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Bangkok, future ville éponge pour éviter de couler

Des universitaires proposent de transformer la capitale en « ville éponge » pour la protéger des inondations. Sans action, les dégâts pourraient atteindre 49 milliards de bahts.

Bangkok sous l’eau Bangkok sous l’eau
Écrit par Hugo HASBROUCQ
Publié le 8 mai 2026


 

Bangkok pourrait être sévèrement inondée, voire submergée, d'ici la fin du siècle. C'est l'avertissement lancé lors du « New Sky Forum », un forum public organisé par le Parti démocrate.

Kobkiat Phongphut, architecte en gouvernance de l'eau et enseignant en ingénierie à l'université de Kasetsart, estime que les données historiques ne permettent plus de prévoir les scénarios hydrologiques à venir. Il appelle Bangkok à abandonner le tout-drainage pour devenir une « ville adaptative ».

 

Six zones, trois priorités

 

Le plan prévoit de découper Bangkok en six zones selon le risque et l'usage des sols. Trois zones sont jugées prioritaires :

L’est de Bangkok servirait de zone de rétention et de distribution.

L’ouest deviendrait une « ville éponge » capable d'absorber et de ralentir le flux.

Le nord, notamment le long du khlong Prem Prachakorn, serait réaménagé pour fluidifier le drainage.

Les trois autres zones, comme Romklao et Bang Khun Thian, posent plus de difficultés à cause de la densité urbaine existante.

 

Limiter les pertes financières 

 

Selon les simulations, le modèle pourrait faire passer les pertes financières liées aux inondations de 49 à 16 milliards de bahts. La capacité d'absorption gagnerait environ 100 millimètres par jour, et le début des inondations serait retardé d'une à deux heures. De quoi laisser le temps aux habitants de se préparer ou d'évacuer. Ces chiffres restent préliminaires, basés sur une modélisation par intelligence artificielle, et nécessitent des données locales plus fines.

Le problème de Bangkok n'est pas le manque d'infrastructures, selon Kobkiat Phongphut. La ville dispose de grands tunnels de drainage, mais les réseaux de canalisations ne sont pas connectés entre eux. Ajouter des tuyaux sans relier les systèmes existants ne résoudra rien. Il demande aussi une révision des neuf grands plans de lutte contre les inondations dans le bassin inférieur du Chao Phraya, en les évaluant ensemble plutôt qu'isolément.

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