

Frédéric Szabo, un "vieux Shanghaien" éprouve aujourd'hui "un réel bonheur à revenir ici". Il a repris depuis le printemps dernier le poste de Directeur délégué d'Ubifrance Chine, aujourd'hui Business France, à Shanghai. A l'occasion d'une inversion de la géographie de la direction, il prend dans un premier temps ses fonctions de directeur délégué à Pékin pour rejoindre ses bureaux de Shanghai l'été dernier.
Lepetitjournal.com : Comment est née Business France ?
Frédéric Szabo : Pour garantir la réussite de la politique du Gouvernement en matière de développement international des entreprises et d'attractivité, Ubifrance et l'Agence Française pour les Investissements Internationaux ont fusionné depuis le 1er janvier 2015. Cette nouvelle agence, Business France, a pour mission d'assurer l'efficacité des actions menées en faveur du rayonnement économique international, que ce soit en aidant les entreprises nationales à s'étendre ou en attirant des capitaux étrangers. La politique du Gouvernement en matière d'attractivité est ainsi plus claire, plus performante et donc plus efficace.
Pourriez-vous nous décrire votre parcours ?
Diplômé en Commerce International et de Langues O, la première raison qui m'a emmené en Chine, c'est l'intérêt pour la langue. Pionnier à l'époque, j'ai ainsi passé trois ans à Shanghai en 1986. De retour en France, à la CCI Marseille Provence, la rareté de personnes maîtrisant le mandarin et connaissant la pratique des affaires dans le Monde chinois dans les entreprises françaises m'entraîne à faire de fréquents séjours en Chine jusqu'en 1994. Puis une longue période d'expatriation dans d'autres pays (Maroc, Israël?) me donne forcément moins d'opportunités de venir en Chine, mais je n'ai jamais coupé les ponts avec ce pays. En 2010, j'ai même la chance de pouvoir porter les couleurs de l'Alsace sur le site de l'exposition universelle de Shanghai. Et me voilà de nouveau en Chine !
Pouvez-vous nous rappeler votre rôle et vos actions pour faire progresser la France en Chine ?
Le rôle de Business France est d'accompagner les entreprises françaises qui souhaitent découvrir, défricher, prospecter le marché chinois, et bien sûr y développer des projets, soit dans une logique d'échanges commerciaux et donc d'export, soit dans une logique d'implantation. De par notre connaissance du marché, nous intervenons plus particulièrement en amont, pour valider la faisabilité des projets et baliser le terrain pour les entreprises. Nous apportons des éléments d'aide à la décision pour des entreprises qui mettent pour la première fois un pied en Chine. "Quel est le marché ? Quelles sont les attentes des clients (consommateurs final ou B to B) ? Quelle est la segmentation du marché, la concurrence, l'organisation de la distribution, la segmentation du marché ?". Ce sont les multiples questions auxquelles nous sommes en mesure d'apporter des réponses, des solutions. En 2013, nous avons ainsi accompagné 1 250 entreprises. Ayant un engagement de résultat (notre impact est mesuré par IPSOS), notre efficacité s'est avérée au fil du temps avec 39% de ces sociétés ayant concrétisé un courant d'affaires en Chine en 2013.
Quels sont les secteurs qui présentent le plus d'opportunités pour les entreprises françaises ?
Traditionnellement, ce sont les secteurs de l'agro-alimentaire (Cf Interview de Hélène Hovasse), de la cosmétique et du luxe où la France est la plus reconnue. Mais il ne faut pas nous cantonner à ces domaines de prédilection. La France a une offre très variée et un export extrêmement diversifié qui concerne tous les secteurs technologiques. En Chine en particulier, la France a une image associée à la qualité. Il faut savoir user de ces atouts pour les valoriser dans d'autres secteurs comme les trois "tech" Cleantech, Biotech et Hitech, où nous avons des entreprises de premier rang. Par ailleurs, le secteur de la santé en général et de la "silver economy" plus spécifiquement sont également des points forts de notre offre, sans oublier le tourisme et les industries culturelles.
Quels conseils apporteriez-vous aux entreprises pour réussir en Chine ?
Le marché chinois est un marché en maturité sur de plus en plus de secteurs. C'est un marché où il vaut mieux privilégier l'implantation : pour vendre en Chine, il faut être un peu chinois ! Il ne suffit plus d'apporter un bon produit, il faut aussi maîtriser toute la chaîne de distribution, notamment le SAV. Il y a aussi beaucoup d'adaptations à faire au niveau du produit ou de son packaging, il faut marqueter les produits en fonction des attentes des consommateurs. Cela demande en amont une réflexion et une préparation, la Chine, ça ne s'improvise pas ! Enfin, il faut bien sûr prendre en compte les contraintes de la réglementation, encore très forte dans un pays dominé à 50 % par les entreprises d'état. Tout cela demande donc de la patience et de l'humilité. Il faut être capable de se remettre en question, de se mettre dans une situation intellectuelle où on a tout à apprendre. Par rapport à ces enjeux sur du long terme, une entreprise ne peut se lancer sans avoir les moyens de ses ambitions.
Nouvelle agence, nouveau logo (crédit Business France)
Propos recueillis par Marie-Eve Richet lepetitjournal.com/shanghai Lundi 19 janvier 2015
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