Édition internationale

JOURNEE DES TOILETTES – “I give a shit, do you?”

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 décembre 2012

La "World Toilet Day" est célébrée chaque année le 19 novembre. Bien qu'insolite, elle traite d'un sujet sérieux : près de la moitié de la population mondiale n'a pas accès à des toilettes et au tout-à-l'égout. Retour sur cette journée spéciale et sur la mobilisation de la cité du Lion

Célébrée dans le monde entier depuis 2001, la Journée Mondiale des Toilettes a lieu ce 19 novembre dans une vingtaine de pays, de Singapour à l'Afrique du Sud, de l'Australie à l'Inde. Une journée hors du commun pour rappeler un drame qui fait qu'aujourd'hui encore plus d'un tiers de l'humanité est dépourvue de toilettes.

?I give a shit, do you??
Est le thème provocateur retenu pour cette journée mondiale 2012. Mise en place par the Water Supply and Sanitation Collaborative Council (WSSCC) et the World Toilet Organization (WTO), la Journée mondiale des toilettes vise à briser le tabou et à attirer l'attention sur le défi qu'est  l'assainissement.

L'assainissement est un droit humain fondamental. "Pouvez-vous imaginer ne pas avoir de toilettes pour vous soulager, ne pas avoir d'intimité ?, interpelle Saskia Castelein de l'organisation WSSCC, bien qu'impensable pour ceux qui vivent dans les régions riches du monde, c'est une dure réalité pour beaucoup. Une personne sur trois n'a pas accès à des toilettes ! La campagne de la Journée mondiale de toilettes vise précisément à sensibiliser, à créer l'action et à faire en sorte que l'assainissement et  l'hygiène soient une réalité pour tous au 21e siècle".

Un problème de santé publique
Ne pas disposer de toilettes augmente le risque de maladies, pouvant être parfois fatales. En leur absence, les personnes se soulagent dans les rues, les arrière-cours ou les champs. Cette pratique contamine l'eau potable et les sources d'approvisionnement en eau, multipliant les risques sanitaires. L'absence de structures de tout-à-l'égout est la première cause mondiale d'infection et a longtemps été négligé par les politiques.

Deux millions de personnes décèdent chaque année de maladies diarrhéiques causées par le manque d'assainissement, dont un enfant de moins de cinq ans toutes les 20 secondes. Même les pays équipés d'un grand nombre de sanitaires doivent faire face à des problèmes, allant du manque d'hygiène dans les toilettes publiques aux systèmes d'évacuation des eaux usées.

Singapour se mobilise depuis plus de 10 ans
D'années en années, la mobilisation s'opère dans le monde entier. Rien qu'en 2010, 51 événements ont eu lieu à travers 19 pays. "Mais le chemin est long, c'est pourquoi il est important que nous nous mobilisions tous", explique Jack Sim, installé à Singapour et fondateur, directeur général de l'Organisation mondiale des toilettes.

Il faut rappeler que Singapour s'investit dans cette journée mondiale depuis sa création en 2001. "Dans un premier temps, notre organisation a suscité des réactions mitigées. Les gens se posaient des questions sur nos intentions, nos actions. Est-ce que ce n'était pas juste une manière irrévérencieuse de se moquer des autres ? Puis, lorsque le débat a eu lieu. Les journalistes ont commencé à prendre notre message au sérieux. Au fil des ans, les mentalités ont évoluées progressivement cédant la place à la créativité spontanée. D'ailleurs la campagne "Big Squat" en 2010 a rencontré un fort succès au niveau mondial et notamment à Singapour où plus de 600 "squatters" avaient rejoint la cause dans six endroits de la cité-Etat".

Comme l'année précédente, en collaboration avec One Singapore, samedi 10 novembre a eu lieu le Golden Poo Awards au Moshi Moshi Bollywood. Humour au second degré et spectacle de danse autour du thème des toilettes ont ainsi apporté leur soutien à cette action mondiale.

Pour la petite anecdote
Saviez-vous pourquoi Lavender Street  - qui relie Balestier Road et Serangoon Road - avait été officiellement nommée ainsi le 8 mars 1858 ? Le nom de "Lavande" avait été suggéré par les résidents de cette rue car c'était l'une des plus sales, qui dégageait une odeur nauséabonde.

Au cours du 19ème siècle, Lavender Street était un chemin, entouré de jardins potagers cultivés par la communauté chinoise et par des plantations de sucre. La nuit, une odeur âcre remontait des sols car l'urine était alors utilisée comme engrais. D'autre part, une vieille usine située à la jonction de Lavender Street et de Kallang Road lâchait un gaz malodorant.


Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) lundi 19 novembre 2012

logofbsingapour
Publié le 19 novembre 2012, mis à jour le 10 décembre 2012
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