Dans les médias français, la Thaïlande est souvent citée en exemple des pays touchés par la crise du pétrole née au Moyen-Orient. Ils parlent aussi brûlis, assurance et dentier d’une Miss.


La Thaïlande en manque d’essence
La presse française, les journaux télévisés de TF1, de France 2 et les autres ont tous choisi la Thaïlande pour illustrer les conséquences quotidiennes de la guerre au Proche-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. « Les stations-service prisent d’assaut en Thaïlande » sont les mots les plus lus et les plus entendus. « De longues files d’attente se sont formées sur fond de pénurie et de flambée des prix » est le commentaire le plus répété. La vision des choses, présentée en France, est souvent réaliste, parfois excessive. Sous le titre : « Crise du pétrole : la Thaïlande à sec », le 20 heures de France 2 explique que « la guerre au Moyen-Orient a des répercussions dans le monde entier. En Thaïlande, la pénurie de carburant paralyse les villes. Les climatiseurs ne fonctionnent plus alors qu'il fait 40 degrés. Et le tourisme, pilier de l’économie, s’est effondré. » Une part de vérité, certes. Un peu de catastrophisme aussi.
La Thaïlande signe « un accord » avec l’Iran

La Thaïlande se bat en tout cas pour améliorer la situation. BFM Business, s’appuyant sur les informations de l’AFP, explique à son tour que comme « la très grande majorité de son pétrole provenait du Golfe persique, la Thaïlande annonce avoir conclu « un accord » avec l'Iran pour le passage de ses pétroliers par le détroit d'Ormuz. » Le Parisien a même annoncé le passage du premier pétrolier à la suite de cet accord.
BFM reprend les propos des dirigeants thaïlandais, qui se sont exprimés lors d’une conférence de presse sur le sujet. « Avec cet accord, nous sommes confiants de ne plus avoir à connaître de perturbations comme celles observées début mars ». C’est le Premier ministre Anutin Charnvirakul qui s’exprime. « La Thaïlande a fait valoir auprès de l'Iran qu'elle n'était « pas partie au conflit et avait le droit à un passage maritime sûr en vertu du droit international », a expliqué le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow. » Et BFM Business de poursuivre. « Après avoir été initialement plafonné à 30 bahts (0,79 euro) le litre par le gouvernement, le prix du gazole a augmenté cette semaine de 6 bahts par litre en Thaïlande. Pénuries et files d'attente sont de plus en plus fréquentes dans les stations-service. Le pays, ainsi que le Vietnam, ont également demandé à leurs fonctionnaires de télétravailler pour éviter les déplacements. En temps normal, environ 75 à 84% des importations de pétrole d'Asie proviennent du Golfe persique, et circulent donc en grande partie par le détroit d'Ormuz. » Quelques chiffres sont cités en conclusion : « le trafic dans le détroit d'Ormuz a chuté de 95% par rapport à la normale entre le 1er et le 26 mars, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Depuis le début du mois, 24 navires commerciaux, dont 11 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents dans la région, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO. »
Des Hmongs s’érigent en pompiers volontaires

La Croix, elle aussi d’après un reportage de l’AFP, raconte que « en Thaïlande, des habitants des montagnes combattent incendies et clichés ». « Equipés de machettes et de drones, des villageois de la minorité hmong scrutent les départs de feu sur les pentes arides du nord de la Thaïlande, où leur approche bénévole de la prévention des incendies contribue à redorer leur image. » L’histoire d’une petite armée de bénévoles qui scrute l’activité, notamment au cœur des forêts du parc national de Doi Suthep, pour éviter le pire. Ce réseau a été lancé il y a dix ans et a du affronter le pire en 2020 lorsqu’une série d’incendies a nécessité 40 jours de combats et fait quelques victimes avant d’être maîtrisée. La Croix rappelle que, désormais, les brûlis sont interdits pendant cinq mois et que le mois de mars 2026 a été particulièrement clément. Comme nous l’évoquons par ailleurs, cela pourrait ne pas durer…
Encore une histoire de frais médicaux exorbitants et non couverts

« Elle chute à cheval en Thaïlande et doit payer 24.000 € non pris en charge, son assurance invoque une «activité extrême» »
On retrouve ce titre agaçant et inquiétant dans La Dépêche et Ouest-France notamment. Agaçant parce qu’il renvoie une nouvelle fois au comportement des assureurs. Inquiétant parce que la mésaventure peut nous arriver à tous.
Voici l’histoire. Jo « une touriste britannique s’est gravement blessée lors d’une balade à cheval en Thaïlande, le 8 mars 2026. Bloquée sur place après son opération, elle doit faire face à des frais médicaux importants que son assurance refuse de couvrir. » C’est la BBC qui raconte cette histoire, reprise notamment par la presse quotidienne régionale française. « Il a fallu la prendre en charge rapidement, ce qui a engendré des frais importants. Le couple a d’abord avancé 12.000 livres (environ 13.800 €), soit l’ensemble de leurs économies. Jo a dû rester alitée pendant 36 heures avant d’être opérée. Elle est ensuite restée hospitalisée deux semaines, faisant grimper la facture à 21.000 livres (environ 24.000 €). Dans l’impossibilité de prendre l’avion pendant sept semaines après l’opération, elle est contrainte de rester en Thaïlande au moins jusqu’à fin avril, où elle doit poursuivre sa rééducation. Les frais continuent donc de s’accumuler… d’autant que leur assurance refuse de prendre en charge les dépenses. Selon la compagnie, l’équitation est considérée comme une « activité extrême », non couverte par leur contrat. Pour les aider, leurs proches et collègues ont lancé une cagnotte en ligne. Près de 18.000 livres (environ 20.800 €) ont déjà été récoltées : « Nous sommes dans une situation compliquée, mais nous avons beaucoup de chance », confie le mari. Il reconnaît également qu’à l’avenir, il sera plus attentif aux clauses de son assurance : « Il y a tellement de choses qui ne sont pas couvertes… On a fait une erreur et on la paie cher », conclut-il. »
Une mésaventure qui rappelle celle du jeune belge renversé par une voiture il y a quelques semaines et « séquestré » par l’hôpital tant qu’il n’avait pas réglé sa facture de 60.000 € !
Faire attention aux clauses de son contrat, d’accord, mais difficile de s’arrêter de vivre…
Une Miss perd son dentier en plein concours

Enfin, dans Le Parisien, cette histoire plus légère, risible pour les uns, affreusement triste pour les autres. « Kamolwan Chanago, 18 ans, a vu ses facettes dentaires se décoller de sa bouche en plein milieu de son discours de candidature pour Miss Grand Thailand 2026 ». On ne sait comment réagir…
« Elle faisait partie des 77 Thaïlandaises en lice pour le prestigieux titre de Miss Grand Thaïlande 2026. Kamolwan Chanago, candidate du concours de beauté de 18 ans seulement, a vécu un véritable calvaire, ce jeudi, sur scène pendant son discours inaugural. » Alors que son dentier se détachait, il parait qu’elle s’est très calmement retournée pour le remettre en place et poursuivre comme si de rien n’était. « Ce petit moment de malaise ne lui a pour le moment pas coûté l’élimination puisqu’il ne s’agissait que d’épreuves préliminaires. En revanche, le comité national en charge du concours a forcément noté cette bourde involontaire qui devrait lui coûter sa place dans le haut du classement. »
On ne sait pas si telle est la raison mais en finale, quelques jours après la parution de l’article, la jeune fille n’a pas décroché la couronne…
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