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EDUCATION ET RECHERCHE – L’Université française à la conquête de l’Asie du sud-est

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 20/02/2017 à 12:08 | Mis à jour le 22/02/2017 à 11:23
Photo : Dr. Mariana Losada, représentante de l'USPC à Singapour
MarianaLosada

La Communauté d'Universités d'Etablissements (COMUE), Sorbonne Paris Cités (USPC) a ouvert depuis 2016, un bureau de représentation, coordonné par Sciences-Po,situé au c?ur de la National University of Singapore (NUS), afin de rendre les universités françaises lisibles à l'étranger et compétitives sur la scène internationale.Composée de 8 universités ou écoles parisiennes et de 5 instituts de recherches, cette super-structure représente 120.000 étudiants et 250 équipes de recherches. Une taille pour (enfin !) rivaliser avec les plus grandes universités mondiales. Eclairage avec sa représentante, Mariana Losada,  sur le fonctionnement et les enjeux de ce dispositif implanté à Singapour.

 

www.lepetitjournal.com/singapour - Pourquoi le groupement USPC/SC-PO (2) a-t-il ouvert un bureau à Singapour au coeur du Campus NUS ? 

Dr. Mariana Losada - Sciences Po était déjà implanté à Singapour avec des liens privilégiés avec National University of Singapore (NUS).

Il ne faut pas oublier que chaque école, chaque université composante de l'USPC, a une identité propre et que ce sont ces composantes qui font vivre l'ensemble. Les décisions concernant nos actions à l'international se prennent avec chaque président d'université. Les objectifs d'une entité ne sont pas forcément ceux des autres.

Ce groupement est efficace notamment pour une plus grande lisibilité internationale et une mutualisation de moyens. En amont, il a été décidé conjointement que nous allions créer des liens stratégiques avec certains pays et ses universités. Le groupement Sorbonne Paris Cité a profité de ce lien privilégié de Sciences Po avec NUS pour renforcer ses liens avec Singapour.  

Mes missions au sein de cette représentation sont multiples mais se répartissent en deux grands pôles : l'éducation et la recherche. Et, bien entendu, je reste en lien avec les groupes des alumni des différentes entités. 

Pouvez vous nous détailler les programmes mis en place pour les étudiants pour des échanges l'USPC/Science Po et l'Asie du Sud Est ?

- Avec Sciences Po, les liens entre l'Asie du sud-est et de fait avec Singapour sont plus anciens. Sciences Po a passé des partenariats avec les Universités les plus reconnues en Thaïlande, au Vietnam, aux Philippines, en Indonésie. A Singapour, l'échange entre étudiants a été initié par les anciens directeurs de la grande école française et de NUS depuis plus de 10 ans.

Les autres coopérations, notamment pour la création d'un double diplôme, sont plus récentes. C'est un processus long. Cela a pris 4 ans pour la mise en place du double diplôme SciencesPo/NUS. Par ailleurs, grâce à ses campus répartis à travers la France (3),  SciencesPo a pu élargir son offre, pour attirer des élèves de grandes universités à l'international. Par ailleurs, depuis 2 ans, nous travaillons sur la création d'un double diplôme au niveau des Masters avec la Lee Kuan Yew School of Public Policy. Je pense que le premier recrutement pour ce master sera effectif en 2018. Aujourd'hui, 47% des étudiants de Sciences Po sont étrangers, 118 nationalités représentées. Concernant l'USPC, le partenariat est plus récent, notamment sur les échanges d'étudiants et la coopération scientifique.

Pouvez- vous nous parler de l'autre volet de votre mission, celui de favoriser la coopération Singapour/France dans le domaine de la recherche et de l'enseignement ?

- Afin de favoriser la recherche scientifique et pédagogique entre Singapour et des équipes de chercheurs français, nous avons un outil efficace : un appel à projets financé conjointement par USPC et NUS. La mise en place de cet outil est récente puisque le premier appel à projet a été lancé fin janvier 2015.

A ce jour, 30 projets innovants sont conjointement financés à hauteur de 200.000 euros pour chaque entité, soit 400.000 euros par an, dans des domaines très différents en sciences sociales, en pédagogie innovante et en recherche scientifique. C'est un appel à projet très ouvert : nous finançons aussi bien des programmes  en mathématiques, en linguistiques, en mécano-biologie.

Nous sommes aujourd'hui au quatrième appel à projet conjoint. Une vraie dynamique s'est créée : des  chercheurs des deux pays me contactent, et cela a lancé un élan favorable dans les universités françaises pour renforcer les liens avec Singapour.

Quels sont les grands temps à venir dans cette coopération universitaire ?

- Sur le long-terme, nous souhaitons la reconnaissance du diplôme de Paris Descartes, faculté de Médecine, considérée comme une des plus grandes universités européennes dans de nombreux classements et dont le diplôme de médecine n'est pas reconnu à Singapour. Nous allons faire un contrat de partenariat entre les deux facultés de médecine, nous avons créé également le groupe Alumni Descartes. J'ai aussi accompagné une délégation du Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI) fondé par François Taddéï qui a été missionné par la Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour revoir le système éducatif français. C'est un centre français de recherche extrêmement innovant.

Et le 18 et 19 mai 2017, dans le cadre du Festival Voilah!, nous organisons une grande conférence pour montrer le fruit de cette coopération universitaire en présence de George Smoot, Prix Nobel de Physique et actuellement à USPC (Université Paris Diderot).

Comment jugez-vous le bilan de votre action moins d'une année après votre arrivée ?

- Ce qu'il faut bien comprendre c'est que pour la National University of Singapore (NUS), ce n'est pas forcément naturel de travailler avec des universités françaises.  La réciprocité est aussi vraie : de France, on ne regarde pas forcément à Singapour. Dans le cadre de ce partenariat, nous sommes partis de zéro. Donc, le bilan est à ce jour très positif à la fois pour les étudiants des universités respectives et pour les programmes de recherche et d'enseignement.  

Le fait d'avoir un bureau au sein même d'une grande université singapourienne est une opportunité qui a permis de nouer des contacts étroits. Bien entendu, il y a des éléments à ajuster mais la coopération internationale s'améliore.

 Singapour/LOGO1 Singapour/LOGO2.

 

Propos recueillis par Clémentine de Beaupuy, (www.lepetitjournal.com/singapour), le mardi 21 février 2017.

 

(1) La Communauté d'universités et établissements (abrégé COMUE) est une catégorie d'établissement public français à  caractère scientifique, culturel et professionnel à statut dérogatoire. Il permet de regrouper sur un même territoire :

  • des établissements d'enseignement supérieur et de recherche (EESR)
  • des organismes de recherche (OR).

Ce statut a été créé en 2013 par la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche. Il succède aux Pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) mis en place par la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006.

(2) Les composantes de l'USPC, Université Sorbonne Paris Cité

Les Universités : Sorbonne Nouvelle, Paris Descartes, Paris Diderot, Université Paris 13, SciencesPo, EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) , INALCO, IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris)

Les instituts de Recherche : CNRS, INED, INRIA, Inserm, IRD

 (3) SciencesPo est réparti sur 7 campus multi-culturels en France : Le Havre, Paris, Poitiers, Reims Nancy, Dijon et Menton et au niveau master, SciencesPo à développer des écoles propres telles que Managment et l'Innovation, Affaires Publiques, Affaires Internationales, l'Ecole urbaine, une école de Journalisme, une école de droit.

 

 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est spécialiste de tout ce qui touche à la culture, la société, la religion et l'innovation urbaine.
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