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8 WOMEN – Neuf raisons de courir voir cette pièce à Singapour !

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 mars 2013

Digne d'un roman d'Agatha Christie, ou d'une partie de Cluedo, l'humour qui règne dans 8 WOMEN, pièce de Robert Thomas, portée à l'écran par François Ozon et présentée à Singapour par Nathalie Ribette, n'est pas toujours très rose et vire souvent au noir... Amour, séduction, haine, colère, ressentiment, désespoir, tendresse et jalousie : tous les ingrédients sont réunis pour un huis-clos haletant sur scène, porté par une belle brochette d'actrices singapouriennes.

8 WOMEN est une comédie doublée d'un suspense policier, rappelant les films de huit clos où le meurtrier fait partie du groupe. En France, dans une maison bourgeoise des années 50, le patriarche, unique homme de la maison est assassiné. Les 8 femmes qui peuplent sa vie sont emprisonnées dans cette demeure, et l'une d'elles est forcément la coupable. Qui ? Son épouse singapourienne, sa belle-mère, sa belle-s?ur, ses deux filles, sa s?ur, la gouvernante indienne ou la bonne française ? Toutes sont soupçonnées, jusqu'au dénouement final inattendu...

8 WOMEN est aussi le résultat d'une alchimie réussie entre plusieurs femmes, qui ont toutes révélé une nouvelle facette de leur personnalité au cours de cette pièce. Nathalie Ribette et ses huit actrices, Daisy Irani, Julia Abueva, Neo Swee Lin, Serene Chen et Sophie Wee, mais aussi Kimberley Creasman,  Morgan Stroobant et Tan Kheng Hua très connues à Singapour, se sont prêtées au jeu de l'interview pour lepetitjournal.com.

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous retracer les grandes lignes de votre parcours ?

Nathalie Ribette (Fondatrice de Sing'Theatre)  Après une carrière en marketing/vente en France, j'ai réalisé un rêve d'enfant en montant sur scène pour Starmania, avec l'Alliance Française de Singapour en 1998. J'ai adoré cette expérience. Pas tant le fait d'être sur scène, car j'étais pétrifiée par une peur dont je n'ai jamais réussi à me défaire, mais par l'expérience humaine, à la fois celle de l'équipe artistique et aussi voir le bonheur du public ému d'entendre à Singapour les chansons de Michel Berger. Mon revirement de carrière m'est alors apparu comme une évidence: je devais à terme en faire mon métier ! C'est ainsi, après avoir joué dans une vingtaine de productions (pièces de théâtre, pantomimes, comédies musicales) que je suis passée à la mise en scène et la production d'abord amateur puis professionnelle, la dernière étape a  été de créer SING'THEATRE en 2006 en m'attachant à faire découvrir la culture française à un public singapourien. Je fais toujours travailler des acteurs locaux, souvent très connus, mais aussi des plus jeunes que j'ai envie de lancer. C'est grâce à eux que je touche un public local. Mon public d'expatriés français apprécie, lui, de retrouver un petit coin de France et de sa culture, aussi loin de sa terre natale !

Pour quelles raisons avez-vous choisi de monter cette pièce en particulier à Singapour ?
Le film d'Ozon, 8 FEMMES, est très populaire en France, notamment grâce à son casting de rêve (Catherine Deneuve, Isabelle Hupert, Fanny Ardant, etc). Ce qu'on ne sait pas en général, c'est que le film est tiré d'une pièce des années 50, non chantée. Cela fait longtemps que je souhaitais mettre en scène cette pièce pour son intrigue à la ?Cluedo?, son suspens et son humour, et bien sûr pour l'exploration de la femme sous toutes ses coutures (défauts compris!). Je tenais à ce que les actrices ne chantent pas, pour respecter le script original et que l'ambiance soit aussi plus ?noire?! La pièce récemment traduite en anglais et jouée à Londres en 2011 a eu un succès fou. Cela a fini de me convaincre de la monter à Singapour !

Comment avez-vous sélectionné vos actrices ?
J'ai en tête depuis longtemps un casting de femmes formidables pour 8 WOMEN, et j'ai la chance de travailler avec elles aujourd'hui sur scène mais aussi en backstage. Les 8 femmes qui se partagent l'affiche forment une équipe multi générationnelle et multiculturelle (singapouriennes d'origine chinoise ou indienne, philippine, américaine et une belge qui vient de Paris pour jouer?). Vous y verrez des stars singapouriennes, plusieurs fois récompensées pour leur travail, comme Tan Kheng Hua, Neo Swee Lin ou encore Daisy Irani. Notre metteur en scène, Samantha Scott-Blackhall, est elle aussi une femme d'exception, plusieurs fois primée par les ?Molière? locaux. Faire travailler huit femmes ensemble n'est pas simple (elles ont toutes leur mot à dire!) mais qu'est-ce qu'on s'amuse!!

Quelle idée vous faites-vous de la France et des Français ? Le personnage que vous interprétez dans 8 WOMEN représente-t-il un challenge pour vous ?

Kimberley Creasman (la s?ur de la victime)
Adolescente, j'ai adoré étudier la langue et la culture françaises à l'école durant 5 ans et j'ai ensuite eu la chance de passer l'été 1982 dans la vallée de la Loire et Paris. Trente ans plus tard, les chaleureuses femmes de SING'THEATRE m'ont permis de me replonger dans cette expérience! C'est un défi difficile mais amusant d'interpréter une femme dotée d'une telle réputation qu'elle n'a jamais été autorisée à mettre les pieds dans la maison de son frère! Je suis personnellement plutôt conservatrice, vivant dans un HDB et portant des tongs tous les jours ; aussi dès le premier jour, j'ai répété juchée sur de hauts talons et maquillée, afin de me fondre dans la peau du personnage ! 

Morgan Stroobant (la femme de chambre)
La France est la représentation sensuelle de la liberté, qui vous emmène sur des montagnes russes émotionnelles... Jouer le personnage de Louise, la séduisante femme de chambre, constitue un grand défi pour moi, dans la mesure où elle doit rester calme en raison de sa position sociale dans la maison. Elle a de fait développé une grande capacité d'écoute et de réponse qui mobilise tout le corps pour être pleinement engagée à réagir dans l'instant, tout en gardant une certaine réserve.

Serene Chen (la belle-s?ur)
Les Français sont tellement excentriques et intrigants! Comme leur nourriture, ils me paraissent subtils et plein de saveur. Rose est drôle, sans le faire exprès. Elle est aimable, mais pas adorable... alors vous pouvez aisément imaginer en quoi chaque répétition représente un challenge pour moi !

Julia Abueva (la fille cadette)
Je trouve les Français chics, sophistiqués et tellement à la mode. Catherine est une fougueuse jeune fille de 15 ans, et je m?identifie complètement à ce personnage! Le seul défi est de réussir à transposer ce trait de caractère sur scène, car les rôles que j'ai joués jusqu'à présent étaient doux, jeunes et innocents.

Neo Swee Lin (la belle-mère)
Je pense que les Français adorent leur nourriture et boivent du vin comme d'autres de l'eau. Personnellement, je n'aime pas l'alcool, mais la cuisine française reste ma nourriture préférée. Grand-mère Alice est vieille et passe ses journées assise dans un fauteuil roulant, la plupart du temps ivre... C'est un véritable travail de composition !

Daisy Irani (la gouvernante indienne)
J'adore les Français - ce sont les seules personnes au monde qui parleraient plutôt hindi qu'anglais! Une gouvernante indienne en France !! Si cela n'explique pas en soit l'intrigue, qui le fera? Mais ne le racontez pas aux autorités françaises d'immigration, ils lanceraient l'inspecteur Clouseau à mes trousses !

Tan Kheng Hua (l'épouse singapourienne)
Mon idée de la France ? C'est le pays de mon fromage préféré, le roquefort ! Ce que je pense du Français ? Un seul mot - élégant ! Et sinon, je viens de répéter sept heures en talons hauts ! Aïe, aïe, aïe !

Sophie Wee (la s?ur ainée)
La France me semble être un endroit tellement romantique... J'adorerais visiter la belle campagne un jour. Jouer un personnage qui ne correspond pas à sa propre personnalité est toujours un peu un défi. Suzanna est élégante mais intrusive et arrogante, j'ai énormément de plaisir à jouer ce rôle.

8 WOMEN, une pièce jubilatoire, portée par une belle brochette d'actrices singapouriennes, qui mérite d'être vue et revue.

Propos recueillis par Laurence Huret (www.lepetitjournal.com-singapour) mercredi 27 mars 2013


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Publié le 27 mars 2013, mis à jour le 27 mars 2013
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