Édition internationale

Thaïlande-Cambodge : 6 mesures pour tenter d’apaiser les tensions maritimes

Après une nouvelle réunion à La Haye du 14 au 18 octobre 2026, la Thaïlande et le Cambodge ont adopté 6 mesures de confiance. Elles visent à limiter la désinformation et à prévenir les incidents.

Exploitation golfe de Thaïlande Exploitation golfe de Thaïlande
Écrit par Juliette THORIN
Publié le 22 octobre 2026


 

La Thaïlande et le Cambodge tentent de maintenir le dialogue malgré leurs différends territoriaux. Les deux pays ont convenu de 6 mesures de confiance à l’issue de la deuxième réunion de leur commission de conciliation, organisée à La Haye, aux Pays-Bas, du 14 au 18 octobre 2026. L’objectif est de préserver les négociations sur leurs frontières maritimes et d’éviter que les tensions diplomatiques ne compromettent les discussions.

Publiées le 20 octobre 2026 par la commission de conciliation, ces mesures prévoient notamment une communication publique constructive, la lutte contre la désinformation et la retenue dans les déclarations susceptibles d’attiser les tensions à la frontière entre les deux voisins. Les gouvernements se sont également engagés à éviter les actions pouvant aggraver le différend ou modifier le statu quo dans les zones maritimes concernées. Des canaux de communication existants, notamment entre les commandements des marines, doivent permettre de signaler rapidement les incidents et de limiter les risques de malentendu.

 

Une dispute maritime distincte du conflit terrestre

 

La réunion de La Haye s’inscrit dans une procédure engagée au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), connue sous son acronyme anglais UNCLOS. Elle concerne les revendications maritimes des pays, notamment dans le golfe de Thaïlande, sur une zone présentant un potentiel important en hydrocarbures.

Le processus est distinct des tensions liées à leur frontière terrestre. Le 21 octobre 2026, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a accusé le Cambodge d’avoir présenté de manière sélective les discussions de La Haye. Selon lui, les échanges portaient exclusivement sur les frontières maritimes et non sur les affrontements terrestres ou les déplacements de civils. Bangkok reproche également à Phnom Penh d’avoir publié sa propre déclaration avant celle de la commission, alors que les deux parties étaient convenues de laisser cette dernière communiquer la première. Le ministre thaïlandais estime que cette démarche fragilise la confiance entre les deux pays.

 

Un processus sans décision contraignante

 

La procédure de conciliation ne constitue pas un procès devant la Cour internationale de Justice et ne doit pas être confondue avec un arbitrage juridictionnel. La commission cherche à rapprocher les positions des deux pays et à faciliter une solution négociée. Elle peut formuler des recommandations mais ne rend pas de jugement contraignant.

La première réunion s’était tenue à Singapour du 14 au 16 septembre 2026. Lors de cette rencontre, le Cambodge avait présenté la conciliation comme une voie pacifique pour régler le différend. La Thaïlande avait, de son côté, insisté sur la nécessité de traiter les revendications maritimes dans le cadre du droit international.

Les discussions portent notamment sur la délimitation du plateau continental et des espaces maritimes revendiqués. Les eaux concernées pourraient receler d’importantes ressources en gaz naturel et en pétrole, ce qui donne une dimension économique majeure au différend. La mise en œuvre des 6 mesures de confiance doit se poursuivre dans les prochains mois. Les deux pays devront rendre compte à la commission des progrès accomplis et des difficultés rencontrées. Leur application effective constituera un premier test de leur volonté de poursuivre les négociations malgré la persistance des désaccords.

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