’école, d’emploi ou d’entrepreneuriat. Cela vaut aussi dans le choix futur des sénateurs des Français de l’étranger : nous soutiendrons des sénateurs attachés à l’école française, à la protection sociale des expatriés, à une fiscalité juste pour les résidents étrangers, à la simplification administrative et à la défense effective des Français établis hors de France.
Enfin, nous assumons un positionnement clair : le soutien à l’activité économique, le travail et l’engagement pour tous, l’innovation / entrepreneuriat ; une économie responsable et tournée vers l’avenir ; une République exigeante et protectrice, attachée à la laïcité, à l’égalité, à la transmission et à la langue française ; une solidarité durable, juste et correctement financée, qui garantit la protection de toutes et tous, en particulier des plus vulnérables ; des services publics accessibles et efficaces avec une réelle simplification administrative.
C’est cette ligne d’équilibre — à la fois concrète, responsable et indépendante — que nous voulons porter pour défendre efficacement les Français de la circonscription.
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