Dissimulées dans des planches de bois évidées, plus de 3,1 tonnes d’ivoire ont été saisies au port de Laem Chabang, au nord de Pattaya. Une enquête a été ouverte pour remonter la filière du trafic.


Les autorités thaïlandaises ont annoncé, lundi 26 octobre 2026, la saisie de 3,1 tonnes d’ivoire dissimulées dans une cargaison de bois importée de Zambie. La valeur totale des produits saisis, comprenant également des restes d’animaux sauvages, est estimée à plus de 155 millions de bahts, soit environ 4 millions d’euros. Selon les autorités, il s’agit de la plus importante saisie d’ivoire réalisée en Thaïlande depuis plus de 10 ans, d’après la Wildlife Justice Commission (WJC), une organisation internationale qui lutte contre le trafic d’espèces sauvages.
L’opération a été menée au port de Laem Chabang, dans la province de Chonburi, à l’est de Bangkok. Deux conteneurs en provenance de Zambie, déclarés comme transportant du bois de musivi, ont attiré l’attention des douanes thaïlandaises. Sur les 568 planches transportées, 32 avaient été évidées pour dissimuler des produits issus d’animaux sauvages. Les cavités avaient ensuite été refermées à l’aide de cire afin de masquer leur contenu.
Au total, les enquêteurs ont découvert 469 défenses ou fragments de défenses représentant 3.042,67 kilos d’ivoire, ainsi que 1.038 fragments supplémentaires pesant 66,2 kilos. La cargaison contenait également 335 poils de queue d’éléphant et une carcasse animale, qui pourrait appartenir à un lion selon les premières constatations des autorités thaïlandaises. Des analyses génétiques doivent permettre de préciser l’origine des produits saisis.
Une enquête pour identifier le réseau
L’interception repose sur un partage de renseignements entre les services thaïlandais et plusieurs organisations internationales, dont l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et la Wildlife Justice Commission. Dans un communiqué publié le 22 octobre 2026, cette dernière a indiqué que les informations transmises avaient permis de suivre la cargaison jusqu’au port thaïlandais. Elle a précisé que la saisie avait eu lieu le 29 septembre, bien avant l’annonce officielle par les autorités.
Le Département des enquêtes spéciales (DSI), les douanes et les services chargés de la protection de la faune ont engagé des investigations pour identifier les personnes impliquées. Les enquêteurs cherchent notamment à reconstituer les itinéraires du trafic, à examiner les éventuels flux financiers et à déterminer les responsabilités des acteurs impliqués en Thaïlande comme à l’étranger. Les autorités prévoient également de renforcer la surveillance des cargaisons considérées comme à risque. L’objectif est notamment d’empêcher que le territoire thaïlandais ne serve de point de transit pour le commerce illégal d’espèces sauvages.
Un trafic soumis à des restrictions internationales
Le commerce international de l’ivoire est encadré par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Le commerce international de l’ivoire d’éléphant est soumis à des restrictions particulièrement strictes, avec des exceptions limitées. La Thaïlande a signé cette convention et dispose également de lois nationales encadrant l’importation et le commerce de produits issus d’animaux sauvages. Cette saisie intervient dans un contexte de lutte contre les réseaux internationaux de trafic d’espèces protégées. Selon la Wildlife Justice Commission, la coopération entre les autorités publiques et les organisations spécialisées est essentielle pour identifier les réseaux derrière les cargaisons interceptées, au-delà des seules saisies de marchandises.
L’enjeu est désormais de déterminer l’origine exacte de l’ivoire, les conditions dans lesquelles il a été obtenu et sa destination finale. Les analyses ADN et la poursuite des investigations doivent contribuer à établir les faits et à identifier les responsables de cette opération de contrebande.
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