Prévue initialement il y a deux mois, la visite officielle de Donald Trump en Chine aura finalement lieu leu 14 au 15 mai. Alors que plusieurs sujets sensibles y seront abordés, les observateurs internationaux ne s’attendent pas à des revirement majeurs mais plutôt à une recherche de stabilisation des relations bilatérales dans un contexte international fragilisé et à l’approche des élections mi-mandat aux Etats-Unis.


Négociations commerciales
Dans un contexte de guerre commerciale rythmée par des taxes imposées par les Etats-Unis à la Chine et éclipsé dernièrement par la guerre contre l'Iran avec la hausse des prix du pétrole qui s'ensuivent, la rencontre pourrait bien mener à une trêve.
Dans cette optique, le président américain qui garde en vue les mid-terms dans son pays, a annoncé la création d’un Board of Trade (Bureau du Commerce) dont le cadre final pourrait être validé durant cette rencontre au sommet. L’idée est de définir d’une part les matières et produits que les deux pays s’engageraient à exporter même en cas de tensions (notamment poulets, boeuf et soja américain mais aussi charbon et pétrole américain) et d’autre part ceux qui resteraient hors de portée, comme notamment les puces américaines les plus avancées.
Le président Trump serait accompagné dans son voyage par les patrons des compagnies comme Apple, Exxon, Nvidia ou encore Boeing, qui espère faire avancer les discussions sur l'achat par la Chine de 500 machines B737 MAX - projet qui s'est retrouvé au point mort depuis quelque temps.
De son côté, la Chine espère un relâchement des restrictions sur l’exportation des semi-conducteurs indispensables pour son industrie ainsi qu’une révision de la loi limitant l’accès de la Chine à l’équipement permettant de fabriquer les micro-puces.
La Chine dispose d'un levier important avec la limitation de l'exportation des terres rares et minéraux critiques dont elle détient la majorité de gisements - mesure qui impacte douloureusement l'industrie automobile et aérospatiale américaine.
Rappelons qu’en 2025, la Chine a exporté 308,4 milliards de biens aux Etats-Unis alors que ceux-ci ont vendu 106,3 milliards à la China ce qui représente un déficit de 202,1 milliards pour les Etats-Unis.
La guerre avec l’Iran
Depuis le déclenchement des hostilités contre l’Iran et l'enlisement des Etats-Unis, le président américain est à la recherche d’alliées pour les opérations visant à réouvrir le détroit d’Ormuz. Cette fermeture du détroit, par lequel transite plus de 20% de la production mondiale de pétrole, impacte également l’approvisionnement de la Chine en énergie. De son côté la Chine, considérée comme l'un des principaux alliés de l’Iran, campe sur la position que la résolution de cette guerre relève uniquement de la responsabilité américaine. Néanmoins, elle pourrait peut-être utiliser son influence sur l’Iran comme levier pour obtenir quelques concessions commerciales supplémentaires de la part de Trump.
Bien en retrait au Pakistan les autorités chinoises ont déjà mené des discussions avec l’Iran, encourageant celui-ci à continuer les pourparlers avec les Etats-Unis. Par ailleurs, le Ministre des Affaires Etrangères iranien était également en visite à Beijing cette semaine. Preuve que la Chine entend peser à sa manière sur la résolution du conflit.

La question épineuse de Taiwan
Sans surprise, le point le plus sensible reste la question de statut de Taiwan. Dans un appel récent avec le secrétaire d’Etat Marco Rubio, le Ministre des Affaires Etrangères chinois Wang Yi a fait comprendre que la Chine s’attend à ce que le président américain modifie son discours sur Taiwan.
En même temps la partie chinoise tenterait d’obtenir des concessions concernant notamment des livraisons d’armes à Taiwan par les Etats-Unis.
Suite à la visite de Trump à Beijing, on s’attend à une annonce de la contre-visite de Xi Jinping aux Etats-unis à l'automne. Les deux dirigeants seront par ailleurs amenés à se rencontrer au sommet de l’APEC en novembre à Shenzhen et lors du G20 à Miami en décembre.












