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RESEAU - Club VIE, accélérateur de contacts

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 23/10/2013 à 22:00 | Mis à jour le 24/10/2013 à 01:55

 Le Club VIE organisait ce mardi une soirée afterwork dans le quartier de club street. Chaude ambiance jusque sur le trottoir. Malgré une circulation hasardeuse dans un espace archicomble, nous avons saisi au vol quelques instantanés des parcours qui se croisent à Singapour : des anciens VIE, des VIE et d'autres en pleine recherche du Graal.

 La foule est compacte. Impossible a priori de frayer sa route jusqu'au bar. Pourtant la bousculade est bon enfant, les regards se croisent, les sourires s'esquissent, les conversations s'engagent spontanément et l'on se retrouve au c?ur de la communauté VIE de Singapour, presque sans y avoir prêté attention. Sous les visages avenants on distingue des pastilles rouges, jaunes et orange. Personne ne sait d'abord ce qu'elles représentent. On comprend vite qu'elles désignent, dans l'ordre, les anciens VIE, les VIE et ceux qui étudiants ou en stage à Singapour, ou bien simplement débarqués quelques semaines plus tôt  avec pour tout viatique une valise et un diplôme, sont à la recherche d'un premier emploi dans la cité Etat.

Objectif : 9000 VIE en 2015
VIE ? L'acronyme désigne le Volontariat International en Entreprise, un dispositif géré par Ubifrance qui permet aux jeunes Français et Européens âgés de 18 à 28 ans d'acquérir une expérience de 6 à 18 mois à l'international dans des conditions privilégiées. Ils seraient 7500 actuellement dans le monde et Singapour, avec environ 250 VIE, ferait partie des destinations les plus convoitées. Dans le cadre du Pacte pour la Compétitivité, la croissance et l'Emploi, le premier Ministre Français, Jean Marc Ayrault, a fixé un objectif ambitieux de 9000 VIE en 2015.

En 2006, à l'initiative d'une poignée d'anciens VIE, est née l'idée de mettre en réseau tous ceux qui ont vécu, dans des endroits différents de la planète, cette expérience unique (c'est une spécificité française) d'un premier emploi, comme VIE, à l'international. Le réseau compterait aujourd'hui 4.500 inscrits. Il y a 2 ans, Thomas Liput a créé l'antenne du club VIE de Singapour, avec d'emblée le support appuyé de l'Ambassade de France, d'Ubifrance, des Conseillers du Commerce Extérieur et de la Chambre de Commerce. Le club VIE Singapour s'est depuis développé. Il organise de manière régulière des évènements de networking, a mis en place une newsletter et a créé, avec ses partenaires, un grand prix VIE dont la dernière édition, en Juin dernier, a distingué Claire Buonavista (catégorie Grands groupes) et Olivier A Lo (catégorie PME).

Instantanés
Retour à la soirée du club VIE ce mardi au restaurant O'Batignolles géré justement par une jeune ex VIE, Marie Charlotte Ley. On y croise des personnes aux parcours variés. Une jeune diplômée de l'ESSEC est actuellement en VIE chez Bouygues. Comme son amie, elle-même en recherche de VIE, elle a choisi de passer 12 mois à Singapour dans le cadre de sa scolarité à l'ESSEC. La suite était logique : rester sur place, avec un VIE, pour y acquérir une première expérience. Et après ? "On verra, dit-elle, rien n'est figé".

Un autre est stagiaire dans une PME du secteur de la distribution. Il aimerait rester. On lui propose de travailler dans le domaine du Vin. Un secteur sans doute passionnant, mais l'intéressé avait fait ses stages précédents dans l'Aéronautique. L'opportunité lui permet de poursuivre à l'étranger, mais ne présente-t-elle pas le risque de le spécialiser dans un secteur dans lequel il n'a pas forcément envie de faire carrière ? Un questionnement qu'il n'est pas le seul à avoir. Tout est affaire de projet. Mais quelle direction prendre quand les projets sont grand ouverts ? Beaucoup, dans des situations comparables, optent pour le risque calculé. Comprendre : "on n'a rien à perdre".

Un autre encore est, lui, un ancien VIE. Il n'a pas démarré à Singapour mais aux Emirats Arabes Unis, avant de s'établir il y a 7 mois dans la cité Etat, pour y développer son activité de conseil en gestion de patrimoine. Comment compare-t-il sa vie actuelle avec celle qu'il menait à Dubai ? "J'ai encore la nostalgie de Dubai", répond-il. "C'est paradoxal de dire cela à Singapour ou tout est déjà très 'convenient' par rapport à la France, mais c'est ce confort et cette simplicité qui me manquent ici par rapport à Dubai. C'est essentiellement une question de prix. Ici tout est très cher".

Un ancien VIE encore. Celui-là vit à Singapour depuis 12 ans. Multi-entrepreneur, il vient de céder les 2 sociétés qu'il avait créées presque au même moment. Le voilà désormais salarié. Comment voit-il l'avenir ? "Pour le moment à Singapour, répond-il. Je suis marié à une Singapourienne, j'ai un jeune enfant. Nous sommes bien ici. Mais rien n'est exclu. Pourquoi pas revenir en France si une belle opportunité se présente. Ma femme est ouverte à ce type de mobilité".

Deux jeunes diplômés enfin. Ils sont arrivés à Singapour il y a quelques semaines. Ils ont un visa de tourisme et se donnent 3 mois pour trouver un emploi, si possible dans le cadre d'un VIE. Ils savent l'aventure incertaine, mais ce qui, pour une large partie de leur génération, relève de la quête du Graal vaut bien l'investissement. D'ailleurs ils ont déjà eu plusieurs entretiens. Pour eux, l'avenir s'écrira peut-être avec un petit point rouge.

Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) jeudi 24 octobre 2013

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