

A la veille du lancement de la semaine 'So French So Good', le petitjournal.com/telaviv s'est intéressé au chef cuisinier de l'Ambassade de France en Israël qui devra préparer un diner de? chef.
Le chef Thibault Bera ? Photo : Ambassade de France en Israël
Après un baccalauréat technologique hôtellerie-restauration, Thibault entame un BTS hôtellerie dans le nord de la France suivi d'une licence à Angers. "J'ai été indépendant assez rapidement" raconte-t-il. "J'ai voulu partir à l'étranger pour découvrir des nouvelles cultures, d'autres savoir-faire." C'est alors qu'il part six mois au Brésil pour être le chef d'un restaurant gastronomique d'une quarantaine de couverts dans une université de Médecine. Puis vient son arrivée en Israël. "Je n'avais que 21 ans, il fallait vraiment que je fasse mes preuves."
Trois années ont passé depuis. "Avant de venir, je n'avais aucune connaissance de la culture culinaire israélienne, mais il a fallu que je m'intègre car j'aime raconter des histoires autour de mes plats, je dois donc pour cela, apprendre à connaître le pays et sa culture." . Le chef Bera s'est notamment adapté aux règles de la cacherout, "même si la plupart du temps, je n'ai pas trop d'obligations dans ce sens à la résidence" avoue-t-il. "Ce n'est pas compliqué si on est ouvert d'esprit, bien au contraire ! Je prends un réel plaisir, cela me permet de m'amuser plus avec les légumes, les poissons, ca change !".
"J'ai une grande liberté ici, on me fait confiance. Je fais ce que je veux, quand je veux, ce sont des conditions de travail très agréables" reconnaît-il.
Une semaine pour faire plaisir aux gens
L'idée de la semaine de la gastronomie ne date pas d'hier. "J'avais déjà parlé de ce projet à mon arrivée, c'est donc un vrai bonheur de le voir aboutir."
"L'objectif de cette semaine est d'ouvrir les portes d'Israël, de montrer aux français qu'ici il y a des bons produits et un savoir-faire qui commence à évoluer".
Thibault Bera a tout de même fait venir quelques produits pour organiser le diner de clôture de cette semaine "So French So Good".
"Des pigeons, du foie gras, des Trompettes de la mort, de la truffe, du choux Romanesco, car tous ces produits sont inexistants en Israël."
Ce diner réunira les chefs français ainsi que les chefs israéliens qui auront ?uvré durant toute cette semaine. Un vrai challenge donc pour le jeune chef qui servira des plats à des grands noms de la gastronomie française et notamment un de ses anciens professeurs, Christophe Dovergne, aujourd'hui membre de l'Académie Culinaire de France. "Je suis plutôt serein concernant ce diner, dès que je suis dans ma cuisine, avec mes commandes dans les frigos, alors je me sens bien. Je sais ce qui sortira de ma cuisine, tout est déjà dans ma tête."
Ce diner comptera 120 personnes et 7 plats y seront servis. "Cela demande trois jours de travail, et l'équipe va être renforcée" précise Thibault Bera. C'est avec l'aide de son ami Gilad Peled, chef israélien formé en Europe que ce menu a été confectionné. "Nous avons essayé de donner, tout en respectant la saison, un beau panel de produits français, pour les chefs israéliens qui seront présents notamment. L'objectif de ce diner est aussi de remercier les chefs français qui auront pris une semaine de leur temps pour venir en Israël. Ce sont des vrais passionnés qui veulent faire découvrir les produits français mais qui ont aussi envie d'apprendre."
Une belle expérience donc pour ce chef de 24 ans à l'aube d'une carrière prometteuse. Après plusieurs années passées en Israël, Thibault observe une évolution. "Je qualifierais la cuisine israélienne d'évolutive, il y a trois ans, on ne trouvait pas autant de produits qu'aujourd'hui, certains produits comme la betterave jaune ont fait leur apparition. Disons que les israéliens sont encore en train de se chercher".
Quant à la suite de sa carrière, Thibault a encore envie de voyager. "Je reste ici jusqu'à la fin de l'année. Ensuite, je souhaiterais partir à la découverte de l'Asie avant de rentrer ensuite en Europe."
Antoine RIPAUD (lepetitjournal.com/telaviv) Dimanche 3 février 2013







