

Olivier et Hidayah se sont rencontrés il y a un peu plus de deux ans. Mariés depuis un an, un petit garçon, Ary-Kyann est venu agrandir leur famille depuis peu. Vrai coup de foudre, ils se sont prêtés au jeu de l'interview le regard pétillant, sans tabous
20 ans de différences, deux cultures et deux nationalités différentes ? française et singapourienne, c'est dans le cadre professionnel qu'Hidayah et Olivier se sont rencontrés il y a un peu plus de deux ans. Arrivant des Etats-Unis, Olivier travaille pour une société franco-italienne spécialisée dans les semi-conducteurs. Déjà père de trois grands enfants, il ne s'attendait pas à ce que dans la cité-Etat, il tombe amoureux d'Hidayah, jeune femme indépendante, directrice d'une société de communication.
De la rencontre au mariage
Six mois après leur rencontre la question du mariage est arrivée tout naturellement. Ce fut une décision commune et un aboutissement de leur relation. En revanche, toutes les épreuves auxquelles ils ont dû faire face sont la conséquence des pressions extérieures "Provenant de deux milieux complètement différents, il y a eu de nombreux compromis d'ordre culturels. Ma famille avait, et continue d'avoir, des attentes. Mes parents sont très conservateurs. Je suis singapourienne, d'origine Indonésienne et de confession musulmane. Ainsi, je joue souvent un rôle de médiatrice entre les attentes de ma famille et celles de mon époux. Olivier doit se conformer à certaines traditions. Il a dû par exemple se convertir à l'Islam (il vient d'une famille catholique) pour le mariage. Même s'il ne comprenait pas les prières en Arabe, il a respecté ma religion et s'est ouvert à la culture musulmane", nous confie Hidayah.
Une seconde vie riche de découvertes pour Olivier
"Cette union est une immersion totale dans une autre culture. Cela implique une adaptation à la fois aux usages asiatiques et aux traditions musulmanes. C'est un apprentissage de vie qui n'est décrit dans aucun livre et qui demande une ouverture d'esprit, une tolérance et une sensibilité constante. De fait, ce fut à moi de m'adapter ce qui n'est pas toujours facile avec notre regard européen."
Pour Olivier, cette seconde vie est aussi une seconde chance "je redécouvre la vie à deux et une nouvelle vie de famille. Tout est meilleur, j'apprécie chaque moment. On ne peut pas dire qu'il y ait moins de stress ou de pressions mais plutôt une plus grande disponibilité et écoute. Cette relation biculturelle me permet de continuer à apprendre sur les autres et sur moi-même et fait écho à la dimension multinationale de ma famille. Ma fille vit actuellement à Dallas aux USA, mon fils poursuit ses études en France et le dernier vit avec nous à Singapour."
Une confiance en l'avenir pour Hidayah
"Olivier est mon meilleur ami, mon confident, mon partenaire, mon roc. Même si nos goûts culinaires et musicaux sont différents et si nous ne comprenons pas nécessairement les mêmes blagues, le plus important est de nous comprendre. Je ne pense pas avoir beaucoup changé depuis notre mariage en termes de valeurs et de croyances.
En fait, il y a beaucoup de choses que j'ai apprises sur moi-même, mais mes valeurs fondamentales demeurent. Comme tout ce qui en vaut la peine, il peut y avoir des hauts et des bas. La peur de l'éloignement, du changement et la question de la religion notamment depuis l'arrivée de notre enfant sont des sujets de discussion fréquents. Les compromis font partis de notre vie de couple.
Il est vrai que c'est plus facile pour moi que cela ne l'a été pour Olivier. En tant que singapourienne, je suis habituée à vivre avec différentes cultures et différentes races. La famille d'Olivier parlant l'anglais, j'ai été très bien accueillie. La principale difficulté reste pour moi, l'apprentissage de la langue française."
Un conseil pour terminer
"Comme lorsque chaque couple se construit, une période d'adaptation et de concession est indispensable. On ne peut pas changer l'autre. Ce contexte est encore plus vrai dans une relation biculturelle et binationale. Echanger et communiquer au quotidien sont les maitres mots pour éviter les non dits et les incompréhensions mais cela en vaut la peine. Notre petit garçon de trois mois, Ary-Kyann est le fruit de notre amour et la preuve que cela peut fonctionner. Joyeuse Saint Valentin à tous !"
Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) lundi 14 février 2011

















