Édition internationale

Héloïse Sangan, à l’Alliance française de Chiang Rai, veut réveiller la ville

C’est une jeune directrice qui a pris les commandes de l’Alliance française de Chiang Rai. Pleine d’envie et de determination, elle compte bien montrer que l’institution y a toute sa place.

Héloïse Sangan AF Chiang RaiHéloïse Sangan AF Chiang Rai
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 13 février 2026


 

Elle n’aura pas la partie facile. À 32 ans, Héloïse Sangan a pris en début d’année 2026 la direction de l’Alliance française de Chiang Rai, un poste vacant depuis quelques mois déjà. Toute petite sœur de la famille des Alliances de Thaïlande, difficile à faire prospérer, l’avenir de la maison est un chantier qui ne fait pas peur à Héloïse. Au contraire, elle est revenue dans le pays pour relever de défi auquel elle croit très fort.

 

La Thaïlande m’a appris à travailler autrement

 

Rennaise d’origine, elle s’est d’abord passionnée pour l’histoire de l’art, qu’elle a étudiée, et rêvait de travailler dans des musées. Elle a ensuite enrichi son parcours d’un Diplôme d’aptitude à l’enseignement du français langue étrangère (DAFLE). Place au voyage, puis à l’enseignement. Le dépaysement, ce sera à Guernesey, au musée Victor-Hugo, « une maison incroyable » où elle officiera comme guide-conférencière pendant une saison. Elle enseignera ensuite pendant un an dans une école de langues de l’île. C’est en 2016 qu’elle découvre la Thaïlande de manière plutôt inattendue. Alors qu’elle a postulé pour divers emplois, elle est embauchée comme croupière dans un casino de Bretagne. Héloïse explique la suite. « Je suis en chemin pour signer mon contrat et j’ai le sentiment que ce n’est pas pour moi, que je fais fausse route. Je reçois alors un mail de Thaïlande. Par bouche à oreille, une école de langues de Hat Yai a eu mes coordonnées. Un enseignant quitte son poste et on me le propose. » La voilà partie pour l’inconnu. « J’étais plutôt pays nordiques, poursuit-elle. L’arrivée est compliquée. Je suis jeune. Tout est différent. La ville n’est pas touristique. Je ne peux pas communiquer. Mais les choses se passent merveilleusement bien. La Thaïlande m’a appris à travailler autrement, avec ouverture, écoute et adaptation. C’est pour cela que je suis restée. C’était parfait pour moi. Je suis restée neuf ans. »

 

Je pense que ma motivation a fait la différence

 

Elle travaille ensuite à Rangsit, dans un lycée thaïlandais. Elle reçoit un prix pour son travail d’enseignante, qui lui est remis à Bangkok par l’ambassadeur de France. Elle lui glisse qu’elle aimerait bien trouver un poste dans le sud. On lui propose Khon Kaen ou l’Alliance française de Phuket. Elle choisit Phuket, où elle enseigne un an avant une baisse radicale du volume de cours lorsque survient la crise Covid. Elle reste sur place et enseigne en ligne pour une école de langues de Singapour. Lorsqu’elle ne donne pas de cours, elle en prend. Héloïse s’est prise de passion pour le Muay Thai.

 

Héloïse Sangan, Muay Thai

 

Il y a un an, retour en France pour raisons familiales. Elle donne des cours à domicile et continue le Muay Thai. C’est alors qu’elle voit passer l’annonce pour l’Alliance française de Chiang Rai. « Je m’y suis tout de suite vue, raconte-t-elle. Je pensais avoir le profil. J’avais la possibilité de continuer à faire ce que je fais et que j’aime mais une étape au dessus, avec un poste de direction. J’avais envie. Je savais que je manquais d’expérience. J’ai été transparente. Je pense que ma motivation a fait la différence. »

 

Soyons un acteur qui réveille cette ville

 

Arrivée début 2026, Héloïse Sangan se fixe pour première tâche de rendre l’endroit plus vivant, de moderniser cette Alliance française qui a clairement besoin d’un coup d’accélérateur. Elle compte s’appuyer sur son équipe de cinq personnes « jeunes et dynamiques » pour parvenir à ses fins. « Nous devons montrer qu’une Alliance a toute sa place à Chiang Rai, en la rendant accessible à tous les publics, préconise-t-elle. Développons des projets, même modestes, à taille humaine, mais construisons-les avec sens. »

 

Héloïse Sangan, tenue locale, devant l’Alliance française de Chiang Rai

 

Depuis son arrivée, Héloïse a développé la présence en ligne et sur les réseaux sociaux de la maison qu’elle dirige. Résultat : en trois semaines, le nombre d’élèves a doublé. Désormais, avec son équipe, elle prépare le mois de mars, mois de la Francophonie. Peut-être ne durera-t-il, chez elle, qu’une semaine, et principalement en ligne puisqu’elle compte cultiver cette spécificité. Mais il devra être marquant à l’échelle locale. Et puis il y aura des rencontres, des échanges, des expositions, de nouveaux cours. « Après trois mois de presque vide, je souhaite que ce lieu redevienne vivant, proclame la nouvelle directrice. Nous avons une image à reconstruire. Cet été, un artiste qui nous a contactés viendra exposer pendant deux mois. Il y aura certainement une autre exposition de photographie au printemps, pendant trois mois celle-là. Chiang Rai m’a attirée parce qu’il y a une place à prendre dans cette ville en termes de culture et d’animation. Soyons un acteur qui réveille cette ville. »

Parce que Chiang Rai et son Alliance française en ont bien besoin, souhaitons-lui de réussir.

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