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ENTREPRENEUR A SINGAPOUR - Loh Lik Peng - L'avocat devenu hôtelier par amour des vieilles pierres

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 15/06/2014 à 16:10 | Mis à jour le 16/06/2014 à 01:48

Né à Dublin de parents singapouriens médecins, Loh Lik Peng est à 42 ans un hôtelier restaurateur très investi dans la préservation du patrimoine. Après des études de droit et une première expérience comme avocat, il est devenu entrepreneur par amour des vieux immeubles, dans lesquels il a créé des concepts d'hôtellerie restauration. Il emploie aujourd'hui 500 personnes et est à la tête de 7 hôtels et de plus de 20 restaurants à travers le monde.

Loh Lik Peng entrepreneur singapourienLoh Lik Peng cumule les titres : membre du Singapore Tourism Board, du Tourism Consultative Council, Vice Président de la Singapore Hotel Association et de Shatec Institutes. En 2004, le Singapore Tourism Board lui décerne le "New Tourism Entrepreneur Award" pour son travail de transformation d'une simple shop house en hôtel (Hotel 1929 à Chinatown). Il sera également primé "Tourism Entrepreneur of the Year" en 2011.

Parlez-nous un peu de votre enfance

Loh Lik Peng – J'ai eu une enfance idyllique, c'était facile d'être un enfant à Singapour. Mes parents  travaillaient comme médecins, ils étaient donc assez occupés et je n'avais, du coup, pas trop de pression, je jouais beaucoup. Lézards, araignées, poissons : la vie sauvage était partout, je jouais dans les canaux, j'avais une vie simple. J'ai vécu ici jusqu' à 12 ans puis je suis parti en pension en Irlande, une autre expérience mais de très bons souvenirs également. J'ai ensuite fait mon droit en Angleterre à l'université de Sheffield et à la London School of Economics, et je suis rentré à Singapour en 1997.

Comment avez-vous monté votre entreprise ? 

Tout a commencé avec Hotel 1929. J'étais un jeune avocat à Singapour. Le boulot n'était pas très amusant car à l'époque je m'occupais surtout des faillites. Cependant, il y avait de nombreuses opportunités et les biens étaient peu chers. J'ai toujours été intéressé par la conservation du patrimoine. J'ai longtemps vécu à l'étranger donc j'apprécie les vieux immeubles et l'histoire. Je suis, et j'ai toujours été, un nostalgique du passé ! J'ai commencé à investir et acheter des immeubles pour y créer des concepts d'hôtellerie-restauration.

Vous avez investi à Londres, Shanghai, Singapour et Hong Kong, comment se sont faits ces choix ?

Ce n'est pas moi qui ai choisi les lieux, ce sont eux qui m'ont appelé ! En général, ce qui se passe c'est qu'on me parle d'un immeuble intéressant pour y développer un projet et j'investigue. Qu'il soit à Londres ou à Hong Kong, peu importe, je choisis le lieu puis vient le projet et le concept. Le tout c'est d'être au bon endroit au bon moment !

Qui sont vos clients ?

Ce sont des voyageurs internationaux indépendants, des aventuriers et qui aiment le design, et qui apprécient d'être dans des lieux ayant du cachet et du charme, des lieux où vivent et sortent les locaux plutôt que des quartiers touristiques. A Londres, nos établissements sont dans l'East End, un coin jeune et branché ; ici on est à Little India et Chinatown. En ce qui concerne nos restaurants, nos hôtels étant généralement petits, nos clients sont dans 85% des cas des locaux.

Vous semblez apprécier la French touch pour vos cartes de restaurant…

Je crois que la France est la figure maternelle de la cuisine et que de nombreuses cuisines ont leurs racines dans votre héritage gastronomique. Par ailleurs, nous proposons une carte de qualité et on met l'accent sur le design ; c'est pour cette raison qu'on n'offre pas de cuisine locale, on n'aurait ni la légitimité ni quelconque avantage comparatif. On a des concepts français mais aussi japonais, américains, australiens... Je suis prêt à faire n' importe quelle cuisine à partir du moment où l'on apporte un concept et qu'on reste dans le fun.  A Bincho, notre nouvelle enseigne japonaise, on célèbre le poulet dans un lieu insolite, pour Burnt Ends tout est cuit au barbecue. Je peux tout faire !

A quoi ressemble une journée type pour vous ?

Je n'ai pas de journée type : je traite les emails, j'ai des rendez-vous et je développe mes nouveaux projets. Je suis aussi très actif auprès de plusieurs associations, ce qui m'occupe environ 2-3 heures par jour. En ce moment, je suis très pris par l'URA (Urban Redevelopment Authority, association de régulation pour la rénovation des immeubles). Je m'occupe également de nos ouvertures à venir : Sydney, où nous ouvrirons 3 restaurants et un hôtel début 2015, et Paris, où je prépare l'ouverture d'un restaurant dans le Xème arrondissement avec le fameux chef André qu'on ne présente plus à Singapour !

Quel est votre plus grand défi ?

Mon plus gros défi c'est de dénicher les bons talents : pour le design, le personnel des établissements, trouver les bons chefs du moment, ceux qui vont devenir des grands du monde de la gastronomie.

Et après, quel serait votre grand rêve ?

Faire un break, prendre 2 ans à ne rien faire ! Mais ce n'est pas réaliste avec le prochain gros projet à Sydney. Ce qui se passe, c'est que quand on entre dans un pays avec un projet ou qu'on y ouvre un établissement, ça fait boule de neige et on nous propose ensuite d'autres investissements. A mon niveau je ne peux pas déléguer car in fine c'est moi qui décide des lieux à acquérir. Bref, je ne pense pas que faire un break sera pour demain !

Raphaëlle CHOËL (www.lepetitjournal.com/singapour) lundi 16 juin 2014

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