Les discussions reprennent entre les chefs militaires thaïlandais et birmans, alors que la Thaïlande est critiquée pour avoir « embrassé un chef de guerre » en plein contexte de guerre civile.


Le chef militaire de Birmanie a rencontré le chef des forces de défense thaïlandaises ce jeudi 20 août 2026 à Bangkok. Le général Ukris Boontanondha, chef thaïlandais des forces de défense, a accueilli Ye Win Oo dans un hôtel de la capitale, où ils ont posé pour les médias aux côtés de leurs délégations respectives.
Cette visite s’est faite dans le cadre d’une campagne intensifiée visant à secouer le statut de paria de la Birmanie. Pour rappel, les derniers pourparlers militaires de haut niveau entre les deux pays avaient eu lieu en Birmanie en 2023, deux ans après le coup d’État, lorsque Min Aung Hlaing était à la tête de l’armée.
Les responsables thaïlandais ont déclaré que les discussions se sont principalement concentrées sur les moyens de renforcer la coopération en matière de sécurité à la frontière qui sépare les deux pays. Les 2.400 km partagés par les deux États sont en proie à une constante instabilité en raison de la guerre civile qui sévit côté birman.
Les généraux ont discuté des efforts conjoints pour lutter contre le commerce illicite de drogue, ainsi que la coopération militaire sur la lutte contre le terrorisme, le déploiement d’aide humanitaire et les secours en cas de catastrophe.
Ils ont également abordé des questions environnementales comme les feux de forêt et la contamination des rivières. Du côté de la Thaïlande, le général a présenté à son homologue des dispositifs de surveillance de la qualité de l’air, selon un communiqué de l’armée thaïlandaise.
Une rencontre qui dérange
Malgré les potentiels avancements qui pourraient découler de cette rencontre, le Conseil consultatif spécial pour la Birmanie, un groupe indépendant d'experts internationaux, ainsi que de nombreux internautes thaïlandais ont pointé du doigt la réunion entre les deux hommes.
Dans un communiqué, le groupe d’experts s’est exprimé ainsi : « En embrassant un chef de guerre, la Thaïlande a mis le feu à sa crédibilité ».
Malgré cela, le gouvernement thaïlandais soutient la nécessité d’une telle rencontre, eu égard à l’actualité à la frontière.
Pour rappel, le général Ye Win Oo est un ancien espion au pouvoir en Birmanie. Par le passé, il avait été sanctionné par plusieurs nations, dont les États-Unis, pour son rôle dans le coup d’État de 2021.
À ce stade, on estime que la guerre civile qui a suivi le coup d’État a fait plus de 100.000 morts au cours des cinq dernières années.
De plus, au début du mois d’août 2026, des enquêteurs des Nations unies ont déclaré que les chefs militaires de Ye Win Oo intensifiaient leurs attaques aériennes contre des cibles civiles.
A ce jour, la Thaïlande insiste sur le fait que la seule façon d’arranger la situation en Birmanie est d’engager un dialogue avec ses dirigeants actuels et de les persuader de s’engager dans des pourparlers avec leurs opposants.
Des discussions qui, à ce jour, n’ont pas encore officiellement débuté.












