Édition internationale

L'automobile chinoise investit en Europe

La présence automobile chinoise en Europe ne se résume pas à l’exportation de voitures « made in China ». Elle passe aussi par la création d’usines sur place et de partenariats avec les constructeurs historiques.

Shanghai BYD Atto 2 Europe constructeursShanghai BYD Atto 2 Europe constructeurs
L'Atto 2 de BYD est déjà une star en Allemagne. Elle sera construite en Hongrie (photo Alexander-93 sur CreativeCommons).
Écrit par Guillaume Clément
Publié le 23 mars 2026, mis à jour le 1 avril 2026

BYD en Hongrie

Face aux sanctions d’une moyenne de 27% frappant les importations de véhicules électriques chinois en Europe, BYD a trouvé la solution : produire directement sur le Vieux Continent. En février 2026, le numéro mondial de la voiture électrique a commencé la production test sur son usine de Szeged, en Hongrie. Il y a déjà embauché 960 personnes, dont 70% de Hongrois.

Cette usine sortie de terre en un temps record pourra fabriquer jusqu’à 300.000 véhicules par an, dont la fameuse Atto 2, qui sera la deuxième voiture produite en Hongrie, après la Dolphin Surf. BYD, qui possède déjà un site en Turquie, envisage encore une autre usine prochainement en Europe, certainement en Espagne ou en Allemagne.

L’Espagne pourrait aussi attirer le numéro deux chinois SAIC (le propriétaire de MG). Quant au constructeur public chinois Dongfeng, il envisage l’ouverture d’une usine en Italie.

 

Rachats de marques

D’autres stratégies pour pénétrer le marché européen ont notamment été développées par Geely, le troisième constructeur chinois après BYD et SAIC. Dans ce cas, il s’agit de reprendre ou de créer des marques européennes qui ont une notoriété importante ou un fort capital sympathie.

Geely a non seulement déjà repris des marques européennes, comme l’Anglais Lotus, la marque suédoise Volvo et London Electric Vehicle Company, qui fabrique les fameux taxis noirs de Londres. Il possède aussi 50% de la coentreprise qui fabrique les Smart, à égalité avec Mercedes-Benz Group, l’ancien Daimler. Il a aussi créé une nouvelle marque de luxe en Suède, Polestar.

Là aussi, Geely devrait se servir de ces marques pour créer des usines en Europe. Il envisage ainsi une implantation en Slovaquie avec Volvo.

 

Partenariats à gogo

Geely développe parallèlement une stratégie de partenariats, notamment avec une firme historique française.

Dès 2021, le projet « Renaulution » a permis la création d’une filiale commune entre Renault et Geely pour créer les moteurs thermiques et les boîtes de vitesse de la firme au losange. Puis, l’année suivante, Geely est entré au capital de la filiale coréenne de Renault pour pouvoir construire à Busan divers modèles, dont le Grand Koleos, la Polestar 4 ou encore la Filante. En 2025, le même type d’opération a commencé à Curitiba avec Renault Do Brasil.

Enfin, maintenant, c’est directement une usine française, Cléon, qui va assembler la nouvelle version de la Twingo électrique, dont 46% des composants ont été conçus à Shanghai. Son moteur électrique a été élaboré par Shangha e-Drive, un partenaire habituel de Geely et d’autres constructeurs chinois. Même les systèmes électroniques de Renault dépendent de plus en plus de Geely.

Mais Renault n’est pas non plus la seule entreprise européenne à reposer sur la recherche chinoise. Aujourd’hui, Stellantis, l’autre grand constructeur français, dépend de plus en plus de Leapmotor, avec qui il envisage une collaboration pour construire un SUV à Saragosse (Espagne) dès août 2026. Toujours en Espagne, Chery va réutiliser l’ancienne usine Nissan de Barcelone pour produire des voitures avec Ebro-EV Motors. Personne n’y échappe… même les constructeurs allemands sont aujourd’hui contraints de nouer des partenariats avec les constructeurs chinois pour ne pas se faire distancer.

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