Les Israéliens ont commencé à voter mardi pour les premières élections législatives depuis le 7-Octobre, un scrutin serré aux allures de référendum pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un pays fracturé.


Ces élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.
Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que M. Netanyahu multiplie de nouveau les menaces contre l'Iran au risque d'aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
Selon les derniers sondages, la coalition de droite et d'extrême droite de M. Netanyahu et le bloc principal de l'opposition emmené par un ancien chef de l'armée, le centriste Gadi Eisenkot, sont au coude-à-coude. Mais aucun des deux camps ne semble en mesure de décrocher la majorité des 61 sièges à la Knesset, ce qui augure de longues tractations à l'issue du scrutin.
Urielle Brandler, qui travaille dans l'immobilier à Jérusalem, se dit "très, très stressée". "C'est l'une des élections les plus importantes de l'histoire" d'Israël, estime cette femme de 58 ans, qui espère "un changement pour le mieux, dans tous les domaines".
Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT, ont constaté des journalistes de l'AFP, et doivent fermer à 20H00 GMT. Les principales chaînes de télévision publieront des projections immédiatement après, en attendant les résultats officiels dans les jours suivants.
Quelque 7,3 millions d'Israéliens sont appelés aux urnes et les médias israéliens anticipent un taux de participation très élevé, à la mesure des enjeux du scrutin.
Des dizaines de milliers d'expatriés sont ainsi revenus au pays pour voter, et la minorité arabe israélienne, qui constitue 20 % de la population et se dit discriminée comme jamais, est poussée par un vent puissant de dégagisme.
- Poids du 7-Octobre -
Signe de la polarisation extrême de la société israélienne depuis le 7 Octobre 2023, les deux blocs présentent ces élections comme existentielles, mais pour des raisons différentes.
M. Netanyahu, 77 ans dont 19 à la tête du gouvernement, soit plus qu'aucun de ses prédécesseurs, a cherché à convaincre qu'il restait le mieux placé pour assurer la sécurité d'Israël malgré l'échec du 7-Octobre, en mettant en avant les coups portés au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban.
Il a aussi promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, tandis que ses ministres d'extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont présenté des plans pour expulser les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.
Zipporah Bennett, une retraitée de 85 ans vivant à Jérusalem, dit qu'elle votera pour M. Netanyahu, car "il n'a pas peur de prendre des initiatives" et parce qu'il a "l'appui du gouvernement américain", une référence au soutien apporté la semaine dernière par Donald Trump.
Pour ses opposants, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que M. Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n'a eu de cesse de s'en prendre au pouvoir judiciaire.
Ancien chef d'état-major, M. Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l'actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".
Son camp, qui compte les ex-Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, ou encore les politiciens chevronnés Avigdor Liberman et Yaïr Golan, a notamment promis de créer une commission d'enquête pour établir les responsabilités dans les défaillances ayant conduit au 7-Octobre.
Or Horning, 39 ans et travaillant dans la tech à Tel-Aviv, espère tourner la page "des guerres, des attaques terroristes, de tous ces traumatismes, du plus grand scandale sécuritaire de l'histoire d'Israël" le 7 octobre 2023.
"On mérite d'avoir un pays qui (...) n'est pas détesté par le monde entier et qui prend soin de ses citoyens. Ce n'est pas le cas actuellement", dit-il.







