Le groupe Central publie une étude sur les habitudes de consommation des étrangers vivant en Thaïlande. Ils dépensent 1,5 fois plus que les Thaïlandais.


Les résidents étrangers en Thaïlande dépensent en moyenne une fois et demie plus que les consommateurs thaïlandais. Ce chiffre, issu d'une analyse publiée par The 1 Insight, la branche data du groupe Central, dresse un portrait détaillé de ce que l'étude appelle l'« Expat Economy ». Une réalité commerciale s'installe durablement dans le pays.
The 1 Insight s'appuie sur une base de données de plus de 20 millions de membres, soit environ un tiers de la population thaïlandaise. La plateforme utilise l'historique de transactions et l'intelligence artificielle pour analyser les comportements d'achat par profil démographique. Les étrangers, longtemps traités comme une variable marginale dans le commerce thaïlandais, y apparaissent comme un segment structurant.
Résidents et visiteurs fréquents
L'étude distingue deux profils de consommateurs étrangers. D'un côté, les résidents longue durée : des étrangers qui vivent, travaillent ou élèvent des enfants en Thaïlande, et dont les achats couvrent les besoins du quotidien. De l'autre, les visiteurs fréquents, qui séjournent au moins trois mois par an dans le pays, répartis sur au moins deux trimestres et reviennent trois à quatre fois par an.
Le premier groupe est désigné comme le principal moteur de croissance de l'Expat Economy, avec des effectifs et des dépenses par personne en hausse. Le second contribue avec un niveau élevé de dépenses par séjour mais sa progression tend à se stabiliser. Ce basculement est significatif pour le commerce de détail thaïlandais. Les étrangers établis dans le pays achètent de façon répétée des produits de la vie courante et non des souvenirs ou des articles de voyage. Leur comportement ressemble à celui d'un résident thaïlandais mais avec un panier moyen plus élevé.
Profils nationaux, habitudes distinctes
The 1 Insight parle de « shopping fingerprints », ou empreintes d'achat, pour décrire les différences marquées entre nationalités.
Les consommateurs chinois dominent dans l'ameublement et la décoration, avec des dépenses 2,2 fois supérieures à la moyenne, et dans la beauté, à 1,4 fois la moyenne. Le profil correspond à des personnes qui possèdent ou louent un logement en Thaïlande sur le long terme, auxquelles s'ajoutent des voyageurs indépendants dont le panier par séjour a augmenté.
Les consommateurs russes se distinguent dans les produits pour enfants, à 1,4 fois la moyenne, et dans l'alimentation, 1,2 fois. Le profil reflète celui des familles installées à Phuket, dont les achats portent sur les besoins domestiques et les produits de consommation quotidienne plutôt que sur les articles touristiques.
Les Japonais concentrent leurs dépenses dans les supermarchés (1,8 fois la moyenne), la santé et la beauté (1,7 fois) et les livres et la papeterie (1,8 fois). Leurs achats se font principalement dans le quartier de Sukhumvit, pôle résidentiel et professionnel de la communauté japonaise à Bangkok.
Les consommateurs birmans enregistrent des chiffres particulièrement élevés dans la beauté, 2,7 fois la moyenne, et dans la mode, 1,5 fois. Leurs achats se répartissent entre la zone frontalière de Mae Sot et les grands centres commerciaux de Bangkok, pour un usage personnel, pour des cadeaux, ou à des fins de revente en Birmanie.
Au-delà du tourisme
The 1 Insight conclut que la Thaïlande se rapproche du statut de « Global Lifestyle Hub » régional, portée par des consommateurs étrangers dont les dépenses gagnent en régularité, en diversité et en ancrage dans la vie quotidienne.
Ce positionnement est conforté par les données de l'Expat Insider 2024, qui classait la Thaïlande dans le top dix mondial des pays les plus attractifs pour les étrangers souhaitant s'installer.
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