Charlotte Le Layo, tête de liste « Écologie et solidarité », présente aujourd’hui son programme dans lepetitjournal.com Thaïlande.


lepetitjournal.com Thaïlande poursuit la publication de sa série d’interviews des têtes de listes aux élections consulaires de la fin du mois de mai 2026.
L’ordre aléatoire résulte du tirage au sort réalisé par les autorités consulaires et qui définit notamment l’ordre d’affichage des listes et de disposition des bulletins de vote.
Concernant les photos, nous avons sollicité nos interlocuteurs pour recevoir une photo de la tête de liste et une autre de l’équipe. Certains ont choisi d’apparaître seuls, d’autres exclusivement en équipe. Ce choix leur appartient.
Aujourd’hui, Charlotte Le Layo, tête de liste « Écologie et solidarité ».
lepetitjournal.com : Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Charlotte Le Layo : Je m'appelle Charlotte Le Layo, je vis à Bangkok depuis 6 ans et je travaille en communication au sein de l'Agence française de développement. Les enjeux de solidarité et d'écologie sont au cœur de nos engagements - des valeurs que notre liste porte collectivement, et qui se traduisent concrètement : plusieurs membres de notre liste sont engagés dans le tissu associatif francophone en Thaïlande (club de théâtre, ligue de football, groupe d'improvisation, groupe zéro déchets Bangkok...), mais aussi auprès d'associations locales qui viennent en aide aux populations thaïlandaises les plus vulnérables, comme Bangkok Community Help.
Notre liste « Écologie et solidarité » rassemble sept professionnels aux profils complémentaires. Yamine Boudemagh apporte une expérience directe des instances consulaires : ancien président de Français du Monde Thaïlande, il a siégé 6 ans aux conseils consulaires - bourses scolaires, protection et aide sociale et STAFE - suivi les dossiers jusqu'à la commission nationale, et connaît les rouages du mandat de l'intérieur. Nous nous appuyons également sur des profils variés (ingénierie, parfumerie, marketing) ancrés dans la réalité quotidienne de notre communauté. Enfin, Marie Paule Bisiau, parent d'élève de La Petite École, est directement concernée par les questions d'éducation française en Thaïlande.
Que représente pour vous la mission principale de Conseiller des Français de l'étranger ?
Pour nous, c’est être un relais concret entre la communauté et le consulat et le Sénat, pas uniquement en période électorale, mais tout au long du mandat. Cela implique d'être accessible, de rendre compte de son action, et de faire remonter les problématiques réelles du terrain vers les personnes qui ont le pouvoir de les résoudre. Notre liste s'appuie sur des sénatrices actives - Mathilde Ollivier et Mélanie Vogel - qui portent déjà ces dossiers au Sénat.

Comment avez-vous constitué votre liste ?
La liste est née d'un constat : aujourd'hui, les jeunes, les actifs et les femmes ne sont pas représentés par les Conseillers des Français de l’étranger en Thaïlande. Nous avons rassemblé des profils délibérément complémentaires : un membre avec une longue expérience des instances consulaires et associatives françaises, une parente d'élève directement concernée par les questions d'éducation, un colistier nouvellement installé à Pattaya pour représenter les Français en dehors de Bangkok, et des professionnels issus d'horizons variés - ingénierie, parfumerie, marketing, urbanisme - qui reflètent la diversité des parcours de notre communauté. Unis par un engagement citoyen commun et une connaissance directe des réalités de la vie ici, nous avons voulu constituer une liste qui ressemble vraiment aux Français de Thaïlande et de Birmanie.
Au lancement de la campagne, nous avons mené une consultation auprès de la communauté française en Thaïlande - les résultats ont directement orienté notre programme.
Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Parce que les élus consulaires ont un double impact, direct et concret, sur leur quotidien. Au niveau local, ils siègent aux conseils consulaires qui décident de l'attribution des bourses scolaires, des aides sociales d'urgence, et du soutien au tissu associatif via le dispositif STAFE. Ils sont aussi un interlocuteur direct du consulat sur les sujets qui bloquent : délais de rendez-vous, accès aux services en province, situations d'urgence.
Mais leur rôle ne s'arrête pas là. Les conseillers des Français de l'étranger participent à l'élection des sénateurs représentant les Français établis hors de France. Et au niveau national, ce sont ces sénateurs qui peuvent faire bouger les lignes sur des sujets structurels : le calcul des retraites pour les carrières mixtes, l'accès au compte bancaire en France pour les non-résidents (aujourd'hui refusé sans justification par de nombreuses banques) ou encore le financement de la CFE. C'est un levier indirect, mais concret et documenté.
Quels sont, selon vous, les plus grands défis et les dossiers les plus urgents ?
Le premier sujet, c'est la CFE. Le classement de la Thaïlande en zone 3 pénalise les remboursements de tous les adhérents. Nous défendons donc un retour en zone 2. Le financement de la catégorie aidée par l'État est à 10 % alors qu'il devrait être à 50 %, ce déficit pèse sur l'ensemble des cotisants. Vient ensuite la question des retraites pour les carrières mixtes France/étranger, très pénalisées par le mode de calcul actuel. Et enfin l'accès aux services consulaires pour les Français en province (Chiang Mai, Pattaya, Koh Samui, Nong Khai), qui reste insuffisant.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?
Notre programme s'articule autour de cinq axes, construits à partir des priorités exprimées par la communauté dans notre consultation de mars. Nous distinguons ce que nous pouvons porter localement, ce que nous défendrons auprès des instances nationales, et ce que nos sénatrices Mathilde Ollivier et Mélanie Vogel portent déjà au Sénat et que nous soutenons.
CFE et santé : Auprès des instances de la CFE, nous nous engageons à promouvoir activement le tiers payant hospitalier à 100 % dans le public et à développer l'information sur les hôpitaux agréés à tarifs accessibles. Nous porterons le retour de la Thaïlande en zone 2 de remboursement et le respect de l'engagement de l'État sur le financement de la catégorie aidée. Nos sénatrices défendent par ailleurs une complémentaire sans sélection médicale.
Retraites : nous soutiendrons et relaierons les propositions portées au Sénat par nos sénatrices pour mettre fin à la triple pénalité sur les carrières mixtes et permettre aux indépendants de cotiser via la CFE. Localement, nous nous engageons à informer et accompagner les ressortissants sur leurs droits.
Droits et fiscalité : nos sénatrices portent au Sénat l'accès garanti au compte bancaire en France et la suppression du délai de carence à la Sécurité sociale au retour en France. En votant pour nous, ce sont aussi ces mesures essentielles qui sont soutenues.
Éducation : au conseil consulaire, nous défendrons une réforme des bourses scolaires tenant compte du reste à vivre réel des familles. Nous porterons auprès des instances nationales la nécessité d'un financement public renforcé pour le réseau AEFE - notamment pour stopper la hausse continue des frais de scolarité.
Services consulaires : c'est là où notre action locale est la plus directe. Nous défendrons le maintien d'un accueil physique au consulat et des tournées régulières et planifiées en province - Chiang Mai, Pattaya, Koh Samui, Nong Khai.
Quelle que soit l'issue du scrutin, c'est l'intérêt de notre communauté qui guidera notre action, et cela passe par un dialogue ouvert avec tous les élus et tous les Français de Thaïlande, quelles que soient leurs sensibilités politiques.
Sur le même sujet













