Dans la province de Prachin Buri, à l'est de Bangkok, les crues ont entraîné des polluants issus de sites de déchets industriels. Des poissons sont morts et des usines ont fermé.


Quelques semaines après les grandes inondations de fin septembre et début octobre 2026, dans la province de Prachin Buri, à l'est de Bangkok, l'eau de crue qui a traversé des sites de tri, de recyclage et d'enfouissement de déchets industriels inquiète toujours. Les autorités sanitaires et environnementales tentent de mesurer l’étendue des dégâts. L'eau aurait débordé d'une décharge de déchets industriels exploitée par Green-Environment Technology Co., Ltd. Des échantillons pollués ont été prélevés, notamment dans une rivière qui alimente des rizières.
Tout au long du mois d’octobre, le ministre de l'Industrie, Varawut Silpa-archa, a ordonné la suspension d'une usine de recyclage puis la fermeture d’autres établissements. Selon ses explications, plus le niveau de l’eau baisse, plus la concentration de substances huileuses augmente.
Les poissons, premières victimes
La pollution a aussi gagné la rivière Prachin Buri, où l’on a retrouvé de grandes quantités de poissons morts. Le ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement, Suchart Chomklin, a demandé une enquête urgente et des poursuites, si des infractions sont établies. La concentration d’aluminium dans la rivière, notamment, est anormalement et dangereusement élevée. L'origine de cet aluminium reste inconnue. Il est naturellement présent dans les sols et les roches mais les activités industrielles augmentent les quantités. En revanche, mercure, cadmium et plomb ne dépassent pas les seuils admissibles.
Les craintes des habitants
Les riverains craignent désormais pour leur santé. Les ventes de poisson ont chuté. Les autorités de santé ont examiné un échantillon de 613 personnes vivant dans un rayon de 7 kilomètres autour de la zone la plus touchée. 497 ne présentaient aucun symptôme. Les 116 autres sont principalement victimes de problèmes de peau : démangeaisons, éruptions, petites cloques, qui pourraient venir d'un contact prolongé avec l'eau. Le Département du contrôle des maladies, rattaché au ministère de la Santé publique, a ouvert un centre d'opérations d'urgence. Son directeur général, le Dr Montien Kanasawat, a annoncé une surveillance d'au moins deux ans des personnes à risque, avec les unités de soins primaires et trois hôpitaux : Si Mahosot, Si Maha Phot et Chao Phraya Abhaibhubejhr.
En parallèle, il est recommandé de limiter les contacts avec l’eau concernée et de très bien se protéger lorsque ce contact est indispensable. Il faut éviter de consommer animaux et végétaux en contact avec cette eau. Dernière mise en garde : la faire bouillir ne change rien à l’affaire. Certaines substances, aluminium et métaux lourds notamment, ne disparaissent pas. Utilisez absolument de l’eau saine !














