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Israël reprend ses frappes meurtrières à Gaza, confirme la mort de cinq otages

Fin de la trêve à Gaza vendredi, avec reprise des hostilités entre Israël et le Hamas. Benjamin Netanyahu accuse le Hamas, mettant fin à l'accord expiré le 24 novembre. Appels internationaux pour mettre fin aux hostilités et préoccupations humanitaires persistent.

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Écrit par AFP
Publié le 1 décembre 2023, mis à jour le 15 décembre 2023

L'armée israélienne a repris vendredi ses bombardements intenses dans la bande de Gaza qui ont fait près de 200 morts selon le Hamas, à l'expiration d'une semaine de trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien.

Elle a en outre confirmé la mort de cinq otages captifs à dans la bande de Gaza, en donnant leurs noms, ajoutant avoir "informé les familles de leur décès".

L'armée israélienne a dit avoir frappé "plus de 200 cibles terroristes" à Gaza, dont des zones "piégées par des explosifs, des tunnels utilisés à des fins terroristes, des rampes de lancement (de roquettes) et des centres de commandement" du Hamas.

Le ministère de la Santé du Hamas au pouvoir dans le territoire palestinien assiégé a fait état de plus de 178 morts dans ces bombardements par air, mer et terre à Gaza, d'où s'élèvent d'épais nuages de fumée.

Les belligérants se renvoient la responsabilité de la fin de la trêve, qui a permis la libération d'une centaine d'otages en échange de la libération de 240 prisonniers palestiniens ainsi que l'entrée de plus d'aides humanitaires dans Gaza.

Le Hamas a dit avoir "proposé un échange de prisonniers et de personnes âgées" parmi les otages, ainsi que la remise à Israël des corps d'otages israéliens "morts dans les bombardements israéliens".

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le mouvement islamiste d'avoir "violé l'accord" et "tiré des roquettes" vers Israël.

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Son gouvernement a promis au Hamas "la pire des raclées" et s'est dit déterminé à "libérer tous les otages, éliminer le mouvement islamiste et garantir que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour les habitants d'Israël".

- "Attaques dures" -

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Tôt vendredi, l'armée israélienne a envoyé des messages sur les téléphones des habitants dans des quartiers de la ville de Gaza (nord), ainsi que des villages bordant la frontière avec Israël dans le sud, les appelant à "partir immédiatement" avant des "attaques militaires dures".

Signe d'une trêve qui devenait de plus en plus précaire, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, a revendiqué une attaque jeudi à Jérusalem qui tué quatre Israéliens.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par le Hamas en Israël le 7 octobre, qui a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël a mené des bombardements dévastateurs contre le territoire palestinien et lancé le 27 octobre une offensive terrestre. D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont plus de 6.150 de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes depuis le 7 octobre.

A la frontière nord d'Israël, les échanges de tirs ont repris entre l'armée israélienne et le mouvement libanais Hezbollah, un allié du Hamas. Le Hezbollah a déploré la mort de deux de ses membres dans des bombardements israéliens dans le sud du Liban, où un civil a également été tué. Le Hezbollah a revendiqué des attaques contre Israël.

- "A tous, à notre pays" -

Après la libération au total de 110 otages depuis le début du conflit, dont 105 pendant la trêve, en majorité des femmes et des mineurs, il reste 136 otages à Gaza aux mains du Hamas et d'autres groupes affiliés, ont indiqué les autorités israéliennes.

Vendredi, des parents et des soutiens des otages se sont rassemblés sur une place de Tel-Aviv, désormais connue comme la Place des Otages, avec des rouleaux de la Torah, représentant le nombre d'otages restant aux mains du Hamas ou de groupes affiliés à Gaza.

L'expiration de ce cessez-le-feu éphémère est un coup dur pour eux. "On nous a fait entrevoir une chance que les gens sortent, nous rejoignent et reprennent leur vie d'avant", a témoigné, ému, Ilan Zecharya, l'oncle de l'otage Eden Yerushalmi, âgée d'une vingtaine d'années.

"A tous, à notre pays, nous demandons un nouveau dispositif" pour la "libération de tout le monde", a-t-il imploré.

Au lendemain d'une visite en Israël, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a dit que les Etats-Unis, principaux alliés d'Israël, restaient "focalisés" sur la libération des otages, la Maison Blanche assurant en parallèle que Washington "continue à travailler" en vue d'une trêve humanitaire.

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Selon une source informée des tractations, les négociations se poursuivent par ailleurs avec les médiateurs qatari et égyptien.

Le Qatar a exhorté la communauté internationale à agir, affirmant que la reprise des bombardements "exacerbe la catastrophe humanitaire" à Gaza.

De son côté, l'Egypte a condamné "la reprise des violents bombardements israéliens contre Gaza", et enjoint "les parties internationales concernées à assumer leurs responsabilités pour mettre un terme aux tentatives visant à pousser les Palestiniens à l'exode hors de leur pays".

Le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Robert Mardini, a quant à lui décrié une reprise de la guerre qui replonge Gaza dans un "cauchemar".

- "Des êtres humains!" -

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La trêve avait offert un répit aux habitants de Gaza et permis une accélération de l'aide humanitaire, mais ce flot, pourtant qualifié de très insuffisant par l'ONU, s'est désormais tari.

"Aucun camion d'aide n'est entré depuis la reprise des bombardements israéliens mais des préparatifs sont en cours pour l'évacuation de plusieurs blessés" a affirmé à l'AFP Waël Abou Omar, chef de la communication du terminal de Rafah (sud), point de passage entre Gaza et l'Egypte.

Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis plus de 15 ans et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.

La situation sanitaire se détériore, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrivant 111.000 cas d'infection respiratoire aiguë et de 36.000 cas de diarrhée chez des enfants de moins de cinq ans parmi les déplacés à Gaza.

Ces derniers sont 1,7 million d'après l'ONU, et plus de la moitié des logements du territoire ont été endommagés ou détruits.

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"Il y a des bombardements partout, nous n'avons ni nourriture, ni eau, ni vêtements. Les magasins sont vides, il fait froid, le poste-frontière est fermé" avec l'Egypte, se désespère Marwa Saleh, 47 ans, arrivée à Khan Younès (sud) après avoir été déplacée de la ville de Gaza (nord).

"Quand est-ce que le monde va nous voir comme des êtres humains?! Ma famille et moi, on est des civils, on n'a rien à voir avec cette guerre", se désole-t-elle auprès de l'AFP.

"Nous demandons un cessez-le-feu. Nous avons peur pour nos enfants", a imploré Abdel Karim Hamdane, un habitant de Gaza.

- "Continuer à nous battre" -

En Israël, des sirènes d'alerte aux tirs de roquettes ont retenti près de la bande de Gaza et dans le centre du pays.

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Les Brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont déclaré dans un communiqué avoir lancé "un barrage de roquettes intense" sur Tel-Aviv, Ashdod, Ashkelon et Jérusalem. Un journaliste de l'AFP à Sdérot (sud) a dit avoir vu beaucoup de tirs depuis le nord de Gaza.

Face à la menace de roquettes, les autorités israéliennes ont réinstauré l'interdiction aux écoles d'ouvrir si elles ne disposent pas d'un abri aux normes.

A Tel-Aviv, des habitants ont jugé nécessaire de reprendre l'offensive à Gaza.

"Tant que le Hamas est là, nous devons continuer à nous battre", a déclaré Ofir Dardary, 39 ans.

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