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ERASMUS EN SUÈDE – Je vais bien ne t’en fais pas III

Par Lepetitjournal Stockholm | Publié le 15/02/2016 à 22:30 | Mis à jour le 20/11/2018 à 16:28
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J'ai 21 ans, j'étudie la science politique, et vous écris frigorifiée d'un café où le thé brûlant ne parvient pas à me réchauffer. Il est 14h30, il fait déjà presque nuit, et j'ai l'impression qu'il est l'heure d'aller se coucher. Ah oui, j'ai oublié de préciser : je suis actuellement en Suède, à Göteborg, où j'effectue deux semestres en Erasmus. Pour le meilleur et pour le pire. Dernière partie du récit autour de mon année en immersion.

 

Épisode 3 : la vie à la suédoise

L'un des principaux problèmes de la Suède, c'est le coût de la vie. La viande et le fromage, surtout, sont bien plus chers qu'en France. Du fait de son climat, ce pays est également contraint d'importer la majorité de ses fruits et légumes. Et pour couronner le tout, l'alcool est soumis à un monopole d'État, ce qui signifie qu'il ne s'achète (à prix d'or) que dans des magasins spécialisés, les Systembolaget (voir notre article à ce sujet ici). La bouteille de rosé la moins chère coûte 6 euros, se présente sous la forme d'une boîte en carton Tetra Pack et est tout bonnement imbuvable. Mais une fois le constat posé, il faut agir.

Dès octobre, j'ai commencé à changer mon régime alimentaire, pour me mettre à la mode suédoise et réduire ma facture : moins de viande, moins de laitages, plus d'?ufs, et surtout beaucoup de « racines » qui poussent bien en Suède : pommes de terre, carottes, oignons, céleri, panais, etc. On trouve aussi divers sortes de choux et des pommes. Autant vous dire que je mange beaucoup de soupe? Mais une fois de temps en temps, je me fais plaisir et je goûte les spécialités gastronomiques suédoises : les köttbullar, fameuses boulettes de viande servies avec une purée et de la confiture d'airelles, les kanelbulle, petites brioches à la cannelle succulentes, ou encore le hareng mariné dans un tas de sauces variées (personnellement, je ne réitérerai pas l'expérience?). Néanmoins, il ne faut pas exagérer la différence de coût de la vie : certes, beaucoup de choses sont chères (les musées, le cinéma?), mais on peut trouver un resto suédois correct pour moins de quinze euros, les transports coûtent le même prix qu'en France (il faut penser à réserver à l'avance pour les longs voyages) et je paye ma chambre étudiante dans une confortable résidence universitaire 350 euros par mois ? moins cher qu'un studio à Lille, la ville d'où je viens.

Ma résidence étudiante à Göteborg

Mises à part ces considérations matérielles, ma vie en Suède peut se résumer en un mot : le calme. Sans doute est-ce parce que j'ai des horaires de cours largement allégés, mais je me sens bien moins stressée ici qu'en France. La vie s'écoule doucement entre fikas (un  mot sacro-saint ici qui désigne la pause-café), salle de sport et randonnées dans la nature ? j'essaye de devenir une parfaite Suédoise.

Le fika suédois

Ne croyez pas, cependant, que la vie étudiante est au point mort à Göteborg. Tout d'abord, les Suédois aiment faire la fête. Quand ils boivent, ils se transforment du tout au tout : souvent réservés, ils deviennent facilement extravertis. Le Suédois éméché, c'est un spectacle en soi, à ne manquer sous aucun prétexte. La vie étudiante est aussi bien rythmée par les différents syndicats étudiants, qui proposent des sorties patinoire, randonnée ou bowling, planifient des voyages à travers la Scandinavie et organisent de nombreuses soirées Erasmus. En début d'année, des « Buddy groups » sont constitués pour que les Erasmus se rencontrent et sortent avec leurs « parrains et marraines » suédois. La vie nocturne est bien animée aussi, même s'il faut s'y connaître pour ne pas trop faire souffrir son porte-monnaie. Amateurs de dancefloor, repérez les jours où les boîtes de nuit sont gratuites, car le week-end les tarifs flambent, et certains clubs sont même interdits aux moins de 23 ans le samedi soir ? une façon, paraît-il, de ne laisser entrer que les personnes susceptibles d'avoir plus d'argent et donc de plus dépenser. Le vendredi soir, les fauchés et les gourmands apprendront bien vite à profiter des afterworks qui ont lieu dans de nombreux bars de la ville : pour une bière achetée (environ 4 euros), on accède à des mets à volonté (tacos, pizzas, buffet à thème? les Suédois ne rigolent pas avec la nourriture). Seul petit hic, les afterworks commencent en général vers 17h : il faut donc se mettre à la mode suédoise et avaler son dîner en plein milieu de l'après-midi. Mais pas d'inquiétude : à 17h en hiver, la nuit est déjà tombée depuis longtemps, l'adaptation se fait donc plus facilement... Quoi qu'il en soit, si vous aimez faire la fête, votre carte d'identité sera votre meilleure amie : l'alcool est strictement interdit aux moins de 18 ans, et l'entrée des bars et boîtes de nuits est scrupuleusement gardée par des gros bras musclés.

Enfin, puisque l'Erasmus est aussi une occasion incroyable de s'ouvrir au monde et de découvrir de nouveaux paysages, les globe-trotteurs se seront arrêtés à bon port en Suède. Située à 3h en train ou en bus de Stockholm, Oslo et Copenhague, Göteborg est un lieu stratégique pour voyager. Outre les trois capitales scandinaves, on peut également partir se dépayser en Laponie et dire bonjour aux Samis, aller en Finlande, en Russie, dans les pays baltes et même en Islande? Autour de Göteborg, sur la côte qui monte jusqu'à la Norvège par exemple, les nombreux villages de pêcheurs colorés et petites îles caillouteuses perdues dans la nature ont aussi fait le bonheur de mes week-ends de vadrouille. L'archipel de Göteborg, magnifique été comme hiver et accessible en ferry ou en bus avec la même carte de transport qu'en ville, vaut également le détour. Vous n'aurez pas trop d'un semestre pour explorer à pied chacune des îles pittoresques qui le composent ? certaines sont même interdites aux voitures. Enfin, la ville de Göteborg en elle-même est très verte ; elle compte deux énormes parcs dont un jardin botanique et une réserve naturelle très réputés. Pendant votre pause déjeuner, vous pouvez faire un selfie avec un élan ou un pingouin, et ça, ça n'a pas de prix.

Le tramway à Göteborg

Pas besoin de conclusion : venez en Suède pour votre Erasmus, vous ne le regretterez pas un seul instant. Même quand il fait -15°C, que vos copains en Espagne se dorent la pilule en mangeant des tapas pour une somme dérisoire, et que votre stock de vitamines D est épuisé. Je vous le promets.

Retrouvez le premier épisode ici et le second .

Marie-Jeanne DELEPAUL (texte et photos) lepetitjournal.com/stockholm Mardi 16 février 2016

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