Bangkok lance un indice pour mesurer la maturité IA des entreprises et crée un commandement militaire dédié à la technologie. Deux chantiers, un même objectif : ne plus avancer à l'aveugle.


Un salinomètre pour la cuisine, un indice pour l'intelligence artificielle. C'est la comparaison utilisée par Yodchanan Wongsawat, vice-Premier ministre et ministre de l'Enseignement supérieur, des Sciences, de la Recherche et de l'Innovation, pour justifier le lancement, jeudi 2 juillet 2026, du Thailand AI Readiness Index (TARI). Sans instrument de mesure, une entreprise ne sait pas si son niveau d'adoption de l'IA suit les standards internationaux ou si elle investit à l'aveugle. Le ministère, via le NXPO (Conseil national de politique de la recherche et de l'innovation), lance l'outil avec AIS Academy et IRIS Consulting.
Mesurer avant d'investir
TARI évalue les entreprises sur huit critères, de la stratégie IA aux compétences des équipes, puis compare leurs résultats à ceux du secteur avant de proposer un plan d'action. Kantima Lerlertyuttitham, directrice générale adjointe d'AIS, la présente comme un bilan de santé permettant d'identifier les lacunes avant de dépenser. Plus de 40 entreprises ont rejoint le projet pilote.
Le même raisonnement pousse l'armée à agir. Le général Ukrit Boontanon, commandant suprême des forces armées royales thaïlandaises, a annoncé la création d'un nouveau commandement, le Joint Capabilities Command (JCC), qualifié de « cinquième force armée » aux côtés de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air. Il doit devenir opérationnel le 1er octobre et centraliser cinq domaines : intelligence artificielle, guerre électromagnétique, robotique militaire, défense aérienne et technologies spatiales.
Le général a justifié l'urgence par la vitesse d'évolution des technologies : attendre une solution parfaite reviendrait à arriver trop tard, selon lui. Les erreurs à venir, a-t-il ajouté, produiront des données utiles pour progresser.
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