Rachel Touitou : " Je souhaite que la France rayonne sur les questions d'éthiques"

Par Anne-Claire Voss | Publié le 22/05/2022 à 18:00 | Mis à jour le 23/05/2022 à 20:03
lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger. Rachel Touitou, candidate du Parti animaliste à la 8e circonscription, nous a répondu

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne et du 5 et 19  juin 2022 pour la 8e circonscription), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger. Rachel Touitou, candidate du Parti animaliste à la 8e circonscription, a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Depuis très jeune, je suis sensibilisée à la question de la souffrance animale pour des raisons d’éthique. En France, je me suis engagée dans des actions de terrain aux côtés d’associations telles que PETA France et l’association Stéphane Lamart sur divers sujets que la condition des animaux dits de boucherie, les animaux de compagnie et les corridas. J’ai aussi agi de manière indépendante en faveur des stérilisations de chats errants en Israël, où je vis actuellement et qui fait partie de la 8ème circonscription.

Bien que le travail associatif soit d’une importance capitale, je me suis rendue compte que leurs efforts incommensurables consistaient à combler un manque au niveau législatif et résultent de lois lacunaires ou inexistantes sur la protection des animaux et de l’environnement. Tant qu’il n‎’y aura pas d’avancées sur le plan législatif, les associations seront dépassées et se heurteront à des obstacles importants pour faire progresser la condition animale.

Je pense donc que ma candidature en tant que représentante du Parti animiste dans cette circonscription peut contribuer à faire avancer ces sujets au sein de l’Assemblée nationale.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Je suis venue m’installer en Israël il y a près de 10 ans, je suis insérée sur le plan professionnel et je côtoie des personnes venant de l’étranger, et en particulier de France. Même en vivant hors de France, je reste très attachée à mes racines et souhaite que la France rayonne et soit un pays avant-gardiste sur les questions éthiques qui touchent notre société.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Comme la plupart des Français vivant à l’étranger, je me suis heurtée à de nombreuses difficultés et défis; d’abord l’intégration dans un pays avec une langue et une culture différentes, avec tout ce que cela implique comme la difficile compréhension des démarches administratives, les documents à signer dans une langue étrangère, la question des équivalences de diplômes, les décalages culturels au quotidien mais aussi, et je dirais surtout, les interrogations sur la société que l’on veut léguer aux prochaines générations, car aujourd’hui il y a urgence.

 

Comme 84% des Français je considère la cause animale comme une « cause importante » (IFOP, 2021) et comme 24% des Français vivant à l’étranger (consultation effectuée en mars 2022 par l’association Français du monde-ADFE) je considère le dérèglement climatique comme une question préoccupante. Or, je constate l’inertie des gouvernements sur les questions environnementales et celles du bien-être animal. J’ajouterais que ces questions-là, interdépendantes, sont aussi intrinsèquement liées au destin de l’homme.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Le quotidien du député est marqué par des rencontres avec les concitoyens de sa circonscription, il répond aux sollicitations diverses, se déplace sur le terrain et fait remonter les préoccupations au plus haut niveau de l’État.

 

A l’Assemblée nationale, le député participe au travail législatif et au travail de contrôle du Gouvernement. Durant son mandat, le député, bien qu’élu par les électeurs de sa circonscription, exerce un mandat national et doit servir l’intérêt général. Le député a plusieurs compétences telles que voter la loi, déposer des propositions de loi et proposer des amendements, il peut aussi saisir le Conseil constitutionnel après le vote d’une loi. Enfin il peut interroger le Gouvernement au titre du contrôle.

 

Ce travail législatif est primordial pour permettre des avancées concrètes et efficaces sur le droit des animaux, mais il faut rappeler que la question animale affecte de nombreuses autres thématiques comme l’environnement, la souveraineté alimentaire de la France, la solidarité internationale, l’économie, l’emploi, la santé, l’éducation et la sécurité.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Les Français·es de la 8ème circonscription ont, outre les préoccupations spécifiques au fait d’être installés à l’étranger, les mêmes attentes que les Français·es de France sur les grands thèmes de société : le changement climatique, la souveraineté alimentaire, les pandémies, la stabilité et la sécurité, et la croissance économique.

Sur beaucoup de points, les mesures du Parti animaliste rejoignent ces sujets de manière directe ou indirecte.

 

L'élevage étant responsable à lui seul de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, lutter contre la souffrance animale apportera nécessairement des réussites dans la lutte contre le changement climatique. L'exploitation des animaux engendre également des pollutions (des eaux, des sols...) qui pourront être amoindries par de nouvelles lois.

De plus, nous sortons d’une pandémie COVID inédite qui a révélé au grand jour le rôle accablant des élevages industriels comme sources d’épizooties favorisant les risques de transmissions aux humains et donc de zoonoses.

Je voudrais aussi mentionner les préoccupations des Français liées à l’insécurité, or, de nombreuses études démontrent une corrélation très forte entre les violences faites aux animaux et celles faites aux hommes (Conférence d’Oxford, 2007). En protégeant les animaux, nous nous protégeons nous-mêmes.

Ainsi, le parti animaliste, dans son programme, répond, en grande partie, aux attentes des Français de l’étranger.

Voter pour le Parti animaliste c’est non seulement voter par conviction mais c’est aussi voter utile, en effet, je souhaite rappeler que le score au premier tour des législatives détermine le financement public des partis politiques, et que pour cela, chaque voix compte ! Avec plus de financement, le Parti animaliste pourra faire avancer les questions éthiques touchant aux animaux dans le champ politique à l’avenir.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Le Parti animaliste a fait le choix d’un financement de campagne à 0 EUR pour les candidats aux législatives, pour simplifier les démarches administratives et éviter des erreurs pénalisantes envers le contrôle des comptes de campagne. En effet, avec plus de 400 candidats investis, le travail du bureau du Parti animaliste est donc énorme. Étant un petit parti, celui-ci n’a pas encore les ressources pour gérer les comptes de campagne pour autant de candidats.

Ma campagne consiste donc essentiellement en des entretiens avec les médias francophones de la circonscription et à communiquer via les réseaux sociaux.

J’ai l’honneur de bénéficier de la mobilisation de beaucoup de personnes méconnues du grand public, mais très engagées. J’ai aussi le soutien d’Arie Avidor, ancien ambassadeur d’Israël au Sénégal, au Nigeria et au Conseil de l’Europe.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

Si je suis élue, mes efforts s’orienteront en faveur de l’intérêt général et pas seulement ceux des Français de ma circonscription.

Mes axes principaux de travail seront d’étudier les dossiers en cours, d’aller à la rencontre des citoyens, des associations, d’écouter leurs préoccupations et leurs attentes d’une part et de remplir ma mission de législation d’autre part.

En tant qu’élue du Parti animaliste, mon objectif sera de mener à bien la mise en œuvre de son programme, en débattant avec les autres députés, en participant aux commissions et en prenant part aux votes sur des amendements et des propositions de lois.

De plus, bien que le programme du Parti animaliste soit motivé par le bien-être des animaux, il aborde la majorité des questions de société traitées par la loi : le climat, la santé, l’éducation, la recherche, la souveraineté alimentaire, l’indépendance énergétique, la solidarité internationale, la violence sociale, la justice, etc.

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

Après 9 ans à l’Assemblée nationale, le député sortant, Meyer Habib, n’a pas démontré d’engagement fort et constant sur les questions éthiques touchant bien-être animal et s’est même prononcé contre plusieurs mesures en faveur de ces derniers.

 

En effet, en 2014, il s’est prononcé pour une proposition de loi visant à supprimer les contrôles inopinés dans les élevages.

En 2018, il n'a participé à aucun scrutin public sur les amendements défendant la condition animale. 

En 2020 et en 2021, il s’est prononcé contre la fin des delphinariums.

En 2021, il n’a participé à aucun des 17 scrutins publics portant sur la proposition de loi « Lutte contre la maltraitance animale ».

 

Il ne s’est pas non plus prononcé sur beaucoup de sujets environnementaux qui sont pourtant étroitement liés tant au bien-être animal que celui de l’homme.

En 2017, il s'est abstenu sur l'ensemble du projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels et portant diverses dispositions relatives à l'environnement.

En 2019, il n'a pas voté sur l'ensemble du projet de loi portant création de l'Office français de la biodiversité, modifiant les missions des fédérations des chasseurs et renforçant la police de l'environnement. 

En 2021, il a voté contre l'ensemble du projet de loi constitutionnelle relatif à la préservation de l'environnement.

Anne-Claire Voss

Anne-Claire Voss

Diplômée d'un Bachelor en Management et médiation culturelle à l'ICART (Paris), elle décide de réaliser un Master en journalisme à l'ISFJ (Paris) et de se former avec notre rédaction.
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