Édition internationale

MANUELA PANOS-GISSLER – « Singapour, cette ‘cousine’ de la Suisse »

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 mai 2013

Manuela Panos-Gissler est la présidente de la Swiss Association of Singapore qui anime la communauté suisse et facilite les contacts entre les ressortissants. A travers les défis de l'Association, elle nous fait partager sa vision sur les relations bilatérales animant ces deux nations cousines.

Lepetitjournal.com -  En quelques mots, présentez-nous la Swiss Association of Singapore ?
Manuela Panos-Gissler - La Swiss Association of Singapore (SAS) est une association à but non lucratif, apolitique regroupant les ressortissants suisses et les personnes résidants à Singapour et ayant un lien étroit avec la Suisse. Elle a été fondée en 2006 par Luzia Kappeler, dans le but d'offrir une plate-forme de réseautage pour les Suisses vivant à Singapour. Nos missions s'articulent autour de trois idées : faciliter les contacts entre les ressortissants suisses vivant à Singapour, assurer la liaison entre nos compatriotes et  les institutions suisses et organiser des activités sociales et récréatives qui sont dans l'intérêt général de nos membres. Une association ne devrait plus seulement être associée aux femmes aux foyers dés?uvrées, celles-ci étant de plus en plus professionnellement ou bénévolement actives. Par ailleurs, de plus en plus d'hommes participent à nos activités. A ce jour, nous comptons près de 400 membres et toute la Suisse est représentée avec plus ou moins la même proportion de suisses allemands, suisses français et suisses italiens. Notre langue officielle au sein de notre association est l'anglais. Etre le relai privilégié avec un retour à nos valeurs communes est le principal défi  de la Swiss Association of Singapore !

Est-ce que la communauté Suisse à Singapour a évolué depuis ces dernières années ?
Singapour attire la communauté suisse par sa qualité de vie et son ouverture vers l'Asie.
Les premières entreprises suisses qui se sont imposées dans le domaine du commerce et du textile, en Asie de l'est et à Singapour ont plus de 140 ans, telle l'entreprise Diethelm Keller, établie à Singapour au 19e siècle et qui est encore présente aujourd'hui.
Le Swiss Club a été créé en 1871, c'est un des plus anciens clubs à Singapour et de fait l'un des plus grands propriétaires terriens étrangers.
Selon les dernières estimations de notre consulat, nous comptons environ 3.000 Suisses inscrits résidants dans la cité-Etat, ce qui est important en proportion de notre population de 8 millions  d'habitants.
Le profil de cette communauté expatriée a changé. C'est ce que nous constatons au sein de notre association. Les familles sont de moins en moins nombreuses. De plus en plus de jeunes couples ?aventuriers' arrivent sur Singapour pour tenter leurs chances dans la vie active et ne viennent pas nécessairement avec un permis de travail dans leur poche. Enfin il y a de plus en plus d'expatriation tardive. Des seniors expérimentés - dont les enfants vivent en Europe - effectuent leur fin de carrière à Singapour.
Notre particularité, en tant que nation, est de vivre avec des institutions communes malgré nos différences linguistiques. A Singapour, notre communauté est éclatée du fait de sa spécificité linguistique, et tend à se regrouper autour des écoles offrant un curriculum dans nos langues maternelles, les germanophones autour des écoles suisse et allemande, les francophones du côté du lycée français ; ceci dit, de nombreuses familles font le choix d'écoles internationales anglophones. SAS est donc un bon moyen pour cette communauté de se recentrer et de se retrouver.

La Suisse et Singapour cultivent des relations diplomatiques depuis 1967, que peut-on retenir des  relations bilatérales entre ces deux nations cousines ?
Singapour et la Suisse entretiennent de bonnes relations et coopèrent étroitement, en particulier dans les domaines de l'économie et de la politique de l'éducation.  Nous avons en commun le fait d'être un petit pays avec des ressources naturelles limitées, entouré de grands et puissants voisins et une population divisée linguistiquement mais soudée par ses institutions étatiques. La Suisse semble avoir servi comme modèle de réussite pour Singapour dans plusieurs domaines (environnemental, défense?) et nous en sommes fiers. La Suisse jouit encore d'une côte de popularité dans la population singapourienne qui joue en notre faveur : nommer notre nationalité ici soulève souvent le respect et c'est très agréable à entendre.

Un mot pour conclure ?
Lorsque nous sommes arrivés fin 2002, l'événement-phare fut l'inauguration de l'Esplanade qui surplombait  la Marina alors vierge de Marina Bay Sands et ses alentours ; ION était un terrain plat où les maids philippines se réunissaient le dimanche ; il n'y avait pas de MRT Circular Line ; Sentosa avait un monorail et était la version développée de Pulau Ubin. Quel pays peut attester de tels changements urbanistiques majeurs en 10 ans? Je reste admirative de ce que cet Etat a accompli en 50 ans et j'aime faire découvrir la particularité culturelle, historique et artistique de Singapour à mes nouveaux compatriotes.

Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) lundi 13 mai 2013

logofbsingapour
Publié le 12 mai 2013, mis à jour le 13 mai 2013
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