Édition internationale

PARCOURS D’ENTREPRENEUR - Dans l’intimité d’une galeriste nomade

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 novembre 2012

 

Spécialiste de l'investment banking, à Paris et à Londres, Clémentine de Forton a radicalement changé de vie, en 2008, en arrivant à Hong Kong. Passionnée d'Art, elle abandonne la banque et crée en quelques semaines une galerie d'Art nomade, qu'elle a d'ailleurs depuis transportée avec elle, de Hong Kong à Tokyo, puis à Singapour

Ne cherchez pas la galerie Artemiss. C'est une galerie nomade qui s'installe dans des lieux différents, un jour dans le lounge d'un hôtel, l'autre dans le salon d'un particulier. "J'aime exposer l'Art dans des lieux aménagés, explique Clémentine de Forton, dans des environnement où les personnes peuvent se sentir chez soi. L'une des limites des galeries, c'est que les lieux sont souvent perçus comme intimidants. Tout est blanc, pas de bruit. L'idée est de casser l'image d'un art un peu prétentieux".

Un parcours atypique
A l'instar de son concept, l'itinéraire de Clémentine de Forton n'est pas conventionnel. Diplômée d'une école de commerce, elle a d'abord travaillé pendant 8 ans dans la Finance pour une grande banque d'investissement. "Un monde très dur, se souvient l'intéressée, qui forge le caractère et est un bon entraînement pour devenir entrepreneur". Comme souvent, le déclic naît d'une rencontre, celle d'un artiste dont elle apprécie les ?uvres, qui lui ouvre la porte du monde des arts et lui donne envie d'approfondir. Ce que fait Clémentine, qui tisse rapidement un réseau serré de relations avec de nombreux artistes. Lorsque, en 2008, se présente l'opportunité d'aller vivre à Hong Kong, Clémentine n'a encore aucune expérience du métier de galeriste, mais elle est passionnée et pleine d'idées. Sans état d'âme, elle quitte les chemins balisés d'une carrière dans la Finance et propose aux artistes qu'elle connaît de les représenter en Asie. Banco ! Malgré son inexpérience, ils lui font confiance. Arrivée à Hong Kong en Juillet, Clémentine crée rapidement sa société et inaugure, dès le mois de février, une première exposition. Sur place, elle fait la connaissance d'une Française spécialisée dans le design. Avec elle, elle engage une collaboration qui prévoit l'organisation d'expositions toutes les 6 semaines dans ses boutiques de mobilier design.

L'Art à portée de tous
Clémentine de Forton milite pour une perception moins élitiste de l'Art. L'ambition est de mettre celui-ci à portée d'un large public en levant les inhibitions liés aux discours et aux lieux. Les ?uvres sont celles d'artistes occidentaux : des photographes, peintres ou sculpteurs dont les styles peuvent être très différents.   
Clémentine fourmille d'idées. Elle aimerait que ses expositions soient de véritables lieux d'échanges où les visiteurs fassent aussi part de leurs découvertes et des artistes qu'ils apprécient. Avec une illustratrice Italienne rencontrée à Tokyo, elle lance une collection d'illustrations sur toile à destination des enfants. Elle aimerait encore développer un concept de location d'Art: permettre aux gens, contre un abonnement, d'avoir des ?uvres chez eux pendant un certain temps. Une idée sans doute séduisante mais qui demande une solide organisation logistique.

Pour l'heure, le travail de galeriste est, à soi seul, un métier complet. Lorsqu'elle monte une exposition, Clémentine doit s'occuper de tout : de l'encadrement, à l'accrochage sans oublier le transport des ?uvres, la réservation et l'installation du lieu d'exposition, la communication et les invitations. Comment travaille-t-elle avec les artistes ? "C'est une relation de confiance qui se construit dans la durée, indique-t-elle, pour une exposition, je sollicite les artistes sur un thème particulier. La plupart du temps, je leur fais des propositions et nous choisissons ensemble".

A-t-elle des lieux d'exposition privilégiés ? "Je m'attache à organiser les expositions dans des lieux qui fassent du sens et mettent en valeur les ?uvres présentées, répond l'intéressée. Pourtant, si je considère les expositions qui marchent le mieux, ce sont souvent celles que j'organise chez moi, peut-être parce que les gens se sentent ainsi aussi chez eux".

Bertrand Fouquoire ? equipaje (www.lepetitjournal.com-Singapour) mardi 26 juin 2012

logofbsingapour
Publié le 26 juin 2012, mis à jour le 20 novembre 2012
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