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Confinement en France: Récit d´étudiantes suédoises en Erasmus

Par Laura Ingemarsson | Publié le 31/03/2020 à 06:30 | Mis à jour le 06/04/2020 à 15:26
Photo : Intérieur de résidence universitaire - Laura Ingemarsson
confinement étudiantes suédoises

Deux étudiantes suédoises en France ont souhaité faire un reportage pour lepetitjournal.com sur leur expérience du confinement. Maîtrisant très bien le français nous avons gardé le texte d´origine. Voici leur récit. 

 

Grenoble, le 25 mars 2020 

Huit jours après le discours d'Emmanuel Macron qui a mis la France sous un confinement national, nous, deux étudiantes suédoises en échange vivant ensemble à Grenoble en France, nous nous adaptons à un nouveau quotidien. Alors que nous n’aurions jamais imaginé nous trouver dans une situation aussi extraordinaire au temps de notre arrivée dans les Alpes françaises en janvier, c’est étonnant à quelle vitesse on s’habitue à ces circonstances sans précédent. Dans ce reportage suivant nous voudrions, en tant qu’étudiantes suédoises, partager nos expériences du confinement en France. 

 

Le 16 mars, le Président de la République a introduit des nouvelles réglementations et depuis une semaine, tous les déplacements sont strictement réglementés et les magasins non-essentiels sont fermés. Toutes les universités, écoles et crèches ont été fermées déjà la veille du confinement national, et effectivement la majorité du pays a commencé à appeler les étudiants de l’étranger à rentrer immédiatement. En même temps, le conseil du Ministère des Affaires Étrangères de la Suède a déconseillé à tous les suédois de ne plus voyager jusqu’au 14 avril. Conséquemment, beaucoup de suédois restent là où ils se trouvent et ne reviennent pas en Suède, en attendant plus d’instructions du gouvernement suédois. 

 

confinement étudiantes suédoises
Le Président de la République s´ adressant à la nation pour annoncer les nouvelles mesures prises à propos du Covid-19. 

 

La semaine dernière nous avons, malheureusement, dû dire au revoir à plusieurs de nos amis internationaux qui sont rentrés dans leur pays d’origine. En même temps, nous sommes nombreux à rester ici et nous sommes convaincues de tirer le meilleur de cette situation. Tandis que nos études à l’université se poursuivent en ligne et avons du travail à faire, nous avons désormais beaucoup de temps à tuer. Il va sans dire qu’il faut être créatif pour gérer la situation.

 

Voici, en quelques points, ce que nous avons fait pendant la première semaine du confinement: 

 

  •  Comme un de nos objectifs avec cet échange était d'améliorer notre français, nous avons trouvé de petites stratégies pour continuer notre apprentissage linguistique même au sein de nos propres murs. Quoi de mieux que de commencer la journée en élargissant son vocabulaire français en apprenant le glossaire de contenus nutritionnels ? Il y a des centaines de mots sur les emballages d’épicerie qu’on a vu mille et une fois mais sans les apprendre réellement. Voilà maintenant c’est le temps pour les lire attentivement. On ne sait jamais quand on aura besoin d’utiliser le mot “gluconodelta-lactone” - il vaut mieux l’apprendre par coeur une fois pour toutes ! Nous ne ratons pas une possibilité d´ enrichir notre vocabulaire !

 

confinement étudiantes suédoises

 

  • Nous vivons une période historique donc nous sommes de l’avis qu’il faut la documenter ! Nous tenons un journal de confinement: quelque lignes par jour décrivant nos sentiments et nos pensées de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et nous n´oublions pas d´ajouter des photos aussi ! 

 

confinement étudiantes suédoises
Extrait de notre journal de confinement

 

  • Inspirées par les Italiens qui chantent en coeur à leur fenêtre, nous suivons nos compatriotes de confinement en apprenant les paroles de nos chansons françaises favorites. Dans le répertoire nous trouvons à la fois les douces sonorités de “Douce France” de Charles Trenet pour des soirées calmes et à la fois les rythmes du rappeur Gradur avec son hit “Ne revient pas”, histoire d´ avoir l’ambiance d’une fête en autonomie réussie. 

 

confinement étudiantes suédoises
Notre vue et notre scène musicale pendant la durée indéterminée.

 

  • Il ne faut pas oublier de maintenir sa santé pendant le confinement. Avec la nouvelle interdiction de ne pas aller plus loin qu’un kilomètre de sa porte, nous proposons d’effectuer l'entraînement par intervalles dehors son bâtiment. Ou bien, si ce n´est pas assez, on peut suivre les traces du français Elisha Nochomovitz qui a couru un marathon de 42 kilomètres sur son propre balcon !

 

confinement étudiantes suédoises
Image: Elisha Nochomovitz

 

  • Nous avons aussi vraiment réévalué les petites choses du quotidien qui sont devenues les meilleurs moments de la semaine. Jamais auparavant, l´action de faire ses courses n´avait été aussi excitante, notamment quand les militaires français surveillent la distance entre vous et la personne qui est en train de prendre le dernier rouleau de papier toilette...

 

confinement étudiantes suédoises
Il faut attendre en ligne avant de pouvoir rentrer dans le magasin - "un peu comme attendre un concert de Beyoncé, n’est-ce pas? "

 

Témoignages d´autres étudiants

 

Toutefois, nous ne sommes pas les seuls suédois confinés ici. La diaspora suédoise se trouve partout en France et voici quelques témoignages de ceux qui ont décidé d’y rester. 

Comment les étudiants suédois logent en France est une question intéressante durant une période d’isolement. Le plus grand nombre réside dans une chambre de CROUS, les résidences publiques, un type de logement adapté aux étudiants.

 

Emma Bergström, étudiante suédoise à Aix-en-Provence, témoigne d’une situation compliquée. 

 

J’ai une chambre du CROUS qui était déjà isolée, même sans quarantaine nationale. La majorité d’étudiants étrangers est repartie, les couloirs sont vides et il est interdit d’utiliser la cuisine commune avec plusieurs personnes en même temps. Bien que j’aie enfin du temps à consacrer à mes études, j’ai 21 ans et je me trouve dans un confinement solitaire, ce n’était pas exactement le plan de mon semestre Erasmus. 

 

Cependant, pas tous les confinés se sentent aussi restreints dans la situation actuelle. Yasmine Djelloul, une étudiante suédoise de Stockholm, explique sa situation en France:

 

Je suis positive et déterminée à bien faire le meilleur du semestre, même dans ces circonstances. Donc, l’isolement m’a rendu très créative car j’ai enfin du temps pour commencer quelques projets d’art. Heureusement, j’avais acheté un kit de peinture avant que les magasins ferment. Avec la vue des montagnes dont je profite, l’inspiration est facile à trouver. J’ai de la chance de vivre dans un si beau pays. Le confinement m’a également donné un calme intérieur qui est rarement retrouvé chez les Stockholmois. Je suis certaine que ces temps passés puissent vraiment réduire mon stress interne, même s'il est forcé sous la menace d’amendes. Parfois, on a besoin d’un coup de pouce sous la forme d’une sanction de 135€ pour vraiment se consacrer à trouver son Zen. 

 

confinement étudiantes suédoises
La vue du logement de Yasmine inspire à la créativité. Image: Yasmine Djelloul

 

Reportage: Laura Ingemarsson, Magdalena Loesevitz

 

 

 

Laura Photo

Laura Ingemarsson

Stockholm est la ville où je suis née et j’ai grandi, mais j’ai une grande passion pour la France. J'étudie le développement global et les langues à l'Université de Stockholm. J' ai pour ambition de partager les dernières nouvelles de Stockholm avec vous.
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