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Sentosa : cette île de Singapour où Trump et Kim se rencontrent

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 07/06/2018 à 14:00 | Mis à jour le 08/06/2018 à 04:59
Photo : Sentosa (c) pixabay
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A quelques jours du sommet historique Trump/Kim, votre édition republie un extrait d’un article paru en décembre 2017, dans notre magasine SINGAPOUR. 

Eclairage sur cette île de jeux et de divertissement au passé trouble qui n’a pas fini d’écrire son histoire... 

 

Sentosa et ses soeurs 

Les îles du sud, les Southern Islands, terme utilisé par les urbanistes singapouriens, regroupent les îles de Kusu, Lazarus, Seringat Kias, Tekukor, St. John's, Sentosa, et les Sister's Islands. Elles ont vu leurs aspects profondément modifiés depuis les années 1970 avec le système de land réclamation (remblayage de terrain pour étendre la superficie de l'île en construisant sur la mer) pour créer des zones de baignade et des lagons artificiels.

L'une d'elle est le symbole de cette transformation : Sentosa, une île dédiée aux loisirs et au tourisme de luxe. Depuis 2014, un slogan la qualifie même de « State of Fun ». Sur ses 500 hectares, deux kilomètres de plages de sable fin ont été aménagés, des grands parcs à thème comme Universal Studio ou Adventure Cove rivalisent avec des attractions plus insolites : descente en luge, chute libre, etc. Au début des années 80, Sarong Island, Pulau Selegu et l'ilot de Buran Darat ont été annexés pour construire, entre autres, un golf et une zone résidentielle, Sentosa Cove.

Pour loger les touristes 13 hôtels de luxe ont été progressivement construits.

Cependant, l'histoire de cette île n'a pas toujours été aussi joyeuse. Au XIXème siècle, son nom, Pulau Blakang Mali, traduit en malais, signifiait « l'île derrière la mort ». Une des versions de l'origine de ce nom étrange est que des esprits sanguinaires hantaient cette île. Pendant la seconde guerre mondiale, malgré les trois forts qui la protégeaient, elle fut le théâtre de l'une des plus cinglantes défaites de l'empire britannique. Occupée par les Japonais, elle s'est alors transformée en camp de prisonniers de guerre, comptabilisant jusqu'à 400 soldats alliés. Dans les années 1960, de par sa situation stratégique près de l'île principale, un scénario de transformation pour abriter des bâtiments industriels dédiés à l'armée avait été longuement étudié. Finalement, dans les années 1970, le projet touristique gagna la partie et en 1972, les premiers travaux furent lancés pour accueillir resorts, plages et attractions. Pour gommer son histoire tragique, le nom de l'ile fut changé en Sentosa, traduit par « paix et tranquillité ».

Aujourd'hui, avec plus de 19 millions de personnes qui ont franchi l'année dernière son péage, cette île, reliée à la terre par un cable-car et un pont, est un des emblèmes de réussite de la planification singapourienne en termes de tourisme et de développement des loisirs vers la mer. Le projet de développement touristique ne devait, cependant, pas s'arrêter là. Les autres îles du Sud devaient être intégrées dans ce grand projet de rénovation et de conquête de territoire.

Seringat-Kias, île créée en submergeant les rochers de Seringat et de l'île de Kias et en les reliant à l'île existante de Lazarus, devait concentrer les locaux commerciaux, des zones résidentielles et des hôtels tandis que Lazarus Island, les activités de « Sport et de récréation ». Cet ensemble a été amélioré en achetant notamment une cocoteraie à la Malaisie. Plus de 1000 arbres ont été plantés sur l'île. Depuis les années 2000 et la fin des travaux de ce nouvel ensemble, plusieurs projets ont été évoqués : autoroute le reliant à l'île de Sentosa, ferry direct, création d'un resort exclusif, d'un casino, d'éco-tourisme? A ce jour, aucun grand projet n'est vraiment lancé.

Seules les eaux des Sisters Islands ont été requalifiées de "Marine park area"  et l'île de Saint John en parc protégé. Des experts scientifiques ont mis en garde contre la montée des eaux et la difficulté d'un projet viable et d'ampleur sur ces îles. Par ailleurs, pour réaliser cet ensemble ludique, il faudrait encore des quantités de sable, sujet sensible aujourd'hui à Singapour. ( ...) 

Pour LIRE  l'article en entier , paru en décembre 2017, dans le magasine 8 SINGAPOUR, COTE MER : cliquez ici ! 

 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Co-directrice éditoriale. Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est la spécialiste de tout ce qui touche à la culture, à la société et à la religion. Elle se passionne également pour les sujets liés à l'innovation urbaine.
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