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L’épopée de la construction du « Pont de la rivière Kwai »

Par Annig Huchet | Publié le 21/02/2019 à 14:30 | Mis à jour le 29/03/2019 à 05:43
le pont de la rivière kwai

Un tragique épisode de la Deuxième Guerre mondiale en Asie du Sud-Est, la construction du « pont de la rivière Kwai », fut organisé par les Japonais à partir de juin 1942. Le but recherché était d’avoir accès aux pays d’Asie du Sud-Est, sans passer par la mer, où les forces alliées représentaient un danger permanent pour les Japonais. Les prisonniers de guerre de la prison de Changi à Singapour furent mis à contribution dès mai 1942.

 

La voie ferrée passant sur ce pont devait relier la Thaïlande (Kantchanaburi) à la Birmanie, respectivement sur 304 km et 111 km en Birmanie. Ce vaste ouvrage devait traverser une zone inhospitalière de jungle, de rivières et de profonds ravins. Cette région était totalement inaccessible. Elle passait, entre autre, par la fameuse « three pagodas pass », mais l’obstacle le plus important à cette construction de voie ferrée était le passage de la rivière « Mae klong », qui fut rebaptisée « River Kwai » en 1960, après le succès phénoménal du film de David Lean, tiré du roman de Pierre Boulle. L’avancée du chantier comprenait la destruction, puis le déblayage de trois millions de m3 de rochers sur le parcours.

Outre le fait que cette masse d’hommes (environ 200.000 travailleurs forcés et 20.000 prisonniers de guerre) n’avait à sa disposition aucun matériel adéquat et devait faire face à la malnutrition, à la maladie, aux conditions climatiques, à la violence et même à la torture, le nombre de victimes fut accablant : on peut parler de 13.000 morts dans les rangs des prisonniers de guerre et de 100.000 civils morts également dans ces conditions atroces.

Parmi tous ces malheureux il faut citer les Anglais, Américains, Australiens, Hollandais venus des prisons mais aussi les asiatiques enrôlés de force, tels des Birmans, Karens, Malais, Chinois de Singapour, Javanais, Indiens… Tous ces malheureux périrent de malaria, dysenterie, béribéri, choléra et sous-alimentation, le tout combiné à l’épuisement physique dans un climat impitoyable.

La fin des travaux eût lieu le 17 août 1943, après 16 mois d’efforts ininterrompus, et les deux équipes, l’une de Thaïlande et l’autre de Birmanie, se rencontrèrent à la « pagodas pass ». À la fin de la guerre, cet ouvrage fut démantelé par les Anglais, 111 militaires japonais furent jugés et 32 d’entre eux condamnés à mort.

Kantchanaburi et son pont aujourd’hui

Le site est devenu un lieu de visite pour touristes. Le pont, bombardé en 1945 fut réhabilité et les visiteurs peuvent le franchir en train, petit voyage de 15 minutes jusqu’à Nam Tok. À proximité des cimetières magnifiquement entretenus (6.982 tombes), on peut visiter un musée, mais aussi des restaurants, des cafés, des boutiques de souvenir et même… des parcours de golf ! Cette atmosphère de luna park accueille de nombreux touristes. Connaissent-ils les tortures endurées par les constructeurs du pont? Savent-ils que les abords de l’ancienne voie ferrée abritent tous ceux qui sont tombés et ont été enterrés sur place ? Triste fin pour une triste épopée !

le pont de la rivière Kwai
La Pont de la rivière Kwai dans le film

A propos du film

Le film est une fiction située dans un contexte réel. Il fut tourné au Sri Lanka en 1957. Il reçut 7 oscars et fut reconnu comme l’un des meilleurs films du XXème siècle. Le pont du film coûta 250.000 $. Le train utilisé pour le film fût acheté à Ceylan par Sam Spiegel et avait eu une durée de vie de 65 ans au service d’un Maharadjah. La blessure occasionnée par un coup violent de l’officier japonais Saito (Toshiro Mifune) sur la personne du Colonel Nicholson (Alec Guinness) fut bien réelle !

Annig Huchet

Annig Huchet

Après une trentaine d'années dans le commerce d’antiquités asiatiques à Singapour, Annig s'occupe de conseil et d'expertise dans ce domaine. Ses très nombreux voyages dans toute l’Asie lui sont une source d'inspiration pour ses écrits et ses conférences.
3 Commentaire (s)Réagir
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Papoojb mer 27/02/2019 - 21:15

Bravo Annig et merci de nous avoir envoye cette publication qui nous a permis de reprendre contact avec Singapour et nos amis Huchet . Jacques et Marie Claude .

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sanouk lun 25/02/2019 - 01:43

Une petite erreur. Le colonel Saïto est joué par Sessue Hayakawa et non Toshiro Mifune.

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Singapour Sur Seine ven 22/02/2019 - 03:48

Merci Annig pour ce passionnant retour sur l'histoire.

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