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En Thaïlande, le Thai Sang Thai Party mise sur la lutte anti-corruption pour exister

Dans une interview accordée au Bangkok Post, Khunying Sudarat Keyuraphan, dirigeante du Thai Sang Thai Party (TST), dévoile les grandes lignes de son programme politique, articulé autour d’une priorité centrale : la lutte contre la corruption.

Khunying Sudarat Keyuraphan, dirigeante du Thai Sang Thai Party (TST)Khunying Sudarat Keyuraphan, dirigeante du Thai Sang Thai Party (TST)
Khunying Sudarat Keyuraphan, dirigeante du Thai Sang Thai Party (TST)
Écrit par Célia SENNEGON
Publié le 21 janvier 2026


 

Pour mener son parti, Khunying Sudarat Keyuraphan s’appuie sur une solide expérience gouvernementale, acquise au sein de quatre ministères clés : les Transports, l’Intérieur, la Santé publique et l’Agriculture. Une trajectoire qui renforce sa crédibilité, alors qu’elle affirme rester convaincue qu’une gouvernance intègre peut produire des résultats économiques concrets, à condition que la corruption soit durablement démantelée. Un combat qu’elle entend placer au cœur des élections législatives prévues le 8 février 2026.

 

Faire de la lutte contre la corruption un levier économique

 

Dans un paysage politique dominé par quelques grandes formations, le Thai Sang Thai Party (TST) tente d’exister en mettant en avant un thème transversal et largement partagé par l’opinion publique thaïlandaise : la corruption. Pour Khunying Sudarat Keyuraphan, ce fléau dépasse le simple cadre moral. Il représente un frein majeur au développement économique et à la confiance des citoyens envers leurs institutions. Elle affirme ainsi que des centaines de milliards de bahts seraient perdus chaque année à cause de pratiques frauduleuses, des ressources qui pourraient pourtant être réinvesties dans les politiques publiques. « Cet argent pourrait aider les populations les plus pauvres, soutenir les petites activités économiques, renforcer l’économie et porter la croissance du PIB à 5 % par an », souligne-t-elle dans les colonnes du Bangkok Post.

Contrairement à d’autres partis qui abordent la question de manière générale, le TST défend une approche plus offensive. Khunying Sudarat Keyuraphan plaide pour un durcissement des sanctions à l’encontre des responsables politiques reconnus coupables de corruption, estimant que l’impunité actuelle nourrit la répétition des scandales. Selon elle, seule une réponse judiciaire ferme permettrait de restaurer la crédibilité de l’État.

 

Renforcer le rôle des citoyens 

 

Le parti mise également sur un renforcement du rôle des citoyens dans le contrôle de la vie politique. L’une des propositions avancées consiste à permettre à un nombre déterminé de signatures populaires de déclencher des procédures de destitution contre des élus ou des responsables institutionnels soupçonnés de corruption. Une mesure qui s’inscrit dans une volonté de démocratisation du pouvoir et de limitation des abus.

Enfin, le programme du TST insiste sur la nécessité de moderniser les outils de lutte contre la corruption. Sa dirigeante évoque notamment une meilleure exploitation des données publiques, un suivi renforcé des flux financiers et des mécanismes de transparence accrus afin de détecter plus rapidement les réseaux illicites. L’objectif affiché est de s’attaquer aux structures mêmes de la corruption, et non uniquement à ses conséquences visibles.

 

Un petit parti face à de grands enjeux

 

Cette stratégie anti-corruption se distingue car elle place le TST dans une posture d’alternative aux partis établis, souvent critiqués pour des scandales ou des promesses non tenues.

Alors que l’élection générale du 8 février 2026 approche, le combat de Khunying Sudarat Keyuraphat et de son parti illustre une tendance croissante en Thaïlande : les électeurs et les petites formations politiques tentent de réorienter le débat électoral vers la transparence et la responsabilité.

Si le TST parvient à transformer cette lutte anti-corruption en un message convaincant et mobilisateur, il pourrait jouer un rôle surprenant dans la recomposition politique du pays. Sinon, il restera l’un des nombreux petits partis qui, malgré des programmes ambitieux, peinent à émerger face à la domination des grandes formations traditionnelles.

 

 

Réinvestir dans l’éducation et soutenir les seniors

 

Au-delà de la lutte contre la corruption, le programme de Khunying Sudarat Keyuraphan accorde également une place importante aux politiques éducatives et au soutien aux personnes âgées, deux secteurs que la dirigeante du Thai Sang Thai Party estime directement pénalisés par les détournements de fonds publics. Selon elle, une gouvernance plus transparente permettrait de réinvestir durablement dans l’école et dans les services sociaux, aujourd’hui fragilisés par des inégalités d’accès et un manque de moyens.

Sur le volet éducatif, le TST défend une amélioration du financement des établissements publics, en particulier dans les zones rurales et défavorisées. Sa dirigeante insiste sur la nécessité de réduire les écarts entre les élèves, estimant que l’éducation constitue un levier essentiel pour lutter contre la pauvreté à long terme. Le parti plaide également pour une adaptation du système scolaire aux réalités économiques actuelles, afin de mieux préparer les jeunes à l’emploi et à l’innovation.

La question du vieillissement de la population occupe aussi une place centrale dans son programme. Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées en Thaïlande, elle appelle à un renforcement des aides sociales et des dispositifs de protection, notamment pour les seniors les plus précaires. Elle estime que les fonds récupérés grâce à une lutte efficace contre la corruption pourraient contribuer à améliorer les pensions et l’accès aux soins, permettant ainsi d’assurer des conditions de vie plus dignes aux personnes âgées.

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