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La Chambre de commerce thaïlandaise propose dix mesures d'urgence

Un plan de relance de l’économie en un à deux ans a été proposé, mercredi 10 juin 2026, au chef du gouvernement thaïlandais. Dix mesures d'urgence, avec l'énergie et le pouvoir d'achat pour priorités.

Représentants chambre de commerce thaï et premier ministreReprésentants chambre de commerce thaï et premier ministre
Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 11 juin 2026


 

Le secteur privé thaïlandais encaisse depuis des mois la flambée des coûts de l'énergie et de la logistique. Les PME, socle de l'économie, sont les premières touchées. L'énergie arrive d'ailleurs en tête de leurs préoccupations, citée par 79,2% des entreprises. C’est dans ce contexte que Poj Aramwattanannot est arrivé mercredi 10 juin 2026 à Government House avec une liste. Le président de la Chambre de commerce thaïlandaise en est reparti après l'avoir remise au Premier ministre Anutin Charnvirakul. Dix mesures d'urgence pour relancer l'économie en un à deux ans.

 

Les dix mesures

 

- Pouvoir d'achat. Relancer le « moitié-moitié » (Let's Go Halves Plus), un programme où l'État règle la moitié de la note chez les petits commerçants, pour faire circuler l'argent dans les provinces secondaires, aux frontières et pendant la basse saison touristique. Les plus fragiles seraient aidés via la carte sociale de l'État.

- Énergie et coût de la vie. Faire baisser carburant, électricité et gaz de cuisine, et revoir la formule du prix de l'essence. Aujourd'hui, le prix à la pompe suit un prix de référence international et toute une série de taxes et de prélèvements, pas le coût réel, et la Chambre voudrait l'inverse. Elle réclame aussi une surveillance stricte des produits de base contre les hausses opportunistes.

- PME et trésorerie. Ouvrir vite des prêts longue durée à taux bas, surtout pour les entreprises qui emploient beaucoup. Et assouplir les conditions de crédit des PME encore plombées par le Covid, y compris celles cataloguées mauvais payeurs, en jugeant leur activité d'aujourd'hui plutôt que leurs vieux impayés.

- Dette des ménages. L'endettement des particuliers atteint l'un des plus hauts niveaux d'Asie. La Chambre veut le rendre plus supportable pour les bas et moyens revenus, en étalant les remboursements, en les suspendant un temps et en baissant les taux, de quoi réduire le recours aux prêteurs informels.

- Marché intérieur. Mieux se défendre contre le dumping : vendre à perte pour tuer la concurrence locale, une pratique qui asphyxie l'industrie et les PME thaïlandaises. En miroir, pousser le « Thai Help Thai » et la préférence pour les produits du pays.

- Exportations. Aller chercher de nouveaux marchés et alléger les taxes sur les matières premières importées pour produire moins cher. Revoir aussi les accords de libre-échange jugés déséquilibrés, notamment pour empêcher les importations saisonnières de casser les prix agricoles.

- Agriculture. Stabiliser les prix en produisant selon la demande réelle plutôt qu'à l'aveugle, créer des variétés à plus forte valeur et faire baisser le coût des engrais et pesticides. Le paradoxe thaïlandais demeure : des paysans qui font vivre 30 millions de personnes mais vendent leur récolte à bas prix et paient leurs intrants au prix fort.

- Tourisme. Relancer la fréquentation, thaïlandaise comme étrangère, désengorger les grands aéroports et s'attaquer pour de bon au PM2.5, cette pollution aux particules fines qui ternit l'image du pays.

- Administration. Moins de paperasse et plus de démarches en ligne pour décrocher ses autorisations, plus de transparence et une vraie lutte anticorruption, afin de réduire les coûts cachés qui découragent les investisseurs.

  • Frontières et régions. Accélérer la relance des zones frontalières fragilisées par l'incertitude, surtout le long de la frontière avec le Cambodge, et diriger les investissements selon les forces de chaque région.

 

Au-delà de la liste

 

Le président de la Chambre n'en est pas resté à ces dix points. Il a réclamé un comité mixte public-privé, réparti en huit chantiers, de l'énergie à l'intelligence artificielle, pour traiter les problèmes au cas par cas. Il y a deux dossiers qui pressent. L'agriculture, déjà citée, pour laquelle le président de la Chambre défend une production guidée par la sécurité alimentaire. La main-d'œuvre ensuite, avec une demande de renouvellement rapide des permis des travailleurs étrangers, notamment cambodgiens et birmans, sans qui la pénurie deviendra critique.

Le patronat avait déjà remis un « livre blanc » le 24 novembre 2025 au Premier ministre Anutin Charnvirakul, à l'issue du 43e séminaire national des Chambres de commerce tenu à Songkhla. Quelques points ont depuis trouvé un écho, comme la guillotine réglementaire ou le chantier anticorruption, mais l'essentiel s'est perdu dans la campagne électorale et le changement de gouvernement.

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