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PÉKIN - Ce qui a changé en 20 ans

Par Gaëlle Déchelette | Publié le 29/05/2018 à 21:30 | Mis à jour le 31/05/2018 à 13:54
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J’ai fait mon premier voyage en Chine en 1998 à Pékin. Je suis revenue dans la capitale plusieurs fois depuis, mais cela faisait quelques années que je n’y avais pas mis les pieds. Je n’en avais pas eu l’occasion (dernièrement, tous mes amis en visite à Shanghai connaissaient déjà Pékin), ni trop l’envie.

Si la ville qui m’avait procuré le déclic d’apprendre le chinois et de m’installer en Chine m’avait tant plu à l’époque, avec le recul, je ne me voyais cependant pas y vivre. Mais pour fêter mes vingt ans d’amour avec la Chine, j’ai décidé de laisser à Pékin une dernière chance… Voici ce que j’ai pu constater durant « one night (et deux jours) in Beijing ».

 

Ce qui n’a pas changé

Passons en revue les choses pas si agréables, et gardons le meilleur pour la fin !

La première est facile : il y a toujours autant de monde. Toujours autant de touristes chinois car le tourisme a fortement progressé les vingt dernières années. C’est devenu un luxe accessible au plus grand monde. Même si de l’aveu de certains de mes collègues de Shanghai, eux-mêmes n’ont jamais mis les pieds à Pékin.

D’ailleurs comme il y a beaucoup de monde, faire la queue devient un exercice optionnel. Et quand vous faite une remarque (en chinois), l’ironie n’est pas toujours comprise. Les Chinois se comportent parfois comme des enfants.

 

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Tout ce beau monde continue malgré le développement du tourisme international à vous appeler Laowai, à vous prendre en photo, à toucher la tête et les mains des enfants.

Le centre touristique de Pékin (Qianmen, la place Tian’anmen et la Cité Interdite) est toujours difficile d’accès : il faut entamer une bien longue marche pour accéder au graal… Malgré le développement du métro, cette zone est toujours prise dans les embouteillages.

Dans la même zone, petit détail qui tue, en face de Qianmen, le réverbère qui gâche la vue (et les photos) est toujours là.

Les arnaqueurs existent toujours. Que vous parliez chinois ou non. Mieux vaut passer par des agences agréées que par des revendeurs de places à la sauvette par exemple. De même, les snacks vendus en haut de la muraille sont hors de prix. Penser à prendre de quoi grignoter avec vous.

A la grande muraille, il est toujours impossible de payer par carte bleue ! A la station de Mutianyu, malgré les travaux de rénovation, il vous faudra quand même payer par cash.

 

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Mais pour compenser ces désagréments, les nouilles, jiaozi et baozi sont bien meilleurs qu’à Shanghai. Pour un prix relativement bas (entre 28 et 230 kuai pour cinq personnes, selon le type de plats commandés). On se régale à petit prix.

D’ailleurs quand vous commandez du riz on vous regarde toujours avec des yeux ronds : vous êtes du sud ? Ici, dans le nord, on mange des pâtes ! Et du canard laqué, bien sûr, ça c’est sacré ! Si vous ne savez pas où aller, demandez à un ami ou collègue chinois, car c’est un cérémonial à ne pas manquer.

A la gare, vos bagages seront contrôlés comme il y a vingt ans. Et vous y trouverez toujours des trains de nuit confortables, mais moins surannés : plus de napperon en broderie ni de tasses de porcelaine. Le train a subi un petit lifting.

 

Ce qui a changé :

Pour les mêmes raisons que plus haut, j’évoquerais d’abord les mauvaises surprises pour ne garder que le meilleur !

Il y a beaucoup moins de hutongs : on détruit pour reconstruire du neuf, copie de l’ancien, pour y installer des hôtels ou des boutiques de luxe.

Désormais, également, on parle de la pollution. Avant, on considérait le ciel gris en disant que le temps était couvert ou bien qu’il y avait de la brume. Désormais, on connait l’AQI et de plus en plus de monde (Chinois et étrangers) portent des masques en cas de forte pollution.

Est-ce un mal ou un bien ? Les glaces à l’italienne et "occidentales" ont remplacé les glaces aux petits pois typiquement chinoises, jusque dans la cité interdite.

D’ailleurs, signe de la modernisation et de l’occidentalisation de la Chine (avec l’adhésion à l’OMS en 2002, les JO de 2008 et ceux prévus en 2022), on est passé de l’unique Mc Donald’s de la Qianmen Dajie à une pléthore de fast-food et autre Starbucks.

Pour compléter cette ouverture au monde, dans les lieux touristiques, des t-shirts à l’effigie d’Obama côtoient des portraits de Mao. Et le bouclier des Avengers est situé à côté du drapeau chinois.

 

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Il y aussi aussi plus d’attractions, car si le proverbe dit qu’on n’est pas un homme si l’on n’a pas gravi la grande muraille, il n’est pas précisé si les téléphériques et autres luges sont autorisées…

 

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Avec l’invention des smartphones, on peut payer avec Wechat et Alipay partout ! Avec Wechat il est également plus facile d’obtenir des informations, vous pouvez désormais trouver un guide ou un chauffeur pour la grande muraille, bénéficier de contacts sur place, sans passer par un guide papier.

Vous pouvez commander vos places en ligne pour la cité interdite, mais il vous faudra quand même marcher des kilomètres avant d’atteindre l’entrée.

Il y a également, signe des temps, plus de contrôles des bagages : un à l’entrée de la place Tian’an Men, et un autre à l’entrée de la Cité Interdite. Armez-vous de patience, surtout quand certains jouent des coudes pour passer devant vous (cf « ce qui n’a pas changé »). Et également dans le métro, mais cela est le cas depuis les JO de 2008.

De manière globale, les Chinois, surtout dans les hôtels et lieux touristiques, parlent beaucoup mieux anglais (et vous depuis le temps, vous avez appris à parler chinois), du coup les échanges sont facilités. D’ailleurs, vous entendez moins le fameux ‘accent pékinois’ qu’auparavant, ou peut-être votre niveau de mandarin est-il tellement élevé maintenant que vous comprenez même les dialectes régionaux ?

Sur la muraille, on ne se fait plus autant haranguer par les vendeurs. Le « take a break » a remplacé la litanie des « lookalook » « cheaper cheaper ! ».

En ville, vous trouverez comme à Shanghai des Mobike et Ofo, même si les vélos semblent avoir déserté les rues par rapport à deux décennies auparavant. En ce qui concerne les transports, le développement du métro est une aubaine dans une ville aussi congestionnée, même si pour une raison inconnue, il n’est pas possible de rejoindre Tian’anmen depuis la sortie de la Cité Interdite.

Enfin pour vous y rendre, désormais il y a le train rapide, 4h30 pour rejoindre le bercail, vous permettront de faire l’aller-retour en un weekend !

 

Gaëlle Déchelette

Gaëlle Déchelette

De formation linguistique et commerciale, Gaëlle Déchelette vit et travaille à Shanghai depuis 2006.
1 CommentairesRéagir
Commentaire avatar

Idefix mer 30/05/2018 - 04:54

Ah les fameux « lookalook » 😂 Je me suis bien retrouvée dans votre article, merci 😀Mais j’avoue que 20 ans après, j’aime toujours autant Pékin, ses habitants et son ambiance ! Shanghai n’arrivera définitivement pas à détrôner Beijing dans mon cœur 😀

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