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Romain Liard : « Voter, c’est refuser d’être invisibilisé.e »

Romain Liard, tête de liste « L’Avenir en commun - Thaïlande/Myanmar », présente aujourd’hui son programme dans lepetitjournal.com Thaïlande.

Romain, Liard, tête de liste LFI Thaïlande 2026Romain, Liard, tête de liste LFI Thaïlande 2026

 

lepetitjournal.com Thaïlande conclut aujourd’hui la publication de sa série d’interviews des têtes de listes aux élections consulaires de la fin du mois de mai 2026.

L’ordre aléatoire, rappelons-le, a résulté du tirage au sort réalisé par les autorités consulaires et qui définit notamment l’ordre d’affichage des listes et de disposition des bulletins de vote.

Concernant les photos, nous avons sollicité nos interlocuteurs pour recevoir une photo de la tête de liste et une autre de l’équipe. Certains ont choisi d’apparaître seuls, d’autres exclusivement en équipe. Ce choix leur appartient.

Aujourd’hui, Romain Liard, tête de liste « L’Avenir en commun - Thaïlande/Myanmar », officiellement soutenue par La France Insoumise.

 

lepetitjournal.com : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Romain Liard : Je suis Romain Liard, représentant masculin du binôme tête de liste pour L’Avenir en commun Thaïlande/Myanmar, enseignant de français et chercheur à l’université. Je vis en Thaïlande depuis 2008. Marié et père de trois enfants, je suis engagé depuis plus de quinze ans dans l’enseignement et j’ai également été très investi dans le tissu associatif local du nord-est de la Thaïlande.

Benjamin d’une famille active dans la vie collective, j’ai naturellement poursuivi mon engagement ici à travers des projets éducatifs, culturels et scientifiques, ainsi que la cofondation d’associations avec d’autres Français·es de l’étranger.

Mon parcours m’a conduit à travailler au croisement des cultures, et j’accorde aujourd’hui une attention particulière aux échanges entre Français·es et Thaïlandais·es, ainsi qu’aux réalités vécues au quotidien par notre communauté.

 

Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l’étranger ?

Pour nous, être Conseiller·e des Français·es de l’étranger ne se limite pas à une simple représentation : c’est un mandat de proximité et d’engagement.

Cette mission repose sur trois axes : faire remonter les réalités du terrain au niveau national, pas uniquement vers le Sénat, mais aussi vers l’Assemblée nationale ; défendre l’intérêt général avec des exigences fortes de transparence et de responsabilité ; et agir comme un point d’appui pour les Français·es en difficulté, en particulier sur les questions sociales, administratives et d’accès aux droits.

Être conseiller·e, c’est avant tout être utile : écouter, accompagner et faire entendre la voix des Français·es de l’étranger là où les décisions se prennent.


 

Anne Forget, 2e de liste LFI Thaïlande 2026
Anne Forget, 2ème de liste

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

Nous avons constitué notre liste à partir d’un collectif déjà existant : les groupes d’action de La France insoumise en Thaïlande et au Myanmar. Ces groupes sont des espaces ouverts de militant·es, non hiérarchisés et ancrés localement, où chacun·e peut s’impliquer et construire des initiatives en lien avec le terrain.

Dans ce cadre, nous avons réuni des personnes déjà engagées, aux parcours complémentaires (enseignement, humanitaire, numérique, associatif, syndicalisme), disposant d’une expérience concrète de la région et de ses réalités. Vous trouverez la présentation complète de la liste sur nos réseaux : L’Avenir en commun Thaïlande/Myanmar, avenirencommun.asia.

Notre liste n’est donc pas née d’une démarche individuelle, mais d’un travail collectif, avec un objectif commun : proposer une représentation sérieuse, capable d’agir concrètement.

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Prendre part aux élections consulaires, c’est d’abord rompre l’isolement dans lequel se trouvent encore trop de Français·es de l’étranger. Voter, c’est refuser d’être invisibilisé·e et faire exister ses droits, notamment face à la complexité des démarches, à la précarité croissante ou à l’éloignement des services publics.

Nous choisir, c’est aussi faire le choix de représentant·es capables de porter une parole au-delà du consulat, en faisant remonter les réalités du terrain jusqu’au niveau national, là où les décisions se prennent.

Enfin, voter à ces élections, c’est essentiel pour donner une voix à celles et ceux qui en sont trop souvent privé·es, en particulier les binationaux, largement invisibilisés, notamment à cause de la barrière de la langue et d’une administration encore peu adaptée à leur situation.

Voter, c’est donc simple : ne pas rester seul·e et faire en sorte que sa voix compte réellement.

 

Quels sont, selon vous, les plus grands défis et les dossiers les plus urgents à traiter pour les Français de votre circonscription ?

Les défis majeurs pour les Français·es de Thaïlande et du Myanmar tiennent aujourd’hui à un sentiment croissant d’isolement et à une fragilisation de l’accès aux droits.

Lorsqu’on interroge la communauté française, trois dossiers apparaissent comme prioritaires, sans hiérarchisation entre eux.

D’abord, la protection sociale et la CFE : l’accès aux soins devient de plus en plus inégal et coûteux. L’enjeu est de garantir une protection universelle, en renforçant le modèle solidaire et en s’opposant à toute logique de privatisation.

Ensuite, l’enseignement français : la hausse des frais de scolarité et la précarisation des personnels fragilisent un réseau qui devrait rester un outil d’égalité. Il est urgent d’en garantir l’accessibilité, notamment par le renforcement des bourses scolaires. Nous nous inscrivons pleinement dans la promesse républicaine d’égalité des chances et continuons de considérer l’école comme un levier d’émancipation pour toutes et tous, et non comme un service réservé à une minorité privilégiée.

Enfin, le lien avec la communauté : la dématérialisation et l’éloignement des services publics accentuent cet isolement. La fracture numérique prive encore trop de nos concitoyen·nes d’un accès effectif à leurs droits. Le maintien d’une présence humaine au consulat et l’adaptation des services à la réalité locale apparaissent essentiels.

Au-delà de ces enjeux, il s’agit aussi de lutter contre l’isolement en faisant vivre concrètement la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité : s’assurer que chaque Français·e de l’étranger soit pleinement reconnu·e comme un·e citoyen·ne à part entière, entendu·e et intégré·e dans les politiques publiques.

 

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?

Notre programme nous est cher : c’est celui de L’Avenir en commun, que nous avons porté en tant que militant·es lors des élections précédentes. Dans le cadre de cette campagne, nous avons fait le choix de nous concentrer sur les axes cités plus haut.

D’abord, la justice sociale, avec l’objectif de garantir une protection sociale digne pour tous, en renforçant la CFE, en luttant contre les inégalités d’accès aux soins et en défendant des retraites justes.

Ensuite, l’éducation, en refusant notamment la hausse des frais de scolarité et la privatisation du réseau, pour un système plus accessible, équitable et en lien avec les réalités du pays.

Troisième axe, les services publics et la proximité : un État présent, avec un accueil humain au consulat, notamment par une meilleure prise en compte des binationaux.

Enfin, la transparence de la représentation politique : des élu·es qui rendent compte, refusent le clientélisme et portent les réalités du terrain jusqu’au niveau national.

Il est toujours difficile de résumer un programme aussi complet en quelques lignes. Celui-ci est décliné en livrets thématiques clairs et accessibles, que nous vous invitons à consulter directement sur laec.fr.

 

Rendez-vous désormais pour le scrutin :

  • vote électronique du vendredi 22 mai 17h au mercredi 27 mai 17h,
  • vote à l’urne le dimanche 31 mai de 8h à 18h.
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