TEST: 2287

Ce que l'on sait du crash de l'avion MU5735 en Chine

Par Le Petit Journal Shanghai | Publié le 21/03/2022 à 17:30 | Mis à jour le 22/03/2022 à 08:39
Le crash de l'avion en chine MU5735

Un Boeing-737 avec à son bord 132 personnes s’est écrasé hier dans le sud de la Chine. Voici le point sur cet accident qui pourrait s’avérer le plus meurtrier depuis 1994.

Le vol MU5735 de China Eastern Airlines avait décollé peu après 13 heures locales (6 heures en France) de la métropole de Kunming (sud-ouest). Il avait pour destination Canton, à quelque 1300 km. Mais l’appareil a « perdu le contact au-dessus de la ville de Wuzhou » dans la région montagneuse du Guangxi, a indiqué l’administration chinoise de l’avion civile (CAAC) sans fournir de bilan des victimes. « Il est confirmé que ce vol s’est écrasé », a-t-elle ajouté dans un bref communiqué, précisant avoir dépêché « un groupe de travail » sur les lieux. L’avion transportait 123 passagers et 9 membres d’équipage.

L’avion est « complètement tombé en morceaux » après s’être encastré sur un flanc de montagne, a raconté un riverain à un média local. L’accident a « provoqué un incendie » dans la montagne, a de son côté indiqué la télévision publique CCTV, ajoutant que des équipes de secours avaient été envoyées sur place.

 

vol MU5735 en Chine
 

Quelles hypothèses pour le du crash de l'avion MU5735 ?

Selon le site spécialisé FlightRadar24, l’appareil a perdu en l’espace de 3 minutes près de 26 000 pieds (7,925 m) avant de disparaître des écrans radar après 14h22 locales (7h22 à Paris). Selon Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), « c’est très inhabituel, un décrochage simple ne donnerait pas du tout ce genre de profil » rapporte l'AFP.

L’expert considère qu’en temps normal, lorsqu’« on décroche à haute altitude (…) le pilote pique un peu du nez pour reprendre de la vitesse, et tout doucement l’avion reprend son vol. Ce sont des manœuvres qu’on apprend dans les premières heures des leçons de pilotage. Un décrochage à haute altitude, ça se rattrape très très bien. Là, c’est autre chose ».

Selon Jean-Paul Troadec, c’est « soit le pilote automatique qui aurait commandé une descente brusque de l’avion et qui n’aurait pas été rattrapée par l’équipage, ce qui paraît un peu surprenant compte tenu de la durée de la chute, trois minutes, ça peut être aussi une action de l’équipage, mais on ne peut rien dire de plus. »

Xi JInping "sous le choc"

Le président chinois Xi Jinping s’est dit « sous le choc » après l’accident, a rapporté la télévision publique CCTV. Dans une inhabituelle réaction à chaud, l’homme fort de Pékin a appelé à « déterminer au plus vite les causes de l’accident », a indiqué la chaîne.

Un coup dur pour Boeing en Chine

Le dernier accident majeur dans le pays remontait à août 2010. Un vol de la compagnie chinoise Henan Airlines s’était alors écrasé dans le nord-est du pays et avait fait une quarantaine de morts.

 

Le bilan le plus lourd pour un vol commercial date de 1994. Un Tupolev 154 de China Northwest Airlines s’était écrasé peu après son décollage de Xi’an (nord), tuant les 160 personnes à bord.

La catastrophe aérienne de lundi est un nouveau coup dur pour Boeing en Chine. En mars 2019, le pays avait été le tout premier au monde à ordonner à ses compagnies de suspendre les vols des appareils 737 MAX pour des raisons de sécurité. L’annonce avait fait suite à deux accidents en quelques mois à l’étranger, qui avaient fait 346 morts.

Boeing 737 MAX

Près de trois ans après ces déboires, le régulateur chinois avait finalement levé en décembre dernier son interdiction de vol pour le Boeing 737 MAX. On ignore encore si ces appareils ont à nouveau repris leurs vols commerciaux en Chine.

 

Le régulateur conditionnait notamment le retour du 737 MAX dans le ciel chinois à des modifications techniques sur les avions, afin de garantir la sécurité des vols. La Chine a été le dernier grand pays à lever l’interdiction de vol pour cet appareil.

 
 
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Shanghai !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Guillaume Asmanoff et Thomas Aunave

Rédacteurs en chef de l'éditon Shanghai.

À lire sur votre édition locale