En 2025, Chiang Mai a enregistré un afflux record de visiteurs. Entre tourisme de long séjour, patrimoine et bien-être, la ville repense son modèle pour s’inscrire dans la durée.


Au cours de l’année 2025, le tourisme a battu des records à Chiang Mai, atteignant jusqu’à 12 millions de visiteurs, selon l’Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT). Le marché touristique de la province a donc été considérablement renforcé, mais aussi diversifié. De plus en plus de touristes privilégient des séjours de longue durée, tandis que les arrivées en provenance de Corée du Sud et du Japon sont en nette augmentation. Le festival Yi Peng, organisé en novembre de l’année dernière, a, à lui seul, généré entre 2,8 et 3 milliards de bahts de revenus auprès d’environ 20.000 visiteurs, dont 98 % étaient des étrangers.
À Chiang Mai en 2025, les États-Unis figuraient parmi les cinq premiers marchés, derrière la Chine, la Corée du Sud, la Malaisie et Taïwan. Une configuration différente de la tendance observée au niveau national début 2026 : entre le 1er janvier et le 8 février, les cinq principaux marchés sources en Thaïlande étaient la Chine (569.987 visiteurs), la Malaisie (377.860), la Russie (340.618), l’Inde (285.767) et la Corée du Sud (207.357). Cette comparaison met en évidence un décalage entre la structure des clientèles de Chiang Mai et les tendances touristiques nationales plus récentes.
Pour surfer sur cette dynamique, la province a décidé d’agir sur plusieurs leviers, avec l’objectif de garantir, sur le long terme, un flux important et régulier de visiteurs.
Une reconnaissance au patrimoine mondial de l’UNESCO
En janvier 2026, la Thaïlande a officiellement soumis la candidature de « Chiang Mai, capitale de Lanna » pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que paysage culturel. Une telle reconnaissance offrirait à la ville un rayonnement international, permettant de valoriser ses nombreux sites patrimoniaux ainsi que ceux de ses environs.
En amont de l’évaluation prévue en juin, Watcharayu Kuawong, directeur du bureau de Chiang Mai de la TAT, a déclaré vouloir apporter des améliorations concrètes profitant aux voyageurs. Contrairement aux habitants, les touristes ont davantage tendance à se déplacer à pied dans les rues de la ville, ce qui implique une adaptation des infrastructures.
Le développement et l’amélioration des zones entourant les sept temples classés, ainsi que les cinq portes de la ville, les quatre coins et les remparts historiques, ont déjà commencé.

Dans cette même logique de visibilité internationale, Chiang Mai prévoit également de participer au salon ITB Berlin, le plus grand salon professionnel du voyage et du tourisme au monde, illustrant sa volonté de s’imposer durablement comme une destination touristique majeure.
Un tourisme du bien-être et durable en plein essor
Dans cette logique de diversification, Chiang Mai mise fortement sur le développement d’un tourisme du bien-être, pensé comme un levier de croissance durable. La province souhaite notamment valoriser ses sources chaudes naturelles, encore peu exploitées, en les transformant en véritables pôles touristiques dédiés à la détente et à la santé. Ces projets visent à attirer une clientèle en quête de « slow tourism », de séjours prolongés et d’expériences apaisantes, tout en dynamisant les zones rurales autour de la ville.

Ce repositionnement s’accompagne également d’une évolution du tourisme animalier, en particulier autour des éléphants, emblématiques du nord de la Thaïlande. Les autorités encouragent désormais le développement de sanctuaires éthiques, privilégiant l’observation et la protection des animaux plutôt que les activités commerciales controversées. Une orientation qui répond à une demande croissante des visiteurs pour des pratiques respectueuses de l’environnement et du bien-être animal.

En combinant bien-être, protection de la nature et tourisme responsable, Chiang Mai cherche à désengorger le centre-ville, à répartir les flux touristiques sur l’ensemble du territoire et à attirer des visiteurs à plus fort pouvoir d’achat. Une stratégie assumée pour transformer durablement son modèle touristique et s’imposer comme une destination internationale à la fois culturelle, naturelle et durable.












