Édition internationale

Lèse-majesté et investissements douteux, la Thaïlande est dans la presse française

Condamnation pour lèse-majesté, mort d'un boxeur écossais à Phuket, crise du recrutement aérien et chasse aux investisseurs étrangers dans les îles touristiques du pays. La Thaïlande intéresse la France.

Rama X de Thaïlande et ses filles Rama X de Thaïlande et ses filles
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 22 juin 2026


 

La Thaïlande pleure toujours la défunte princesse Bajrakitiyabha Narendiradebyavati, décédée le 12 juin 2026 à Bangkok, après être restée dans le coma depuis 2022 à la suite d’un malaise cardiaque. lepetitjournal.com en a longuement parlé et la presse française s’y intéresse encore, de portraits en questionnements sur la succession du roi Rama X.

 

Sa majesté le roi

 

Le roi, justement, intéresse lui aussi. Ou, plus exactement, un homme de 43 ans qui a été condamné le 19 juin 2026 à 18 mois de prison pour avoir publié un commentaire dans le groupe Facebook privé « Royalist Marketplace », qui compte plus de 2,2 millions de membres. Le tribunal l'avait initialement condamné à trois ans, mais la peine a été réduite de moitié en raison de ses aveux. BFM TV rapporte que l'homme, dont l'identité n'a pas été rendue publique, « a été libéré sous caution de 100.000 bahts (environ 2.700 euros) dans l'attente de son appel ». Fondé par l'universitaire en exil Pavin Chachavalpongpun, le groupe s'était imposé comme un rare espace de discussion sur la monarchie lors du mouvement de protestation de la jeunesse en 2020 et 2021. Depuis, selon l'organisation Thai Lawyers for Human Rights, près de 300 personnes ont été poursuivies en vertu de l'article 112 du code pénal, la loi sur l'outrage à la royauté, risquant jusqu'à 15 ans de prison par chef d'accusation. BFM TV note que « des voix la dénoncent comme un instrument pour étouffer la dissidence et réduire au silence les opposants politiques dans le royaume ». lepetitjournal.com avait rapporté, en avril 2025, l'arrestation de l'universitaire américain Paul Chambers dans le cadre de la même loi.

 

300 bahts et une vie

 

Au centre, jeune boxeur écossais décédé à Phuket

 

Le boxeur écossais Colin Cairney est mort le 18 juin 2026 à l'hôpital Vachira Phuket, quatre jours après être tombé d'un tuk-tuk dans le quartier de Patong, à Kathu, dans la nuit du 14 au 15 juin 2026. Il avait 22 ans, dix combats professionnels et aucune défaite. Le Parisien rapporte que « l'accident est arrivé aux alentours de 4 heures du matin » : Colin Cairney n'avait pas de quoi régler sa course, estimée entre 300 et 400 bahts, et avait demandé au chauffeur de le conduire à un distributeur automatique. Les images de vidéosurveillance ont établi qu'il est tombé seul à l'arrière du véhicule, sa tête heurtant la chaussée. Le chauffeur, identifié sous le seul prénom Kitpong, 34 ans, originaire de la province de Phatthalung dans le sud du pays, a quitté les lieux sans donner l'alerte. Retrouvé et entendu par la police, il a reconnu les faits et est poursuivi pour conduite négligente ayant entraîné la mort et non-assistance à personne en danger. Le Parisien cite le message du 1314 Boxing Club de Stirling, en Écosse : « Colin n'est pas juste un membre de notre club, il est de la famille. Sa présence, son caractère et les souvenirs que nous partageons resteront avec nous pour toujours. »

 

Pay-to-fly : payer pour travailler

 

Avion THAI

 

1.736 pilotes thaïlandais sont sans emploi. 1.219 autres, titulaires d'une licence commerciale (CPL, Commercial Pilot Licence), attendent un poste. L'association des pilotes thaïlandais, la Thai Pilots Association (THAIPA), a porté ces chiffres devant le vice-ministre des Transports Phattrapong Phattraprasit, en dénonçant le recours croissant des compagnies locales au « pay-to-fly » : un système dans lequel le pilote finance lui-même ses heures de vol sur des lignes commerciales, sans être salarié. En Thaïlande, la facture dépasse souvent 6 millions de bahts, formation initiale et qualification sur type d'appareil incluses. Air Journal rapporte que Teerawat Angkasakulkiat, président de la THAIPA, a affirmé dans The Nation que « le programme pay-to-fly adopté par certaines compagnies aériennes est injuste ». L'association avertit en outre qu'« un pilote endetté pourrait hésiter à signaler une fatigue ou un problème », avec des conséquences potentielles sur la sécurité des passagers. Phattrapong Phattraprasit examine les propositions de la THAIPA, qui incluent une régulation du dispositif et de meilleures protections sociales. lepetitjournal.com avait rapporté, en novembre 2025, la décision de la Cour administrative thaïlandaise d'annuler l'autorisation accordée à Thai VietJet de faire voler des pilotes étrangers sur des lignes intérieures.

 

Phuket, Samui, Phangan : les prête-noms dans le viseur

 

Île thaïe

 

C’est peut-être le business illégal le plus courant en Thailande et le gouvernement thaïlandais s’y intéresse. Le but est de chercher à démasquer les investisseurs étrangers qui contournent l'interdiction de propriété foncière dans les îles du pays, rapporte Le Monde dans son édition du 19 juin 2026. Le montage est rodé : un étranger crée une société thaïlandaise dont il détient 49% des parts, les 51% restants étant nominalement aux mains, non d’associés maïs de ressortissants thaïlandais recrutés comme prête-noms par des cabinets d'avocats ou de comptables. Le Monde précise que Phuket, Koh Samui et Koh Phangan sont « les seules îles où le marché immobilier est libre », les autres zones étant soit classées parc naturel, soit soumises à des titres non transmissibles. Le nombre de dossiers ouverts n'a pas été communiqué.

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