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Les entreprises thaïlandaises chiffrent le coût réel de la corruption

Un sondage de la Fédération des industries thaïlandaises révèle que pour plus d'une entreprise sur deux, la corruption représente plus de 20% de leurs coûts d'exploitation.

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Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 2 avril 2026


 

Les promesses ne suffisent plus. Alors qu'Anutin Charnvirakul multiplie les ateliers sur la transparence et que la Thaïlande vient d'enregistrer son pire score anticorruption en dix-neuf ans, le secteur privé met des chiffres sur ce que les discours officiels peinent à reconnaître : la corruption est d’abord une question de finances. C'est ce que documente le CEO Poll n°49 de mars 2026 de la Fédération des industries thaïlandaises (FTI), qui a sondé 645 dirigeants à travers le pays. Pas moins de 85,7% d'entre eux estiment que le phénomène s'est aggravé. Seulement 2,5% osent dire le contraire.

 

La corruption pèse lourd dans les budgets

 

Pour plus d'une entreprise sur deux, la corruption représente plus de 20% des coûts d'exploitation (salaires, matériaux, fournisseurs, loyers). À peine 1% des dirigeants interrogés déclarent n'en subir aucun. Plus de six sur dix disent avoir personnellement été confrontés à des demandes de pots-de-vin. Ces chiffres font écho aux estimations de la Chambre de commerce thaïlandaise, qui évalue les pertes directes à au moins 500 milliards de bahts par an, soit environ 13 milliards d'euros.

 

La corruption opère à tous les niveaux

 

Les causes identifiées par les dirigeants sont structurelles : réseaux de faveurs entre élites, fonctionnaires disposant d'un trop grand pouvoir d'appréciation sur les dossiers et une justice dont l'application reste sélective. Sur le terrain, la corruption prend surtout la forme d'appels d'offres publics truqués (cahiers des charges rédigés sur mesure, ententes entre soumissionnaires) et de versements informels pour faire avancer des autorisations administratives.

 

Des solutions connues, mais une volonté à prouver

 

Les recommandations de la FTI ne brillent pas par leur originalité, ce qui, dans ce contexte, n'est pas un reproche. Réforme juridique, numérisation de l'administration pour limiter l'arbitraire des fonctionnaires, protection des lanceurs d'alerte : l'agenda est clair. La FTI affirme que le secteur privé est prêt à travailler avec le gouvernement pour avancer vers une économie plus transparente. La formule est polie. Les chiffres moins.

 

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