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"Shanghai donne envie de ne plus repartir"

De Shanghai, on nous avait peint un tableau très contrasté. Mais finalement, comment une ville d’une telle ampleur pourrait-elle se définir par l’unité ? Tenait à nous de prendre la mesure, la température de cette ville et se créer notre propre idée de celle qui allait nous accueillir pour les années à venir. Installés seulement depuis quelques semaines, nous naviguons encore entre découvertes et émerveillement.

arrivée shanghaiarrivée shanghai
Écrit par Amélie Perraud Boulard
Publié le 18 février 2026, mis à jour le 14 février 2026

 

Shanghai, une ville étonnament silencieuse

Nos premiers jours à Shanghai ont tôt fait de nous rassurer quant à ce nouveau choix de vie. Parée de ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d'année et largement visitée par les touristes, a pourtant dominé l'impression que Shanghai - tout du moins les quartiers que nous avons arpentés -, bien que mégalopole de 30 millions d’habitants, était une ville respirable, exempte de toute impression d’oppression. Si l’on y trouve d'impressionnants gratte-ciel, on y découvre également nombre de bâtiments plus bas, sans compter des espaces dégagés aux alentours, des rues et des trottoirs larges, mais aussi des espaces verts. Ressenti certainement renforcé également par le calme.

Ayant vécu dans plusieurs grandes villes, je n'hésiterais pas une seconde à décerner à Shanghai le prix de la moins bruyante ! Malgré les grands axes s’entrecroisant en tous sens, la circulation incessante des véhicules et des deux-roues, nul besoin de hausser trop le ton pour parler avec ses compagnons de promenade, nulle impression d’être assourdis par le bruit. L’un des effets vertueux du passage d’une majorité de la flotte automobile à l’électrique, à n’en pas douter.

 

Le téléphone portable sert de porte-monnaie

Même si l’on peut voir un inconvénient au déplacement électrique : la difficulté à entendre s’approcher les scooters, dont on ne perçoit bien souvent la présence que lorsqu’ils frôlent nos mollets… Parlons-en de ce ballet de deux-roues, dopé par le règne de la livraison ! Jamais je n’aurais pu imaginer que l’on puisse se faire livrer tout et n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand en juste trois clics sur son téléphone portable.

Le téléphone portable, avec son passeport, est l’outil indispensable de la vie à Shanghai. Pour nous qui venions du Liban où régnait l’économie du cash, difficile d’envisager cette vie où la modernité prenait le dessus. Plus besoin de porte-monnaie, de sac à main : il suffit de s’équiper de son téléphone pour organiser toute sa vie. Une fois les petits problèmes techniques dépassés, l’utilisation de WeChat, Tao Bao et Alipay - nos nouveaux meilleurs amis - s’avère d’une simplicité et d’une efficience redoutables. À l’image d’un fonctionnement d’ensemble, il me semble. Ici, domine l’efficacité. Pas de problèmes, juste des solutions, trouvées rapidement. On n’a pas de temps à perdre.

 

Une ville où domine la profusion

Par ailleurs, nous avons tout de suite été sensibles à l’énergie folle qui se dégageait de cette ville. On sent que les choses bougent vite : l’ouverture d’un nouveau café, des travaux et constructions qui se multiplient, l’inauguration d’un nouvel espace vert, des expositions à foison, mille possibilités de visites… Le tout amplement documenté par les nombreux influenceurs qui arpentent les rues de Shanghai, à la recherche de la prochaine tendance. Il y aurait presque de quoi céder à l’étourdissement !

Que l’on retrouve également sur le plan culinaire, dont nous avons tout à apprendre : du restaurant le plus élégant aux petites échoppes de street food, en passant par des cafés à chaque coin de rue, tout se ligue pour nous tenter et nous faire gagner quelques kilos. Et pourtant, c’est surtout pour nous une invitation à la curiosité et à la promenade. Idéalement plate pour être parcourue à pied ou en vélo, Shanghai nous offre un merveilleux terrain de jeu, stimulant, qui invite à la flânerie, le nez en l’air, l’œil aux aguets de tous ces petits détails qui lui confèrent tant de charme, entre contemporain et tradition.

Mégalopole de tous les possibles qui pourrait peut-être même nous amener à faire nôtre cette phrase de Serge Bramly, extraite du Voyage de Shanghai : « Shanghai est une ville où je pourrais allègrement me perdre pour n'en plus repartir… »

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