

Demain, le PetitJournal.com de Singapour soufflera ses deux bougies. Toute l'équipe a planché sur un édito un peu spécial pour vous remercier de votre fidélité
Pour célébrer les deux ans du PetitJournal.com de Singapour, Carole et Laure ont choisi de vous raconter une anecdote, Laurent vous propose une belle photo prise de nuit de Marina Bay, Bertrand et Olivier se dévoilent un peu?
Lee Kuan Yew, ce vieil homme en baskets par Laure De Charette
Dans le cadre d'un article à rédiger pour un journal français, j'ai eu la chance de voir le 14 septembre dernier Lee Kuan Yew, le père fondateur de Singapour. Celui que Time Magazine présente comme l'un des plus grands chefs d'État du XXème siècle s'avance sur l'estrade, d'un pas lent, très hésitant. Baskets aux pieds, l'air presque hagard, il pose sa vieille carcasse de 89 ans dans un fauteuil, face au public. Silence. Mais à peine ouvre t-il la bouche que l'on sent la poigne, l'autorité, la vision d'un homme qui a transformé un rocher couvert de jungle en une nation de premier plan ?« from third world to first », comme il aime à le dire- en un demi siècle. Critique des démocraties occidentales surendettées, rejet d'un système bi-partisan pour Singapour, rôle d'équilibriste joué par le pays entre la Chine et les États-Unis : le vieil homme en baskets a encore de l'énergie à revendre !
Marina Bay par Laurent Himblot
Pour moi, Singapour a explosé avec Marina Bay. Pas très original, mais Singapour c'est aussi ça et c'est devenu l'un des endroits les plus visités par les touristes et privilégiés par les photographes amateurs et professionnels. D'ailleurs, le grand prix de F1 télévisé dans une grande partie du monde a fait découvrir Marina Bay et son Merlion. Dorénavant, la cité-État ne vit plus dans l'inconnu !
Des rencontres, des histoires par Bertrand Fouquoire
Il n'y a pas deux interviews semblables, mais mon plaisir nait invariablement des mêmes instants. Recueillir des propos déjà préparés et formatés m'ennuie souvent. Faire dire à toute force à quelqu'un ce qu'il ne souhaite pas exprimer ne m'intéresse pas. Permettre à quelqu'un d'exprimer ce qu'il ne sait pas comment formuler me semble prétentieux. Mais faire naître, au détour d'une question, la pétillance d'une autre perspective me passionne. Sans doute mon regard est-il plus entraîné par mon parcours dans les Ressources Humaines que par l'écriture d'articles. Ce qui m'intéresse, c'est l'histoire que les gens racontent. Peu importe le format, cette histoire est toujours riche.
Cultiver son jardin par Olivier Massis
Chaque fois que je m'installe dans un fauteuil, que ce soit à l'Esplanade, au DBS Arts Center, au Drama Center de la National Library ou à Marina Parade (The Necessary Stage), je viens vivre un moment d'exception. Le simple fait de passer la porte de la salle et de chercher du regard où se trouve le fauteuil dans lequel je vais passer les deux heures à venir, est une source d'excitation. J'ai hâte, tout simplement, que le téléphone portable de mon voisin soit définitivement éteint, que la voix ait égrené le doux nom des généreux sponsors, que la lumière ne s'éteigne. Bref, qu'on en finisse avec le présent et que le rideau se lève sur un bout d'imaginaire donné à vibrer à d'autres imaginaires pour trouver une harmonie ensemble.
Et c'est là que les choses se compliquent...
Le spectacle commence. L'actrice (ou l'acteur) se met à parler. Les spectateurs regardent, après tout c'est leur rôle, et parmi eux, il y en a qui sont chargés de rapporter ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont compris (ou croient avoir compris), ce qu'ils ont aimé (ou détesté). Bref, certains viennent dans la salle pour donner leur avis. Comme tout le monde, me direz-vous ! Certes, mais ceux-là, leur avis sera publié sur deux colonnes, en ligne... Peu importe le support, leur avis a assez d'intérêt pour qu'il soit publié. On les appelle les critiques.
Et contrairement à ce que laisse entendre leur titre, rien n'est vraiment critique. Malgré tous les effets rhétoriques, la raison laisse bien souvent sa place au coeur. Rien de plus subjectif, en effet, qu'un papier écrit sur un spectacle. Du point de vue du rédacteur, moi en l'occurrence. Et la critique ne doit pas perdre son rôle d'incitateur. Inciter à aller au spectacle. Ou à rester chez soi. On ne vient jamais vraiment neutre s'asseoir dans le fauteuil. Des Shakespeare, on en parle d'ailleurs comme d'une franchise et théâtrale et commerciale, on en a vu avant, on sait qu'on en verra après. La représentation du soir, qu'elle soit dans le parc de Fort Canning ou dans la grande salle de l'Esplanade, n'arrive pas seule ; elle est accompagnée de toute une série d'images, d'émotions, de voix. Et malgré soi, les unes font écho aux autres... Rien d'autre donc qu'une subjectivité à contraindre aux exigences de l'exercice journalistique. Et si, comme le dit Peter Brook (dont je ne cesserai de clamer combien sa mise en scène de "Eleven and Twelve" fut un délicieux enchantement), au théâtre, "le Diable, c'est l'ennui"; le pire, quel que soit le spectacle proposé, le pire donc, est que le ravissement n'ait pas lieu. Que le spectateur reste assis dans son fauteuil, qu'il en ressente cette pesanteur extrême, l'oeil rivé à sa montre, poli de ne pas vouloir déranger ses voisins pour s'échapper de la travée !
Le travail du critique de spectacle est proche de celui du funambule. Le moindre coup de vent le précipite dans les affres du copinage, du préjugé ou de l'élitisme. La mise en scène et la chorégraphie, deviennent alors secondaires ; un prétexte pour sortir la brosse à reluire, ou le tranchet ! Mais, c'est s'éloigner de l'intérêt de toute critique...
Les Gypsy Kings par Carole Chomat
Il est 23 heures ce 26 mars 2010, le Singapore Flyer brille de tous ses feux et Marina Bay Sands au loin -encore en travaux- semble observer cette foule subjuguée. Sur scène, le groupe de guitaristes français gitans mondialement connu, les Gypsy Kings enflamme le circuit de F1 ! La veille, j'avais pu interviewer André Reyes et ses acolytes grâce au service culturel de l'Ambassade de France à Singapour. Cette rencontre loin des Sunlights reste l'un de mes meilleurs souvenirs. Le Petit Journal de Singapour avait alors à peine deux mois d'existence !
Avec du recul, ces deux années furent riches en rencontres et je remercie infiniment les personnes sans qui Le Petit Journal de Singapour n'existerait pas : Laure, journaliste installée depuis deux ans dans la cité-État qui nous apporte un regard professionnel et critique à travers ses chroniques, Olivier, enseignant au Lycée Français de Singapour, notre Monsieur Culture qui va nous manquer lorsqu'il voguera vers d'autres horizons en septembre prochain, Bertrand qui depuis le début de l'aventure a exploré les pistes de l'expatriation dont les portraits sont toujours pertinents et enfin Laurent, notre photographe au talent apprécié de tous.
J'ai également une pensée pour toutes les personnes qui ont partagé cette aventure à un moment donné, comme Sharm, Maxime, Claire, Florence, Isabelle, Marianne et Heloise.
Sans oublier l'équipe internationale LePetitJournal.com et mes confrères des éditions en Asie-Pacifique ? Pierre à Bangkok, Smey au Cambodge, Quentin à Tokyo, Eric à Hong Kong et Laurence à Shanghai et Pékin, Flore et Agnès à Sydney - et dans le monde entier !
Enfin, je remercie tous nos lecteurs de plus en plus nombreux pour leur fidélité et leur confiance en souhaitant que nous poursuivions ensemble notre route le plus longtemps possible?
La rédaction (www.lepetitjournal.com-Singapour) vendredi 20 janvier 2012

















