Édition internationale

La Chine met le cap sur les navires propres

Dans l’optique de réduire les émissions, la Chine se tourne vers une flotte de navires “verts” propulsés soit électriquement soit par biocarburants alternatifs. Quant à Shanghai, la ville est en voie de devenir un hub de transport maritime écologique.

Écrit par Anna Riondet
Publié le 17 mars 2026, mis à jour le 18 mars 2026

Shanghai s’érige en hub maritime vert

Shanghai affiche sa volonté de devenir un hub global de navigation écologique. Son ambition est de ravitailler les navires en carburant vert pour propulsion et pour les opérations à bord. Dans le cadre de ce projet, et en collaboration avec Laogang Renewable Resource Recycling Center qui a commencé comme un centre de traitement de déchets alimentaires, la ville voudrait atteindre la capacité de stockage d’un million de mètres cubes de gaz naturel liquide (LNG) sous douane, en plus d’une capacité d’un million de mètres cubes de méthanol vert et biocarburants. Pour assurer l'approvisionnement, le plan prévoit de développer une coopération avec des régions ayant une grande capacité de production de biocarburants.

Le groupe Shenergy en collaboration avec d’autres sociétés d’Etat,  met en avant le premier projet de biométhanol produit et souté localement fin décembre 2025.

“Nous convertissons le bio méthane provenant des déchets alimentaires en méthanol écologique et ensuite nous le fournissons aux bateaux à travers les opérateurs portuaires” - explique Lu Qiang, le directeur général adjoint de Shanghai Shenji Energy & Environment Technology. - “ L’installation vise à produire jusqu’à 100 000 tonnes par an”.

Le projet a déjà obtenu la certification complète d’ISCC EU (International Sustainability & Carbon Certification) et d’ISCC PLUS, qui englobe l’approvisionnement en matière première, la production et la livraison.

L’approvisionnement à grande échelle ne pouvant pas baser uniquement sur les déchets alimentaires, il est important de diversifier les matières premières. Ainsi, il s’agit d’utiliser également des résidus agricoles comme le foin ou déchets paysagers et de les transformer en bio méthane écologique à travers la gazéification de la biomasse. Une installation de gazéification avec une capacité annuelle de 200 000 à 300 000 tonnes est censée voir le jour en 2029.

 

Les procédés moins chers et plus écologiques

Grâce aux scientifiques de East China University of Science and Technology, une procédure  révolutionnaire de transformation du biogaz en carburant maritime a permis de réduire les coûts de 30%. Ils ont aussi atteint une utilisation de quasi 100% de carbone.

D’après prof Duan Xuezhi, avec cette nouvelle technologie, avec 8 tonnes de déchets alimentaires on peut obtenir 1 tonne de méthanol vert. Dans le cas de Shanghai, qui produit annuellement 3,5 millions de tonnes de déchets alimentaires, cela représente potentiellement 400 000 de tonnes de méthanol vert destiné à alimenter le port de Shanghai.

A ce jour l’obstacle principal à l'écologie était le coût: une tonne de fioul lourd coute 3000 RMB alors qu’une tonne de méthanol vert c’est 9000 RMB. Avec la nouvelle technologie, le coût est donc réduit de 30% et selon ls fluctuations du prix d’électricité il pourrait même égaler le cout du méthanol à base de charbon.

Avec sa première place mondiale comme port de conteneurs, Shanghai est bien placé pour devenir le premier hub de carburant vert dans la région Asie-Pacifique. 

 

Lancement de navires verts

Pour aller plus loin dans la transformation écologique du pays, le ministère des Transports a émis des directives concernant la mise en avant des technologies de batteries et des infrastructures de recharge pour le transport de fret sur de courtes distances.

Ainsi, la province du Fujian où se trouve le siège de la compagnie CATL (leader mondial de la production des batteries notamment pour les voitures électriques) se place en position de leader national avec 34,5% de la flotte électrique chinoise et plus de 40% du marché domestique des équipements associés.

Sans surprise, CATL devient ainsi un partenaire stratégique pour ce projet, en s’associant à une société d’Etat Jining Energy. Ensemble ils prévoient de mettre sur le marché des navires de 2 000 tonnes avec une autonomie de 270 km.

Au niveau international, la société CATL collabore d'ailleurs avec le français CMA CGM pour développer une barge électrique de 182 EVP pour transporter des marchandises au Vietnam. Et d’ici trois ans, CATL vise l’objectif de développer un premier navire entièrement électrique capable de naviguer en haute mer.

La Chine compte actuellement plus de 1000 navires “verts” dont 485 sont 100% électriques. Pour le moment, la majorité de ces vaisseaux sont des bateaux passagers naviguant sur des distances courtes.

Le groupe Fujian  Shipbuilding Industry vient de lancer en février dernier un navire de fret entièrement électrique qui peut transporter jusque’à 1000 tonnes de marchandises. L’autonomie du vaisseau est de 200 km par charge.

Bien que le coût initial d’un navire électrique est deux fois plus important que celui d’un navire classique, le fabricant mise sur la réduction des coûts opérationnels et l’absence d’émissions.

5 premiers navires ont été lancés en décembre 2025 suivis par une commande de 50 autres unités.

 

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