Une princesse qui s’éteint, deux Ouïghours condamnés à mort, des mines birmanes qui polluent le Mékong, Thaksin libre et les prix du kérosène en feu : une semaine chargée vue par les médias français.


La « princesse Bha » s'en est allée
Le Figaro, Le Parisien, BFM et tous les autres médias annoncent tous la nouvelle en même temps, vendredi 12 juin au matin : la princesse Bajrakitiyabha Mahidol, fille aînée du roi Rama X, est morte le 11 juin dans la soirée, à l'âge de 47 ans. Elle était inconsciente depuis trois ans et demi, victime d'un malaise cardiaque survenu en décembre 2022 lors d'une session d'entraînement avec des chiens de l’armée.
Le Figaro rappelle la chronologie : en août 2025, le palais avait confirmé qu'elle souffrait d'une grave infection sanguine et dépendait d'appareils médicaux. Trois semaines avant son décès, un nouveau bulletin évoquait une infection devenue « incontrôlable ». BFM cite le bureau de la maison royale qui indique qu'elle s'est éteinte « paisiblement », et que ses funérailles auront lieu « avec les plus grands honneurs, conformément à la tradition royale ».
BFM rapporte la réaction du Premier ministre Anutin Charnvirakul qui a invité « tous les Thaïlandais à se joindre au deuil et à suivre son exemple comme source d'inspiration ».
Sa mort rouvre aussi la question de la succession. Rama X a sept enfants mais n'a désigné aucun héritier.
Princesse de la mode

Elle magazine consacre un portrait à la princesse Sirivannavari, autre fille de Rama X et figure montante de la scène mode internationale. À 38 ans, elle dirige depuis près de vingt ans sa propre maison, lancée en 2005 à l'âge de 18 ans, mêlant soies thaïlandaises, broderies et techniques ancestrales à un glamour résolument contemporain.
Elle est déjà connue en Asie, et elle s'impose désormais en Europe. Apparitions remarquées à Paris, elle a intégré le calendrier officiel de la Fashion Week de Milan en 2024, une première pour une marque thaïlandaise.
Le timing n'est pas anodin, le Musée des Arts Décoratifs de Paris accueille en ce moment une exposition intitulée « La Mode en majesté. Haute Couture et tradition à la cour de Thaïlande », avec près de 200 robes et accessoires de la royauté thaïlandaise. De quoi faire découvrir au public français une princesse déjà suivie par des centaines de milliers d'abonnés sur les réseaux sociaux.
Le poison des mines birmanes

Le Monde envoie un correspondant dans le nord de la Thaïlande et titre sur « le poison invisible des mines birmanes » qui menace le Mékong et ses riverains. Depuis l'hiver 2024-2025, la rivière Kok transporte de l'arsenic et des métaux lourds issus de l'extraction sauvage de minéraux critiques en Birmanie, alimentée par la demande mondiale en transition énergétique.
Un pêcheur de Thaton montre à l'envoyé spécial des marques rouges sur sa peau : « Je ne pêche plus dans la Kok, je me cantonne aux petits affluents. » Plus au nord, une riveraine témoigne : « On n'ose plus toucher l'eau, ça gratte et ça provoque des plaques rouges. » Une militante locale alerte : « Dans certains endroits, des arbres sont morts ou ne donnent plus de fruits. Le riz pousse mal. »
Une sprinteuse australienne meurt à Koh Samui

La Dépêche et d’autres médias relatent le décès de Jemma Stapleton, sprinteuse australienne de 25 ans, lors de vacances en famille à Koh Samui. Elle venait de fêter son anniversaire moins de deux semaines plus tôt. Selon le Bangkok Post relayé par La Dépêche, la jeune femme a perdu le contrôle de sa moto sous une pluie battante avant de percuter un véhicule.
Son frère Joel a confié à ABC : « Elle était ma meilleure amie et j'ai eu la chance de l'avoir à mes côtés pendant mes 21 premières années. Elle a toujours été là pour moi. » Son compagnon a écrit sur Instagram : « Je ne peux pas mettre de mots sur la douleur que je ressens. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée. »
Finaliste de la célèbre course Stawell Gift en 2025, Jemma Stapleton avait fait ses premiers pas dans l'athlétisme au sein du club Knox Little Athletics, qui a rendu hommage à « son grand talent, sa force de détermination et sa passion pour la course à pied ».
La junte birmane, entre Bangkok, Moscou et Pékin
France Culture décortique les soutiens extérieurs dont bénéficie la junte birmane pour tenir face aux groupes rebelles.
La Russie fournit des avions de combat et des drones. La Chine exploite des mines de tungstène et use de son influence pour contraindre certains groupes armés ethniques à cesser leurs opérations. L'armée birmane a réactivé une loi sur la conscription : cuisiniers, gardes-forestiers ont été enlevés et envoyés au front. Quatre déserteurs rencontrés par la BBC dans la jungle témoignent, « On nous a enrôlés bien malgré nous. Au nom de la loi sur la conscription, nous avons été recrutés de force. »
France Culture rappelle que le chef de la junte a récemment été reçu par les Premiers ministres indien et thaïlandais. Un anthropologue du CNRS interrogé par la radio l’explique, « les intérêts sont avant tout économiques. Le commerce transfrontalier entre la Birmanie et la Thaïlande est le plus important, en termes de volume et de revenus, pour la Thaïlande elle-même. » Il parle de « realpolitik », et d'un « rapport aux droits humains relativement flexible » de la part de gouvernements qui se rapprochent d'une junte qui massacre sa propre population.
Thaksin Shinawatra, définitivement libre

20 Minutes annonce que Thaksin Shinawatra a vu son bracelet électronique retiré ce 9 juin 2026. L'ancien Premier ministre thaïlandais, âgé de 76 ans, n'est désormais « plus soumis à aucune sanction pénale, surveillance ou autre condition », indique le Département pénitentiaire qui a remis au milliardaire « ses documents de libération officiels et son certificat de sortie ».
Il avait bénéficié d'une grâce royale le 3 juin, à l'occasion de l'anniversaire de la reine Suthida.
Condamné pour corruption et abus de pouvoir, il avait déjà été libéré sous condition en avril après huit mois de prison. 20 Minutes rappelle qu'il avait vécu plus de dix ans en exil avant de rentrer en Thaïlande en 2023. Son parti Pheu Thai, longtemps dominant, a reculé aux dernières élections en arrivant troisième. Selon des médias locaux, Thaksin Shinawatra pourrait prochainement se rendre à Dubaï.
Deux Ouïghours condamnés à mort

Courrier International et le Journal de Montréal reviennent sur la condamnation à mort prononcée le 11 juin 2026 contre deux hommes d'origine ouïghoure, Bilal Mohammed et Yusufu Mieraili, pour l'attentat du sanctuaire d'Erawan à Bangkok le 17 août 2015. L'explosion avait fait 20 morts et plus de 120 blessés, dont de nombreux touristes chinois. Courrier International rappelle que l'événement avait été « rapidement relayé par les correspondants des grands médias internationaux ».
L'un des juges a déclaré que « les accusés ont commis un acte unique correspondant à de multiples violations de la loi. Le tribunal a donc imposé la peine la plus sévère prévue par la législation, la peine de mort. » Les deux hommes, qui nient les faits depuis le début, ont annoncé faire appel. Le procès avait déjà pris plus d'une décennie, retardé par la pandémie et des difficultés à trouver des traducteurs. Selon les Nations unies, les deux condamnés auraient été victimes de mauvais traitements et de détention arbitraire.
La hausse du kérosène fait mal au trafic asiatique

Air Journal fait le point sur l'impact de la flambée du prix du carburant, liée à la guerre au Moyen-Orient, sur le transport aérien en Asie. En Thaïlande, Thai Airways, Thai Lion Air et Thai AirAsia ont annulé des dizaines de vols pour le deuxième et le troisième trimestre 2026. Des lignes vers New Delhi, Hong Kong, Sapporo, Changsha sont suspendues, certaines pendant quatre mois. Le directeur financier de Thai Airways a indiqué que la compagnie relevait ses tarifs « de 10 à 15 % ».
Au Japon, ANA explique que « la flambée des prix du kérosène liée à la crise au Moyen-Orient » ne lui laisse guère d'autre choix que de répercuter la hausse sur les billets. Les surcharges atteignent désormais 65.000 yens par réservation vers l'Europe, soit environ 350 euros, plus du double des niveaux du début du printemps. Les données de Cirium (spécialiste des données dans le monde de l’aviation) font état de plus de 43.000 vols annulés dans le monde depuis le début de la crise.










