18.218 morts en 2021, soit 50 par jour selon l'OMS. Cinq plans nationaux plus tard, les routes thaïlandaises tuent toujours autant.


La Thaïlande figure au 16e rang mondial des pays les plus meurtriers pour la circulation, avec un taux de 25,4 décès pour 100.000 habitants, selon l'Organisation mondiale de la santé. En 2021, l'OMS a recensé 18.218 morts sur les routes du royaume, soit une moyenne de 50 par jour. Le coût économique de ces accidents est estimé à 531 milliards de bahts, l'équivalent de 3% du PIB national.
Ces chiffres ne surprennent personne. Depuis deux décennies, la Thaïlande enchaîne les plans quinquennaux censés réduire la mortalité routière. Le cinquième, en vigueur jusqu'en 2027, vise à ramener le taux à 12 décès pour 100.000 habitants. En 2021, il était à 25,4. La marche est haute.
Les deux-roues motorisés, vecteur principal d’accidentologie en Thaïlande
83,8% des victimes sont des motocyclistes, selon l’OMS. Les deux-roues motorisés représentent plus de la moitié du parc de véhicules en circulation. Dans les villes comme à la campagne, le port du casque reste largement facultatif dans les faits. Les contrôles de police existent mais la corruption des agents de bas rang a été documentée de longue date. Un billet dans la main et l'infraction disparaît.
Lors des dix jours officiellement dangereux de fin d'année 2024-2025, la vitesse excessive a causé 38,9% des accidents, l'alcool 31,6%, selon le ministère de l'Intérieur. Les trois quarts des victimes sont des hommes, les 15-29 ans étant les plus touchés.
Les infrastructures thaïlandaises ne suivent pas
En 2024, seuls 17% du réseau routier atteignaient la note de trois étoiles ou plus pour la sécurité des motocyclistes, selon le classement de sécurité des infrastructures routières. La Thaïlande compte 31 morts pour 1.000 kilomètres de voies. Les routes de campagne, étroites et peu éclairées, rendent l'intervention des secours hasardeuse sur certains axes isolés.
Bangkok fait des efforts visibles. Le gouverneur Chadchart Sittipunt a lancé un programme de remplacement des lampadaires dans la capitale. L'objectif national reste fixé à 12 décès pour 100.000 habitants d'ici 2027. Pour y arriver, il faudrait diviser le bilan actuel par plus de deux en quatre ans.












