Édition internationale

Après Bangkok, le Grand Prix du Rayonnement Français devrait continuer à voyager

En exclusivité pour lepetitjournal.com Thaïlande, la princesse Yasmine Murat a bien voulu tirer le bilan d’une grande première : la remise du Grand Prix du Rayonnement Français depuis l’étranger.

Princesse Yasmine MuratPrincesse Yasmine Murat
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 19 mars 2026


 

lepetitjournal.com : Vous avez pris la présidence de l’association en 2023. Comment les choses se sont-elles faites ?

Princesse Yasmine Murat : L’association du Rayonnement Français existe depuis 2009. Le Grand Prix aussi. Je n’y étais pas du tout investie. L’ancienne présidente, souhaitant passer la main, a proposé mon nom, en raison de mon parcours international et de mon intérêt, notamment, pour la souveraineté économique. Je dois avouer que je ne savais pas que ce Grand Prix existait, malgré les très belles éditions précédentes.

Son manque de notoriété, malgré les grands noms de ses lauréats, semble étonnant.

Vous avez raison. Bernard Arnault, Thomas Pesquet, Catherine Pégard, alors présidente du château de Versailles et aujourd’hui ministre de la Culture figurent, parmi d’autres, au palmarès. Pourtant, les médias ne s’y sont pas intéressés. Il y avait certainement un manque de communication. Ensuite, la pause Covid a fait du mal. Il a fallu mettre en place une nouvelle équipe et une nouvelle stratégie. J’ai fait de la communication ma priorité, tout en gardant la qualité du Grand Prix. Cela passe par les relations avec la presse mais aussi les partenariats. L’une des difficultés que nous rencontrons pour mettre en valeur un tel événement c’est que notre équipe n’est faite que de bénévoles. Nous allons continuer à l’enrichir désormais avec quelques techniciens.

 

Sortir de France était le vœu de l’ancienne présidente

 

Comment est née l’idée de cette remise de prix à l’étranger ?

Au départ, il n’y avait qu’un prix par an, puis trois ou quatre, puis onze. Ils étaient remis au ministère de la Culture puis au Quai d’Orsay. Sortir de France était le vœu de l’ancienne présidente mais elle n’a pas pu le réaliser. La nouvelle équipe en a parlé à son tour et l’opportunité s’est présentée grâce à Stéphane Ruffier-Meray, un membre de notre Bureau, qui est venu avec l’idée de la Thaïlande, grâce à ses relations personnelles avec la femme de l’ambassadeur. L’année du 170ème anniversaire des relations diplomatiques entre nos deux pays, le symbole était fort. Notre secrétaire générale et première lauréate en 2009, Anne-Marie Descôtes (ancienne ambassadrice de France en Allemagne et qui vient d’être désignée en Italie), a soutenu l’initiative. Jean-Claude Poimbœuf, ambassadeur de France en Thaïlande également. Le projet a pu être lancé.

Par le passé, le jury se réunissait en France et connaissait les candidats et lauréats. Ce n’était pas le cas cette année. Comment avez-vous procédé ?

Le jury national ne pouvait pas juger des candidatures thaïlandaises ou françaises de Thaïlande. Nous avons donc confié la tâche à l’ambassade de France en Thaïlande de nous faire des propositions. Nous avons adoré tous les parcours. Et les endroits que les lauréats m’ont fait découvrir sur place ont encore accru mon enthousiasme.

 

Je retiens l’importance de l’alliance entre la diplomatie officielle et la diplomatie officieuse

 

Que retenez-vous de cette première expérience à l’étranger ?

Je retiens d’abord la coopération entre l’ambassade et le palais royal, qui a permis de mettre la barre haut. La cérémonie a été très bien organisée. Lorsqu’on se rend dans ce pays, on est impressionné par le respect du peuple thaïlandais pour la famille royale. Je retiens la méthodologie très positive : ne rien laisser au hasard, être très organisé, très minuté, avoir un événement bien huilé. Je ne suis pas une professionnelle de l’événementiel mais je m’y suis jetée à corps perdu et nous nous sommes transformés en une équipe la plus professionnelle possible. Nous avons d’ailleurs trouvé en Thaïlande des idées pour nous améliorer.

Je retiens aussi l’importance de la diplomatie officielle. Jean-Claude Poimbœuf a créé le lien avec le pays hôte, notamment en décernant des prix à la fois à des Thaïlandais et à des Français très impliqués dans le pays. L’alliance entre la diplomatie officielle et la diplomatie officieuse, celle de la société civile, est peut-être le secret de la réussite. C’est en tout cas une belle alliance qui a permis des synergies bénéfiques pour tout le monde.

En quoi la Thaïlande vous a-t-elle marquée ?

Nous sommes arrivés face à de beaux profils mais nous avons découvert aussi l’écosystème autour de l’ambassade. Nous avons vu le plaisir que les uns et les autres prenaient à échanger, les relations de connaissance et parfois d’amitié qui existaient. J’ai été étonnée du nombre de francophones en Thaïlande et de la profondeur des relations historiques entre les deux pays, de l’humilité des Thaïlandais à recevoir et à s’enrichir des autres. Ils ne sont pas chauvins dans le mauvais sens du terme. Ils sont ouverts sur l’autre et sur ce qu’il peut leur apporter. Nous devrions, nous aussi, parfois, avoir cette humilité-là.

 

L’Égypte, la Chine, le Japon et la Grèce parmi les prochaines destinations possibles

 

Et maintenant ? L’expérience sera-t-elle renouvelée ?

L’idée pour l’avenir consisterait à maintenir la remise de prix annuelle au Quaid’Orsay et d’y adjoindre, deux ou trois fois par an, des cérémonies réalisées à l’étranger, sur le modèle de celle qui vient d’avoir lieu en Thaïlande. Nous avons déjà des demandes et il est intéressant pour le soft power français de rendre visite à certains pays. Nous pouvons ainsi fédérer des amis de la France partout. Nous pouvons créer un réseau, comme celui des récipiendaires de la Légion d’honneur. La réflexion est en cours. Comme celle de peut-être revenir en Thaïlande tous les deux ans. Nous pourrions ainsi  créer des antennes dans certains pays étrangers.

Avez-vous, pour conclure, quelques destinations possibles à nous citer ?

L’ambassadeur d’Égypte est enthousiaste et nous avons déjà eu, avec lui, une première réunion. L’événement pourrait se tenir dans le courant de cette année. Nous avons également reçu des propositions de Chine, du Japon, de Grèce. Les relations personnelles des membres de notre équipe créent les opportunités. Les choses sont clairement plus difficiles si nous n’avons personne sur place.

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