Il y a quelques jours, en Thaïlande, 25 plaignants ont déposé une plainte collective pour des arnaques d’une valeur de plus de 5 millions de bahts. Le phénomène ne fait que s’amplifier.


L'escroquerie en ligne n'est plus un problème mineur en Thaïlande : elle s'est progressivement intégrée aux usages numériques du quotidien. Et ce mois d’août 2026 nous en apporte encore une preuve. Un garçon de 11 ans ayant déclaré avoir perdu plus d’un million de bahts (environ 26.000€), en achetant une carte Pokémon rare, fait partie des 25 victimes, au moins, qui ont récemment porté plainte collectivement.
Selon les victimes, un homme identifié uniquement sous le nom de « M. Mor », avait obtenu la confiance des collectionneurs et des commerçants de la communauté thaïlandaise en proposant d’acheter des cartes Pokémon rares et d’autres objets de collection de grande valeur à l’étranger.
Les victimes ont déclaré qu’il avait initialement livré des produits authentiques, ce qui lui a permis de gagner en crédibilité avant d’accepter des commandes plus importantes. Il a ensuite cessé de livrer les marchandises, utilisant l’excuse des problèmes liés aux douanes, à la fiscalité et à l’importation, avant de couper le contact et de fermer sa page commerciale Facebook.
L’affaire survient alors que le marché des cartes à collectionner en Thaïlande continue de se développer, certaines cartes rares et en édition limitée, attirant à la fois les collectionneurs et les investisseurs, y compris les jeunes.
Les réseaux sociaux, un terrain privilégié pour les escrocs
Les réseaux sociaux constituent un terrain particulièrement propice aux escroqueries en ligne, ciblant une communauté plus jeune. Les arnaques passent par de faux comptes et de fausses pages, de fausses publicités d’investissement, des ventes frauduleuses et même de l’usurpation d’identité. L’intelligence artificielle (IA) complique aussi la lutte contre les arnaques : les fraudeurs peuvent désormais recourir aux deepfakes (des contenus réalistes générés par l’IA), rendant certaines annonces encore plus difficiles à authentifier.
Selon un centre thaïlandais chargé de lutter contre les escroqueries en ligne et d’aider les victimes (AOC 1441), cité par The Nation le 9 août 2026, Facebook représentait plus de 61% des cas d’arnaques recensés au premier semestre 2026.
Dans l’affaire Pokémon, les 25 victimes qui se sont manifestées déclarent des pertes totales dépassant 5 millions de bahts (130.00 €). Beaucoup sont de jeunes collectionneurs qui achètent et vendent des cartes comme passe-temps ou source de revenus, à l’image de ce jeune garçon de 11 ans.
Un collectionneur de 22 ans a déclaré avoir perdu plus de 100.000 bahts (2.600 €) après avoir acheté plusieurs cartes de grande valeur, certaines coûtant environ 60.000 bahts (1.600 €) chacune. Il a expliqué que les transactions précédentes avaient été rentables et qu’il n’avait donc pas de raison de soupçonner le vendeur.
Un phénomène récurrent et préoccupant en Thaïlande
L’Anti-Cyber Scam Center (ACSC), une structure de la police thaïlandaise luttant contre les arnaques en ligne, suit le phénomène de manière hebdomadaire et les autorités thaïlandaises identifient des tendances récurrentes. Les fraudes liées aux biens et services restent une catégorie dominante. Certaines méthodes, comme l'usurpation de l'identité de policiers ou de membres des autorités publiques, constituent également une menace persistante.
Entre le 9 et le 15 août 2026, l’ACSC a enregistré 6.060 plaintes, représentant environ 260 millions de bahts (environ 6 millions d’euros) de pertes.
D’après les données de l’ACSC classant les provinces thaïlandaises, Bangkok arrive en tête avec 138 cas et 63,3 millions de bahts de pertes (1,64 million d’euros). Les femmes et jeunes adultes (21-30 ans) figurent parmi les catégories les plus exposées.
Sur les six premiers mois de l’année 2026, la Thaïlande a enregistré plus de 170.000 affaires de fraude en ligne, pour des pertes approchant 9 milliards de bahts (environ 234 millions d’euros).












