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La photo du jour : avec la banane, Singapour se met au jaune

Chaque mois, lepetitjournal.com vous propose une immersion dans le quotidien de la vie singapourienne. A travers nos photos insolites, l’objectif est de vous faire découvrir les trésors cachés de la Cité-Etat. Aujourd'hui, allons faire nos courses au marché pour y acheter des bananes. Mais lesquelles ?

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Écrit par Karen Attal
Publié le 26 mai 2026, mis à jour le 28 mai 2026

 

On a tous croisé un stand de bananes à Singapour. Les marchés en regorgent et la première question que les vendeurs vous posent est « c’est pour manger aujourd’hui ? ». A partir de votre estimation du jour de consommation, commence la recherche de la grappe parfaite, pour que le fruit ne soit ni vert ni trop mûr et le chaland pleinement satisfait. 

 


 

Bananes à Singapour
Stand de bananes à Singapour - © Karen Attal

 

La banane, un fruit ? Pas vraiment. En botanique, la banane est une baie, comme la myrtille ou la framboise. Son emballage naturel, biodégradable et hygiénique en fait un encas pratique que les Singapouriens emportent facilement dans le MRT et qui se mange silencieusement au bureau. Riche en tryptophane, un acide aminé qui aide à synthétiser la sérotonine, la banane est l’antidote parfait contre le blues. Il mérite d’ailleurs bien son surnom de « fruit du bonheur ».

 

Petite astuce de grand-mères (singapouriennes) : sa peau peut servir de cirage pour chaussures et même pour plantes. Il vous suffit de l’appliquer sur les feuilles de vos plantes vertes pour qu’elles retrouvent de leur brillance. 

 

Les bananes auraient été domestiquées en Asie du Sud-Est il y a plus de 7000 ans, soit avant la culture du riz ! Autrefois, certains vendeurs de rue avaient l’habitude de prendre des décisions à « pile ou face » en lançant des bananes qu’ils avaient préalablement tranchées dans la longueur. Pour défier le hasard, les choix se faisaient selon si elles retombaient du côté « plat » ou « arrondi».

 

Tout savoir sur le fruit du bonheur, à Singapour et ailleurs 

A Singapour, il n’y a pas la place de faire pousser des bananeraies, c’est donc par importation (Philippines, Malaisie, Indonésie) qu’elles atteignent son port stratégique. Si l’on exclut les quelques variétés locales que l’on peut encore trouver dans de petits jardins ou sur l’île Pulau Ubin. Selon la FAO, ces bananes que l’on aperçoit à tous les coins de rue représentent environ 70000 tonnes, soit une consommation moyenne de 12kg par personne. 

 

Si vous regardez de plus près dans les étals près des hawker centres, vous découvrirez la pisang mas

 

Connaissez-vous toutes les variétés du fruit du bonheur ? Sur un même marché peuvent se côtoyer 10 à 15 types différents. La Cavendish, qui domine en Europe, même si elle est régulièrement menacée par des épidémies de champignons, est, à Singapour, la banane que l’on retrouve dans les supermarchés climatisés. Si vous regardez de plus près dans les étals près des hawker centres, vous découvrirez la pisang mas (petite banane dorée), la pisang raja udang (rouge, sucrée et crémeuse au palais), la pisang tanduk (banane plantain à cuisiner). Vous l’aurez compris, « pisang » signifie banane en malais. Ceci explique d’ailleurs pourquoi plusieurs plats locaux commencent par ce mot, notamment les fameux pisang goreng ou banana fritters, savoureux beignets de bananes dont raffolent les écoliers tout comme les adultes nostalgiques.

Saviez-vous que le gag de la personne qui glisse sur une peau de banane date du 19ème siècle ? A l’époque, les peaux de banane étaient jetées dans la rue et pouvaient causer des accidents sérieux. Ce cliché de la maladresse comique est devenu universel, repris par le cinéma américain avec Charlie Chaplin ou encore Tom & Jerry. A Singapour, aucune peau de banane ne jonche le trottoir mais la blague reste populaire.  « Wah, so suay lah! » Autrement dit : quelle poisse !

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