Édition internationale

ALAIN CHEN – Chinois francophone et Shanghaien forever

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 décembre 2015

 Par Anne Deslandes

Shanghaien francophone, Alain Chen a passé trois ans dans l'hexagone au début de ses études. Parti pour apprendre le français, cette parenthèse l'a transformé puisqu'à son retour il travaillera dans le tourisme. Aujourd'hui, il est à la tête de l'agence Mosaïc Voyages, centrée sur une clientèle francophone. Il propose une découverte de la Chine et des pays asiatiques, axée sur l'authenticité. Ce qui l'intéresse, c'est de "bouleverser l'autre".

Il y a quinze ans, Alain souhaitait apprendre une autre langue. Et comme il voulait voir ailleurs comment tournait le monde, il s'est décidé pour un séjour en Europe. C'est un peu par hasard qu'il choisit de poser ses valises en France, même s'il est sensible à l'art de vivre à la française : il en apprécie le style, le design, et "un juste équilibre entre le travail et le plaisir". Jeune diplômé en commerce, il part donc trois ans à Lyon pour perfectionner son français, avant de s'engager dans un cursus en économie.
Cette expérience de découverte de la culture française, in situ, lui donne le goût du voyage. Il prend conscience de sa soif d'échanges, de son envie de partager ce qui l'a touché, ému, ce qu'il a admiré.

S'enrichir des différences culturelles
Parallèlement à son intérêt naissant pour les voyages, Alain rentre à Shanghai, décidé à y travailler en utilisant le français. Et ce n'était pas une évidence puisque même les entreprises françaises optaient pour l'anglais ! Mais Alain est du genre tenace ; il ne voulait pas abandonner la langue de Molière si chèrement étudiée. Il a alors l'idée de créer une agence de voyages en Chine pour une clientèle française. Il propose des séjours sur mesures, en petits groupes, à l'image des voyages qu'il aime réaliser. Grâce à son parcours, Alain possède une bonne connaissance des cultures chinoise et française. Comme il est à l'écoute des autres, il repère aisément leurs attentes, les freins et les différences culturelles. Dans son offre, "'authenticité est recherchée mais il faut prendre en compte les différences culturelles ". Il sait qu'on se comprend mieux quand on se connaît mieux, et qu'ensuite le partage est possible. Il en a fait l'expérience épanouissante. Depuis dix ans, il s'appuie sur une équipe de Français et de Chinois francophones ayant vécu en France.

L'échange en héritage
Alain aime "créer et expérimenter des expériences différentes qui méritent d'être partagées". Il a été élevé dans une famille où on se parle, on s'écoute, on s'ouvre aux autres. Enfant, il partageait des points de vue avec son père. Adulte, il a fait sien cet héritage et l'applique à sa vie professionnelle. C'est pour cela que son approche est triangulaire : il y a le voyageur mais aussi l'hôte, "qui est plus un partenaire qu'un prestataire", et l'agence qui permet le trait d'union entre eux. Quand on revient d'un voyage, il y a des souvenirs tangibles, des photos pour se les remémorer, mais surtout des émotions. Quand l'alchimie fonctionne, c'est une ambiance particulière qui se dégage, et une image qui s'ancre en soi pour la vie. C'est ce qu'Alain a eu la chance de vivre cette année lors d'un voyage en Birmanie "il y avait une très bonne entente, dans un pays fascinant, avec un très bon guide. Les gens sont devenus amis, c'était comme une famille". Magique, non ?

Shanghaien forever
Originaire de Shanghai, Alain aime le dynamisme de sa ville et plus globalement celui de la Chine. Ce pays où tout est possible exige une permanente mise en mouvement. Si on s'arrête, on est hors circuit, on est dépassé. C'est ce qu'il aime : tout va vite ; on peut tout essayer. Les gens ordinaires peuvent saisir cette opportunité : faire des choses, tester, gagner de l'argent. Pour un auto-entrepreneur, c'est un terrain de jeux ! Et Alain ne s'en prive pas, il a des idées qui fourmillent?

Actuellement, la priorité d'Alain Chen est de continuer à innover, à avancer. S'il veut assurer un confort à sa famille, le luxe ne l'attire pas. Pour l'avenir, l'accomplissement serait pour lui d'accorder du temps et de l'énergie à une cause, sans penser à l'argent, "pour apporter quelque chose aux autres."

Anne Deslandes lepetitjournal.com/shanghai Lundi 7 décembre 2015

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 6 décembre 2015, mis à jour le 6 décembre 2015
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