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Suède : dynastie de tennismen #3 : quand Söderling a fait tomber Nadal

Par Kristen Collie | Publié le 01/06/2018 à 07:00 | Mis à jour le 01/06/2018 à 10:33
Photo : Robin Söderling a commis un crime de lèse-majesté et choqué la planète tennis en battant le quadruple tenant du titre, Rafael Nadal, lors de l’édition 2009 de Roland-Garros. ©Gianni Ciaccia
Söderling, Nadal, Roland Garros

A l’occasion du mythique tournoi de Roland-Garros (28 mai – 10 juin), la rédaction du Petit Journal Stockholm se penche sur la relation particulière de la Suède avec la balle jaune, sous plusieurs volets, des temps glorieux des Björn Borg, Stefan Edberg ou autre Mats Wilander, au contraste actuel.

Episode I : Björn Borg, la légende

Episode II : Wilander-Edberg, les héritiers

Episode III : Le jour où Söderling a fait tomber le roi Nadal

Séisme sur la planète tennis ! Le huitième de finale de l’édition 2009 de Roland-Garros entre le suédois Robin Söderling et le maître incontesté des lieux Rafael Nadal, constitue l’une des plus grandes surprises de l’ère moderne. Un moment irrationnel, hors du temps qui a fait entrer ce match et le suédois dans la légende.

Tie-break, quatrième set. Le suédois s’envole pour mener 6-1 et s’octroyer 5 balles de match. En face de lui, un Nadal dépassé par la puissance du 25ème mondial et il est vrai quelque peu diminué physiquement. L’échange et long, intense, et Nadal, de son coup droit "lasso", parvient à sauver la première balle de match. Un court moment de répit avant que Söderling ne réalise l’improbable en ponctuant ce formidable combat d’un passing du revers. Le règne de Nadal porte d’Auteuil vient de prendre fin. 6-2 6-7 6-4 7-6. Quatre sets dans la légende et un nom qui hantera à jamais la mémoire de l’espagnol : celui de Robin Söderling.

Résumé de ce match légendaire :

 

"Il fallait bien que ça arrive un jour"

Nous sommes le 31 mai 2009 sur le court Philippe Chatrier. Quadruple tenant du titre, invaincu depuis 2005 sur la terre-battue parisienne, rien ne prédestinait la chute du roi Rafael Nadal, souverain n°1 mondial. En face de lui, un Robin Söderling en pleine éclosion, 25ème mondial, et réputé pour sa puissance de feu. En quatre sets, le suédois va déjouer tous les pronostics et provoquer l’une des plus grandes surprises sportives de l’ère moderne. Tel un crime de lèse-majesté, il fait chuter l’incontesté maître des lieux.

 

Vainqueur de Rafael Nadal, le suédois a lui-même eu du mal à réaliser la portée de son exploit. ©Ryan Pierse
Vainqueur de Rafael Nadal, le suédois a lui-même eu du mal à réaliser la portée de son exploit. ©Ryan Pierse

 

Assommé par les coups de parpaings d’un Söderling sublimé, l’espagnol ne peut que constater les dégâts. "Il fallait bien que ça arrive un jour", philosophe-t-il lors de la conférence de presse d’après-match. "Je sais qu'il peut être dangereux. Ce n'est pas son jeu qui m'a surpris, c'est plutôt le mien. Je n'ai pas joué mon meilleur tennis, je n'ai même pas joué mon tennis du tout". Le suédois quant à lui peine à y croire : "Sur le coup, c’était très étrange. Il m’a fallu un peu de temps pour manifester ma joie. Je crois que je regardais le tableau d’affichage pour voir si le match était réellement terminé. Et ensuite, j’ai agité les mains en me disant : "Non, non, non, ça n’est pas vrai. Ça ne peut pas être vrai".

 

Les deux joueurs se sont retrouvés en 2010, en finale cette fois-ci, où Nadal a pu prendre sa revanche sur son éternel bourreau. ©Julien Finney
Les deux joueurs se sont retrouvés en 2010, en finale cette fois-ci, où Nadal a pu prendre sa revanche sur son éternel bourreau. ©Julien Finney

 

Un exploit non sans lendemain

Il est difficile de revenir sur terre (battue) après un tel exploit. Pour Söderling, ce fut tout le contraire. Stoïque, pragmatique quant à cette victoire, il n’a alors qu’un objectif : devenir calife à la place du calife. En quart, il explose le russe Davydenko, tête de série numéro 10, en trois sets. La demie est plus compliquée face au chilien Fernando Gonzalez qu’il parvient cependant à battre en 5 sets. Il devient alors le premier suédois depuis Thomas Johansson, vainqueur de l’Australian Open en 2002 à atteindre la finale d’un tournoi du Grand Chelem. Opposé à la légende Roger Federer, en quête du seul titre en Grand Chelem qu’il n’a pas remporté, le parcours idyllique de Söderling prend fin, sèchement battu par le suisse en 3 sets.

"Forcément, on me parle tout le temps de ce match, dit-il, et c’est agréable, évidemment, mais j’aimerais bien qu’on se souvienne de moi pour autre chose, parce que même si c’était une belle victoire, ce n’est qu’un seul match".

Le dernier grand joueur suédois

Finaliste à nouveau l’année suivante à Roland Garros, Robin Söderling retrouve un certain Rafa Nadal en finale. Cette fois, l’espagnol prend sa revanche sur son bourreau et remporte son 5ème titre porte d’Auteuil (5 autres suivront avec la célèbre décima en 2017). Deux fois finalistes en Grand-Chelem, le suédois atteint son meilleur classement cette même année (4ème) et remporte le Masters de Paris-Bercy. La saison 2010 symbolise alors l’apogée de sa carrière et l’avenir semble d’autant plus prometteur. Beaucoup voit en lui un potentiel vainqueur de Grand Chelem et tout le peuple suédois, nostalgique des années 70-80 des Borg, Wilander ou Edberg vibre au rythme de ses rafales en coup droit. Triste épilogue, il contracte une mononucléose en 2011 et ne parviendra plus à définitivement revenir sur les courts. Après une longue convalescence, il décide à contrecœur de prendre sa retraite sportive en 2015, à l’âge de 31 ans.

 

Eloigné des courts, Robin Söderling entraîne désormais le jeune Elias Ymer, le joueur le plus prometteur du Royaume suédois. ©ATP World Tour
Eloigné des courts, Robin Söderling entraîne désormais le jeune Elias Ymer, le joueur le plus prometteur du Royaume suédois. ©ATP World Tour

 

Faute de successeur, Robin Söderling reste à ce jour le dernier grand joueur suédois. La relève tarde à venir depuis 2010 mais l’émergence des frères Ymer, dont Robin est l’entraîneur de l’aîné, Elias, pourrait prolonger cette dynastie de tennismen suédois.

Prochain épisode : de l’âge d’or aux abîmes

Kristen Collie, 1er juin 2018

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Kristen Collie

Kristen Collie

Franco-britannique diplômé d’un Master en Histoire sciences et techniques et étudiant en Master de journalisme sportif à l’Ecole du journalisme de Nice. Féru d'Histoire, de sports et de Scandinavie.
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