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Suède : une dynastie de tennismen #2 : Wilander-Edberg, les héritiers

Par Kristen Collie | Publié le 30/05/2018 à 07:00 | Mis à jour le 30/05/2018 à 09:51
Photo : Le légende Björn Borg, fondateur de la glorieuse dynastie des tennismen suédois, entouré de ses héritiers Stefan Edberg (à gauche) et Mats Wilander (à droite). ©USA Today
Björn Borg, Mats Wilander, Stefan Edberg

A l’occasion du mythique tournoi de Roland-Garros (28 mai – 10 juin), la rédaction du Petit Journal Stockholm se penche sur la relation particulière de la Suède avec la balle jaune, sous plusieurs volets, des temps glorieux des Björn Borg, Stefan Edberg ou autre Mats Wilander, au contraste actuel.

Episode I : Björn Borg, la légende

Episode II : Wilander-Edberg, les héritiers

Exsangue de la légende Björn Borg, jeune retraité sportif à l’âge de 26 ans en 1983, on pouvait craindre le pire pour le tennis suédois. Comme une montée au filet à contretemps, il n’en fut rien et grâce à l’éclosion des héritiers Mats Wilander et Stefan Edberg, les années 80 et la période post-Borg vont devenir paradoxalement l’âge d’or du tennis suédois.

Dans la foulée de l’étendard et idole Björn Borg, le tennis suédois a vécu une ère dorée dans les années 80. Absent du circuit dès 1983, la légende Borg a vu deux de ses successeurs prendre formidablement le relai, en les personnes de Mats Wilander et Stefan Edberg. A eux trois, ils totalisent 24 titres du Grand Chelem et 5 victoires en Coupe Davis. Un total vertigineux qui a fait de la balle jaune le sport le plus suivi du Royaume. Tous deux numéros 1 mondiaux en 1988 pour Wilander et en 1990 pour Edberg, ils possèdent des styles de jeu aux antipodes leur permettant de briller sur différentes surfaces. Lorsque Wilander adopte un style de jeu plus défensif, basé sur le fond de court lui permettant de briller sur terre-battue, Stefan Edberg, l’antithèse de ses illustres compatriotes, se distingue par son jeu d’attaque du style service-volée faisant de lui un adversaire redoutable voire injouable sur surface rapide.

 

Stefan Edberg et Mats Wilander Open d’Australie
Stefan Edberg et Mats Wilander, ici lors de l’Open d’Australie, étaient à la fois compatriotes et amis dans la vie, mais de véritables rivaux sur les courts. ©FranceTVsport

 

Mats Wilander, le précoce héritier

Un revers quasiment identique, un jeu défensif basé sur le fond de court, la même approche "athlétique" du tennis… Les similitudes entre Björn Borg et Mats Wilander étaient telles que la comparaison était inévitable. Comme son illustre aîné, c’est à Roland Garros qu’il se révèle. Nous sommes alors en 1982. Le jeune Wilander, du haut de ses 17 ans et demi, bat le record de précocité de l’Iceborg en remportant son premier tournoi du Grand Chelem. Les médias s’enflamment pour le natif de Växsjö et en font instinctivement le digne héritier de la légende Borg.

Archive INA, finale Wilander-Vilas Roland Garros 1982 :

Talent précoce, Wilander remporte 4 de ses 7 Majors avant ses 21 ans, remportant Roland Garros en 1982 et 1984 et l’Australian Open en 1983 et 1984. Sa meilleure saison néanmoins, interviendra en 1988 alors qu’il atteint pour la première fois le sommet de la hiérarchie mondiale. Cette année-là, il remporte 3 des 4 tournois majeurs (Australian Open, Roland-Garros, Us Open) échouant seulement en quart de finale de Wimbledon face au Tchécoslovaque Miroslav Mečíř. Il a alors 24 ans et connaît l’apogée de sa carrière. Par la suite, avec un style de jeu obsolète pour son époque et l’émergence des Boris Becker, Pete Sampras et autre André Agassi, il ne parviendra plus à réaliser le même type de performance et prendra sa retraite en 1996 à l’âge de 32 ans.

 

Mats Wilander
Surnommé "l’expert-comptable" du tennis par Patrice Dominguez, Mats Wilander est réputé pour sa science du jeu. Consultant aujourd’hui chez Eurosport, il continue de livrer ses analyses à travers son émission jeu, sets et Mats. ©AFP

 

Stefan Edberg, l’attaquant aux semelles de vent

L’élégance, la légèreté d’un des plus grands attaquants de l’histoire du tennis. Stefan Edberg est à l’image de sa volée de revers : un phénomène. Si John McEnroe a remis au goût du jour le service-volée dans les années 70-80, c’est bien le suédois qui en a donné toutes ses lettres de noblesses. Formidable attaquant, il est certainement l’un des joueurs de ce profil disposant du plus beau palmarès. Avec 9 titres du Grand Chelem dont 6 en simple, Il est un des rares joueurs à avoir été numéro 1 mondial en simple (1990) comme en double (1986).

Les meilleurs moments de Stefan Edberg en Grand Chelem :

A l’image de Wilander ou Borg, lui aussi a connu une ascension fulgurante dès son plus jeune âge. Premier joueur à avoir réalisé le Grand Chelem (vainqueur des 4 tournois majeurs) en junior, toute la planète tennis est consciente d’avoir affaire à un phénomène. Il faut attendre ses 19 ans et l’édition 1985 de l’Australian Open, pour voir Edberg se révéler sur le circuit professionnel. Il remporte pour l’occasion son premier titre du Grand Chelem, en battant en finale son compatriote Mats Wilander. Joueur éminemment offensif, sa surface préférée est le gazon. Il y remportera 4 de ses 6 Majors (Australian Open 1985, 1987, Wimbledon 1988, 1990) et nouera une rivalité légendaire avec l’autre spécialiste de la surface, l’allemand Boris Becker.

Grand gentleman sur et en dehors des courts, Stefan Edberg incarne également le bel esprit sportif. Stoïque envers les décisions arbitrales et respectueux envers ses adversaires, il a donné son nom au "Stefan Edberg Sportmanship Award", le trophée récompensant le joueur le plus fair-play du circuit.

 

Comme un air de nostalgie. Wilander, Borg et Edberg lors du tournoi de Båstad en 2017. ©Expressen.se
Comme un air de nostalgie. Wilander, Borg et Edberg lors du tournoi de Båstad en 2017. ©Expressen.se

 

En parallèle de leur grande carrière, les héritiers de Borg, Mats Wilander et Stefan Edberg, ont fait rayonner la Suède à l’étranger. Tels de formidables ambassadeurs du Royaume ils ont ramené quatre fois la Coupe Davis à Stockholm en 1984, 1985, 1987 et 1994 et ont remporté à eux deux 13 titres du Grand Chelem.

Prochain épisode : Le jour où Söderling a fait tomber le roi Nadal.

Kristen Collie, 30 mai 2018

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Kristen Collie

Kristen Collie

Franco-britannique diplômé d’un Master en Histoire sciences et techniques et étudiant en Master de journalisme sportif à l’Ecole du journalisme de Nice. Féru d'Histoire, de sports et de Scandinavie.
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